Guylaine Perron, présidente du conseil d’administration de la Démarche des premiers quartiers.
Guylaine Perron, présidente du conseil d’administration de la Démarche des premiers quartiers.

Double lutte pour la Démarche des premiers quartiers

TROIS-RIVIÈRES — C’est une situation plutôt paradoxale que vit ces jours-ci la Démarche des premiers quartiers. L’organisme, qui lançait un cri du coeur il y a à peine quelques semaines pour assurer sa survie au-delà du printemps 2020, a mis les bouchées doubles dans sa mission depuis le début de la pandémie de coronavirus et n’a, en quelque sorte, jamais été aussi pertinent et utile que durant cette crise.

Dès le début de la crise, à la mi-mars, les projets qui étaient en cours pour l’organisme ont tous été mis sur pause. Par contre, l’équipe a rapidement constaté que son expertise se devait d’être mise à contribution afin d’optimiser les services et les ressources du territoire pour qui la demande a décuplé depuis quelques semaines.

«On est toujours à l’écoute des enjeux dans la population, et on a vite identifié deux axes d’intervention qui devenaient prioritaires pour nous, soit l’isolement des personnes aînées de même que l’alimentation», explique Guylaine Perron, présidente du conseil d’administration de la Démarche.

L’organisme a donc mis sur pied deux comités afin de regrouper les efforts des différents organismes du territoire et de s’assurer que chaque citoyen qui a besoin d’aide ou qui est isolé présentement soit référé au bon endroit.

Le Comité des personnes aînées regroupe ainsi plus d’une quinzaine d’organisations, allant des différents centres d’action bénévole à la Ville de Trois-Rivières, en passant par le réseau FADOQ, les Petits frères des pauvres, la maison Albatros et l’Appui Mauricie pour ne nommer que ceux-là. Un service de chaîne d’appel d’amitié a ainsi été mis en place pour s’assurer qu’une personne aînée qui serait seule recevra au moins un appel téléphonique par semaine. Les personnes qui souhaitent obtenir ce service doivent composer le 311.

«Ça devient aussi primordial pour d’autres niveaux d’intervention puisque cet appel permet du même coup de pouvoir identifier des problématiques connexes à l’isolement. Est-ce que la personne a des problèmes d’alimentation? Est-ce qu’elle vit des problèmes de santé? Si on identifie une problématique durant cet appel, notre réseau est en mesure de référer la personne au bon service», indique Mme Perron.

Par ailleurs, un Comité alimentation a aussi été créé, avec la collaboration des Artisans de la Paix, du Bon citoyen, de Ebyon, de Moisson Mauricie Centre du Québec, de la Ville, des centres d’action bénévole, du CIUSSS, de la CDC, des Cuisines collectives de Francheville, de Tandem Mauricie, et de la Société St-Vincent-de-Paul.

«On veut jouer un rôle pivot à ce niveau-là, et encourager le partage des bonnes pratiques, car on le voit déjà, la problématique avec les personnes plus vulnérables s’accentue en temps de crise. On doit jouer un rôle de concertation. Notre force a toujours été notre présence sur le terrain, et notre capacité à faire le lien entre toutes les organisations pour le bénéfice de la population», croit Guylaine Perron. Une force de concertation qui sera nécessaire lors de l’après-COVID, ajoute-t-elle.

Quant à la survie de l’organisme, pour le moment tout est encore sur la table. «On y croit encore, on travaille fort pour notre financement et nous attendons des réponses de différents partenaires. Mais nous sommes confiants, car nous savons plus que jamais la pertinence de notre mission», mentionne Mme Perron.