Donald Martel est l'un des deux députés de la Coalition avenir Québec qui sont visés par une enquête sur des allégations d'embauche d'attachés politiques «fantômes».

Donald Martel visé par une enquête du commissaire à l'éthique

Deux députés de la Coalition avenir Québec (CAQ), dont le député de Nicolet-Bécancour Donald Martel, sont visés par une nouvelle enquête sur des allégations d'embauche d'attachés politiques «fantômes».
Le commissaire à l'éthique Jacques Saint-Laurent a annoncé mercredi qu'il examinera leurs activités, à la demande du Parti québécois (PQ).
La whip en chef péquiste Carole Poirier soupçonne le député de Groulx, Claude Surprenant, et M. Martel, d'avoir enfreint les règles du code d'éthique de l'Assemblée nationale, a indiqué le cabinet de M. Saint-Laurent dans un communiqué.
«La demande faite au commissaire précise que la whip en chef de l'opposition officielle a des motifs raisonnables de croire que le député de Groulx aurait commis un manquement aux articles 15, 16 et 36 du Code ''en embauchant monsieur Yann Gobeil-Nadon et madame Julie Nadeau comme attachés politiques fantômes''», a-t-il dit.
M. Martel est quant à lui soupçonné d'avoir donné des directives pour faciliter cette embauche «d'attachés politiques fantômes», indique le communiqué du commissaire.
Deux ex-attachés politiques de M. Surprenant, Julie Nadeau et Yann Gobeil-Nadon, ont affirmé au cours des derniers jours qu'ils avaient effectué du travail partisan tout en étant rémunérés par l'Assemblée nationale.
Le PQ estime que cette situation contreviendrait aux articles du code d'éthique portant sur les conflits d'intérêts et sur l'utilisation des biens de l'État dans le cadre de l'exercice de la charge des députés.
Ces allégations des deux ex-employés sont survenues quelques jours après que la CAQ ainsi que les libéraux et Québec solidaire (QS) eurent accusé le PQ de détourner des fonds publics à des fins partisanes en rémunérant à même son budget de l'Assemblée nationale des agents de liaison travaillant à l'extérieur du parlement à des fins partisanes. 
M. Saint-Laurent a annoncé lundi qu'il enquêterait, après avoir reçu une demande des libéraux, sur cette utilisation des ressources.
Joint par Le Nouvelliste en soirée mercredi alors qu'il était de retour d'une mission aux États-Unis, Donald Martel a nié en bloc ces allégations. Il s'est dit convaincu que cette demande auprès du commissaire à l'éthique ainsi que les allégations des deux ex-attachés politiques sont directement liées aux accusations visant le PQ formulées par la CAQ et QS la semaine dernière. 
Bien qu'il assure qu'il collaborera avec le commissaire à l'éthique - avec lequel il discutera d'ailleurs jeudi -, le whip en chef caquiste se dit tout de même très choqué d'être attaqué de la sorte et compte bien se défendre.
«Ils cherchent un moyen de se venger. Je trouve ça bas. Pendant les vingt ans que j'ai travaillé comme gestionnaire de fonds publics [notamment comme directeur général de la MRC de Nicolet-Yamaska], je n'ai jamais rien eu à me reprocher. Ils ne savent pas à qui ils s'attaquent. Est-ce que je suis nerveux? Pas du tout», a-t-il lancé sur un ton qui laissait transparaître qu'il était en colère.
De son côté, le directeur des relations avec les médias de l'aile parlementaire caquiste, Guillaume Simard-Leduc, a répété que la CAQ avait déjà pris la décision d'effectuer une enquête interne sur les allégations de ses deux anciens employés de circonscription.
«Les allégations de ces deux ex-employés nous étonnent, mais nous les prenons au sérieux comme en témoigne la vérification interne que nous avons déjà annoncée», a-t-il déclaré dans un courriel.
M. Simard-Leduc a affirmé, sans donner plus de précisions, que les faits reprochés à la CAQ ne se comparent pas à la situation des péquistes.
«Il y a un monde de différence entre les allégations de ces deux ex-employés et l'embauche, admise par le PQ, d'employés dédiés à faire du travail partisan par l'opposition officielle», a-t-il dit.
Avec Mathieu Lamothe