Le ciel paraissait moins gris au député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, quelques jours après la composition du conseil des ministres.

Donald Martel: «Je n'ai aucune jalousie»

BÉCANCOUR — Si la nuit porte conseil, c’est plutôt la fin de semaine qui aura été profitable à Donald Martel. Ayant durement encaissé le fait qu’il soit écarté du premier cabinet Legault, le député de Nicolet-Bécancour était de retour au bureau lundi, avec une meilleure mine, sachant maintenant qu’il se verra confier par son chef certains rôles au cours des prochains jours.

«Je n’ai pas le droit de revenir travailler de reculons. Je suis très motivé. Je n’ai jamais perdu de vue le privilège que j’avais de travailler pour les gens de Nicolet-Bécancour. Ils me l’ont rappelé toute la fin de semaine. J’ai été impressionné et touché par les centaines de témoignages d’encouragement reçus depuis trois jours. Et j’ai été élu avec quelque 12 000 voix de majorité. Je savais que les gens appréciaient mon travail dans mon comté et en Mauricie, mais jamais comme ça», a-t-il confié au Nouvelliste, entre des entrevues et des rencontres de travail. Au cours du week-end, il avait annulé tous ses engagements, passant plutôt du temps avec ses proches, «faisant de la popote et du quatre roues».

Celui-ci soutient n’avoir jamais revendiqué d’être ministre. «Je n’avais pas d’attente pour être ministre. Je voulais être député et j’aimais la tâche de whip. Tous les députés nommés ministres sont de bons choix. Je ne peux pas remettre ça en question. Je n’ai aucune jalousie. Je suis capable de me réjouir du succès des autres», affirme-t-il. 

D’ailleurs, M. Martel ne parle pas de déception, ni de frustration, mais de tristesse pour décrire sa réaction à la composition du premier conseil des ministres. «J’étais dans la genèse de ce parti-là, on a travaillé très fort, j’ai choisi de bons candidats et on a gagné toute la Mauricie. Je me suis beaucoup investi dans le parti et c’était un moment historique. Je l’ai eu dans la face. J’avais le sentiment qu’on n’avait plus besoin de moi. Cela m’a rendu vraiment triste. C’était la journée des ministres, je ne voulais pas prendre la place. Je voulais décanter tout ça. Tous les scénarios me sont venus en tête. Mais il n’était pas question de démissionner», raconte le principal intéressé.

Après la cérémonie d’assermentation des ministres, le député caquiste aura eu l’occasion d’échanger avec le premier ministre. Son chef lui aura expliqué le contexte, soit la recherche de parité et l’élection d’un plus grand nombre de députés que prévu, forçant ainsi une représentation des différentes régions.

«Il souhaitait que je reste heureux et stimulé et lors de ma rencontre avec son chef de cabinet vendredi matin, j’ai senti beaucoup d’ouverture et on m’a rassuré qu’ils avaient toujours besoin de moi. On m’a offert des rôles intéressants, des propositions stimulantes qui font appel à mes compétences, à ma capacité de livrer, et qui seront bons pour le comté», a-t-il fait savoir sans pouvoir en dire davantage.

Depuis l’âge de 26 ans, ce dernier aura assumé des responsabilités de direction générale tantôt à la municipalité de Saint-Georges-de-Champlain, tantôt à la MRC et au CLD de Nicolet-Yamaska. «J’ai toujours travaillé à construire. Et comme membre fondateur du parti et député, j’ai toujours eu des défis et ce sera dans le même sens», laisse échapper celui dont le parti veut éviter qu’il se sente inutile. «J’ai toujours senti que j’étais essentiel à la CAQ pour former le gouvernement. Nous avons quatre excellents candidats en Mauricie, dont deux nominations de ministres. Et le ministre responsable du Centre-du-Québec, André Lamontagne, est d’une grande qualité», souligne
M. Martel.

Ce dernier ne croit pas être victime du statut marginal de Nicolet-Bécancour, entre Trois-Rivières et Drummond, mais plutôt du nombre de ministres, soit trois, sur une possibilité de huit en Mauricie et au Centre-du-Québec.

Interrogé à savoir si les huit élus caquistes vont se regrouper en un seul grand caucus régional, Donald Martel entend pousser l’idée «d’unir les deux côtés du fleuve». 

«Un dossier comme le doublement de l’autoroute 55 touche les deux régions, tout comme les retombées du parc industriel de Bécancour avec des travailleurs qui proviennent de tous les coins de la Mauricie et du Centre-du-Québec», a-t-il conclu.