Les tapis d’activités servent à aider les personnes qui sont en perte cognitive. À l’avant, sur la photo: Marie-Chantale Samson, responsable des loisirs, de l’animation et des bénévoles au Centre Avellin-Dalcourt, Normand Plante et Doriane Noël, résidents. À l’arrière: Ruth-Ellen Brosseau, députée fédérale de Berthier-Maskinongé, Nicole Gagnon et Sylvie Bernard, respectivement présidente et vice-présidente du Cercle des Fermières de Sainte-Angèle-de-Prémont, Mylène Gagnon, représentante de Simon Allaire, France Bergeron et Mireille Côté, membres du Cercle des Fermières de Sainte-Angèle-de-Prémont.

Donner au suivant pour l'aide aux aînés

LOUISEVILLE — L’automne dernier, Kenya Frappier s’est lancée dans un projet inspirant, celui de créer des tapis d’activités afin d’aider les personnes souffrant d’Alzheimer ou de démence vasculaire. Grâce au fruit de son travail, elle a réussi à offrir gratuitement 23 tapis à des centres d’hébergement de la région, avec l’aide du Cercle de Fermières de Sainte-Angèle-de-Prémont.

«La mère de mon amie faisait de la démence vasculaire. Elle cherchait toujours une façon d’améliorer la situation de sa mère et des autres patients. J’ai fait des recherches et j’ai vu les tapis d’activités. Ils étaient assez dispendieux. Je me suis dit qu’il devait y avoir une façon de mieux organiser ça pour pouvoir les donner», raconte celle qui est à l’origine du projet.

À partir de sa trouvaille, Kenya Frappier a décidé d’élaborer un modèle de tapis qui conviendrait spécifiquement aux besoins de son projet. «Chaque tapis possède neuf carrés. Ils ont une texture intéressante ou quelque chose pour aider la motricité. Ça peut être des fermetures éclair, des velcros, des labyrinthes de tissus: ils sont tous différents», précise-t-elle.

Le but? «C’est surtout pour aider ces personnes à garder l’esprit vif et à garder leur autonomie le plus longtemps possible», complète-t-elle.

Aussi, la dextérité fine est mise à l’épreuve grâce aux différentes textures. Tous les tapis sont uniques en soi. Les maisons d’hébergement qui en détiennent peuvent donc offrir des variantes à leurs patients.

Au début, Kenya Frappier avait l’intention de confectionner les tapis d’activités avec les membres de son entourage. Dès que le Cercle de Fermières de Sainte-Angèle-de-Prémont a pris connaissance de cette initiative, les bénévoles ont voulu embarquer dans le projet. «J’ai tout de suite accepté l’invitation avec joie. On a décidé qu’on allait travailler ensemble pour faire encore plus de tapis», souligne avec enthousiasme la créatrice du projet. Grâce au Cercle de Fermières, Keny Frappier produit ses tapis par une chaîne de production composée d’environ 15 à 20 bénévoles créatives et passionnées.

Il était important pour Kenya Frappier que ses tapis soient faits de matériaux récupérés et bons pour l’environnement. «Notre plus gros donateur, c’est Textiles Patlin à Saint-Paulin. Ils font de la literie et des rideaux et ils nous donnent les fonds de rouleau et les retailles. À la place de jeter ces morceaux, ils nous les donnent. On les utilise pour fabriquer les tapis d’activités.» D’ailleurs, plusieurs autres donateurs bénévoles participent au projet.

Les tapis fabriqués sont remis gratuitement aux centres d’hébergement. Kenya Frappier souhaite ainsi redonner au suivant. «Moi je tiens beaucoup à aider les personnes qui souffrent d’Alzheimer ou de démence parce que je trouve que ce sont des personnes qu’on oublie souvent. Ils ont créé la société dans laquelle nous vivons. Sans eux, on n’aurait pas ce que nous avons. Il faut qu’on contribue à aider nos aînés en rendant leur qualité de vie meilleure», estime-t-elle.

De fil en aiguille, l’initiative de Kenya a pris une ampleur plus grande qu’espérée. Les 23 tapis qui ont été fabriqués ont déjà été donnés. La Villa Louiseville a reçu 18 tapis d’activités. Récemment, cinq d’entre eux ont été remis au CIUSS de Louiseville.

Le Cercle de Fermières du Québec est une organisation qui existe à travers la province et ce sont majoritairement des femmes qui pratiquent des arts textiles, spécifie Kenya Frappier. Elles ont pour objectif de partager leurs connaissances entre elles. Les membres travaillent aussi avec des organismes pour contribuer à la communauté.