Robert Levasseur, directeur de la protection de la jeunesse et directeur provincial pour la Mauricie et le Centre-du-Québec.

DPJ: des miracles au quotidien

Trois-Rivières — Alors qu’elle doit actuellement traverser une tempête à la suite de la publication d’un troisième jugement critiquant ses façons de faire, la Direction de la protection de la jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec dressait, mercredi, son 15e bilan annuel. Au même titre que tous les autres directeurs de la protection de la jeunesse au Québec, le directeur régional Robert Levasseur a tenu à rendre hommage aux intervenants et à l’ensemble des équipes qui permettent chaque jour d’accomplir de petits miracles auprès de nombreux jeunes.

On se souviendra que cette semaine, un jugement rendu par la juge Marie-Josée Ménard a sévèrement blâmé la DPJ de la Mauricie et du Centre-du-Québec, jugement qui qualifie notamment de «négligence institutionnelle» la situation dans laquelle une fillette a été laissée pendant six ans dans une «famille dysfonctionnelle et toxique». Un jugement qui tombe alors qu’on attend toujours les conclusions d’une enquête de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse visant à faire la lumière sur les services offerts aux enfants placés en famille d’accueil en Mauricie et au Centre-du-Québec.

Pour Robert Levasseur, bien que cette situation soit inacceptable et qu’elle fasse l’objet d’un suivi serré et d’un requestionnement de l’ensemble des services, il ne faut pas laisser de côté les nombreuses victoires quotidiennes de la DPJ sur le territoire. «On peut considérer que cette situation a passé entre les mailles du filet. Il faut aussi comprendre que sur les 2600 dossiers qu’on accompagne, il y a plein de petits miracles qui se produisent. Il y a des intervenants dédiés à tous les niveaux qui permettent à ces jeunes-là d’avoir un avenir», constate M. Levasseur.

En 2017-2018, ce sont 7485 signalements qui ont été enregistrés dans la région, soit une hausse de 3,5 % par rapport à l’an dernier. De ce nombre, 42,6 % des signalements ont été retenus, la grande majorité faisant état de négligence, d’abus physique ou de mauvais traitements psychologiques. Sur les 2381 enfants actuellement suivis par la DPJ dans la région, 50% le sont dans leur milieu familial, 33% dans une famille d’accueil et 13% chez un proche significatif pour l’enfant.

L’année 2017-2018 aura aussi été marquée par le retour de 160 enfants dans leur milieu familial, mais également par la reprise en main de 874 familles qui n’ont plus besoin, actuellement, de recevoir les services de la protection de la jeunesse, se réjouit l’équipe.

Robert Levasseur, qui avait déjà laissé entendre qu’il comptait tout mettre en oeuvre pour éviter que des situations comme celle ayant fait l’objet d’un jugement accablant se reproduisent, confirme que des actions sont déjà entreprises par les ressources humaines du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec afin d’aller recruter encore plus de personnel et répondre à la tâche qui incombe aux équipes de la région présentement.

«Ce matin, j’ai déjà des rencontres avec des gens sur le terrain pour voir ce qui n’a pas fonctionné et améliorer les services. La force commune de l’ensemble du personnel, c’est une collectivité qui va nous aider à passer au travers. Il y a des actions concrètes qui sont prises pour aller chercher du personnel et faire en sorte que nous soyons un employeur de choix. Ce n’est pas juste dans la façon de les attirer, mais aussi de les accompagner», constate M. Levasseur.

Notre responsabilité est une responsabilité collective et un engagement moral envers ces enfants-là. Dans la région, il y a quand même 88 000 jeunes qui fonctionnent très bien avec un support relatif dans la société. Ces 2600 jeunes sont également capables de fonctionner. Après avoir reçu nos services, ils nous quittent, s’inscrivent au Cégep, reviennent nous voir plus tard. Ils ont appris à avoir une valeur dans la vie grâce à nos intervenants», ajoute M. Levasseur.