La relation tendue entre le maire de Shawinigan, Michel Angers et la porte-parole du regroupement Shawinigan citoyens avertis, Diane Borgia, se poursuit.
La relation tendue entre le maire de Shawinigan, Michel Angers et la porte-parole du regroupement Shawinigan citoyens avertis, Diane Borgia, se poursuit.

Dossier Tag.Média: aucun élément criminel, selon la SQ

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Shawinigan — La Sûreté du Québec a rapidement statué sur la plainte de vol de biens publics déposée par la porte-parole du regroupement Shawinigan citoyens avertis, Diane Borgia, le 4 octobre. L’enquête n’a permis de déceler aucun élément criminel dans cette histoire, ce qui n’empêche pas la dame de continuer à se questionner au sujet du comportement de la Ville.

Au début du mois, Mme Borgia s’était rendue à la Sûreté du Québec pour demander une enquête sur la disposition de certains biens appartenant autrefois à l’entreprise TAG.Média, qui avaient été remis à la Ville de Shawinigan en guise de paiement pour une partie du prêt de 35 000 $ accordé en 2015. 

En fait, la valeur de ces articles de bureau avait été établie à 12 000 $ et selon Mme Borgia, les deux tiers de cette somme ne pouvaient être retracés. C’est la conclusion qu’elle en tirait après la réponse obtenue à la suite d’une demande d’accès à l’information.

Mardi après-midi, la Ville de Shawinigan a émis un communiqué de presse pour confirmer que la plainte de Mme Borgia n’aurait aucune suite. Dans son envoi aux médias, elle précise qu’elle n’émettra aucun commentaire autre que celui transmis dans cette publication.

«Nous sommes toujours très ouverts aux débats d’idées et aux opinions de chacun des citoyens», indique le directeur général, Gaétan Béchard. 

«Toutefois, nous n’avons pas l’intention de laisser quiconque faire, sur la place publique, des procès d’intention dans le but de discréditer l’intégrité et la compétence de notre personnel et des officiers de la Ville.»

Mme Borgia avait été mise au courant des conclusions de la SQ quelques jours auparavant. Ainsi, si la Ville n’avait rien à se reprocher, elle se demande pourquoi le maire refusait de répondre à ses questions en séance publique.

«Il n’y aura pas de poursuite à la suite de l’enquête, mais je continue à m’interroger sur la façon dont ce dossier a été mené», commente-t-elle. «Pourquoi le maire ou la direction de la Ville ne m’ont-ils pas avisée, quand j’ai posé la question, qu’ils avaient le matériel? Qu’est-ce que ça présuppose? Avaient-ils le matériel ou pas? L’ont-ils récupéré après? Je me permets de douter que ce dossier ait été fait avec professionnalisme, parce que mille questions se posent.»

De plus, Mme Borgia fait remarquer que sur la liste des articles produite dans le cadre de l’acte de dation de paiement adopté par le comité exécutif de la Ville en février 2016, aucun numéro de série n’est associé aux items énumérés.

«Comment pouvez-vous certifier que c’est le bon iPad?», suggère-t-elle comme exemple. 

La porte-parole consultera d’autres membres de son groupe pour évaluer la pertinence de pousser ce dossier au Bureau du commissaire aux plaintes du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire. Une demande d’accès à l’information pourrait également être produite à la Sûreté du Québec, pour vérifier les conclusions du rapport d’enquête et les photos qui ont été prises, le cas échéant.

«Je trouve ça inacceptable la façon dont ce dossier a été géré par le maire», insiste-t-elle. «Si la Ville avait le matériel en main, pourquoi ne pas le dire? Parce qu’elle n’a pas fait son travail correctement, c’est aussi simple que ça.»

Mme Borgia rappelle qu’un lot d’articles a été vendu pour la somme de 1800 $ à une compagnie à numéro, en mai 2016, sans plus de détails. La facture décrit simplement cette transaction comme étant une «vente d’actifs».

«Qu’est-ce qu’ils ont vendu, au juste?», demande-t-elle. «Ils ne le savent pas! Est-ce que ça respecte les règles? On est en droit de se poser des questions. La Ville veut jouer au chat et à la souris? Elle fait de la magie?»

Enfin, la porte-parole dénonce la dernière phrase du communiqué publié mardi, qui indique que des agissements tels que ceux de Mme Borgia dans ce dossier «ne peuvent demeurer sans conséquence et la Ville de Shawinigan prévoit entreprendre sous peu les recours légaux appropriés.»

«Qu’est-ce que ça veut dire?», questionne-t-elle. «Fermez vos gueules? À la moindre chose, on vous actionne? Ils ne m’empêcheront pas de poser des questions.»