Comme c’est le cas ailleurs au Québec, plusieurs jeunes sont en attente d’une évaluation de la DPJ dans la région.

DPJ: «C’est l’enfant qui en souffre»

TROIS-RIVIÈRES — Quelque 143 jeunes étaient en attente d’une évaluation de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) en Mauricie et au Centre-du-Québec en date de la semaine dernière. Toutefois, les signalements urgents (code 1-2) nécessitant une intervention immédiate respectent toujours les délais, assure le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).

«Par contre, un jeune en attente, c’est toujours un jeune de trop, et notre objectif serait d’atteindre un zéro théorique, donc que chaque intervenant ait en tout temps la capacité d’effectuer une évaluation supplémentaire. Évidemment, la hausse des taux de signalements et la pénurie de main-d’œuvre apportent des défis supplémentaires sur lesquels nous travaillons ardemment», explique Caroline Paquin, porte-parole du CIUSSS MCQ.

Soixante-deux jeunes étaient en attente en Mauricie, incluant Bécancour-Nicolet-Yamaska, 45 à Drummondville et 36 à Victoriaville. Les chiffres fluctuent d’une journée à l’autre. Selon La Presse, quelque 3000 enfants sont en attente d’une évaluation au Québec.

La liste d’attente est composée principalement de signalements dont le code de priorité est de 3, précise Mme Paquin. Même s’ils ne sont pas des cas urgents, ces jeunes subissent les conséquences de cette attente, estime l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS). «C’est un cercle vicieux. Pendant l’attente, la situation se dégrade. (...) Et là, on fait face à une problématique beaucoup plus grande qu’initialement. C’est l’enfant qui en souffre par la suite», déplore Steve Garceau, représentant syndical de la mission centre jeunesse (APTS).

Mme Paquin assure que plusieurs des jeunes en attente reçoivent déjà des services de la part du CIUSSS MCQ ou de ses partenaires comme le milieu scolaire ou des organismes communautaires.


« La hausse des taux de signalements et la pénurie de main-d’œuvre apportent des défis supplémentaires sur lesquels nous travaillons ardemment  »
Caroline Paquin

M. Garceau ne partage pas cet avis. «Les personnes qui reçoivent un signalement, ce sont souvent des gens qui ont peu de ressources ou qui n’utilisent pas les ressources qui sont mises à leur disposition. Ils ne sont pas portés à aller chercher des services, à aller chercher de l’aide. On est vraiment un service de dernier recours, et c’est pour ça qu’il y a des gens qui signalent quand la situation est tellement problématique qu’elle n’est plus soutenable.»

Selon lui, cette liste d’attente est symptomatique de la pénurie de main-d’œuvre.

«Ça dénote un manque de ressources humaines et une surcharge administrative qu’on dénonce depuis longtemps», note M. Garceau.

Le syndicat a d’ailleurs amorcé il y a quelques mois un plan d’action consistant à évaluer la charge de travail autant administrative que clinique. «Ce qu’on vise, c’est que l’employeur soit dans l’obligation de mettre fin à la surcharge de travail», explique le représentant syndical, en précisant que des recours légaux pourraient être entrepris si l’employeur ne met pas de l’avant des mesures pour mettre fin à cette problématique. Le syndicat estime que la solution consiste notamment à l’embauche de nouveaux employés ainsi qu’à la création et à la stabilisation de postes.