Un donneur d’organes peut aider jusqu’à huit personnes.
Un donneur d’organes peut aider jusqu’à huit personnes.

Don d'organes: la région peut faire mieux

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — La nomination en 2020 d’un médecin spécialiste coordonnateur en don d’organes à Trois-Rivières aidera assurément la Mauricie et le Centre-du-Québec à faire meilleure figure concernant le taux de références en la matière, croit Transplant Québec.

L’organisme assurant la coordination du don d’organes a dévoilé jeudi son bilan de 2019 qui conclut que, pour la première fois, le nombre de donneurs potentiels dépasse celui des personnes en attente d’organes. Le taux de références est lorsque l’hôpital appelle Transplant Québec pour mentionner qu’elle a un donneur potentiel (la personne subit une atteinte neurologique grave et est sur le respirateur artificiel). Ce taux est de 7,7 personnes par 100 000 habitants, plaçant la Mauricie et le Centre-du-Québec au neuvième rang du classement québécois. «C’est moyen comme taux de références, déclare le directeur général de Transplant Québec, Louis Beaulieu. Il y a de la place à augmenter ce taux.»

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean est arrivé en première place avec un taux de références de 20,2 par 100 000 personnes. L’Estrie et Montréal suivent dans l’ordre avec des taux de 15,9 et 15,6. Mais comme le souligne M. Beaulieu, ces trois régions bénéficient de la présence de médecins coordonnateurs.

«Le médecin coordonnateur forme les gens, il organise le service dans l’hôpital. Avec l’arrivée d’un médecin coordonnateur à Trois-Rivières, ça va donner l’impulsion qui va améliorer le nombre de donneurs potentiels et le nombre de donneurs réels.»

En octobre dernier, la ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Danielle McCann, a annoncé que le nombre de médecins spécialistes coordonnateurs serait augmenté de 10 à 32 afin qu’ils soient présents dans tous les établissements de santé et de services sociaux du Québec.

Dans l’univers du don d’organes, les donneurs potentiels représentent une bonne nouvelle, mais les donneurs réels sont une bénédiction. Avant qu’un donneur potentiel devienne un donneur réel, il doit passer à travers différents critères de sélection concernant son état de santé. Mais au préalable, Transplant Québec doit obtenir l’autorisation de la famille du défunt. De l’ensemble des donneurs potentiels, environ le tiers est écarté en raison de problèmes de santé et le tiers est mis de côté en raison du refus de la famille.

«En général, la famille respecte la volonté du donneur, précise M. Beaulieu. Mais certaines familles ont peur de prendre une mauvaise décision. Des gens sont trop sous le choc à cause de la morte subite. Il y a aussi le processus qui prend environ 72 heures entre le moment où l’hôpital nous appelle et le prélèvement. Des familles trouvent que c’est trop difficile à supporter.»

Le bilan de Transplant Québec démontre que le nombre de références par les centres hospitaliers n’a cessé de croître au cours des récentes années; il a atteint 820 en 2019, près de 9 % de plus que l’année précédente et 112 % de plus qu’en 2010. Des 820 références faites l’an dernier, 29 % ont pu être retenues et de celles-ci, trois sur quatre ont pu mener au don d’organes. Ainsi, 535 personnes ont pu être transplantées au Québec.

Au 31 décembre dernier, 179 donneurs décédés au Québec ont permis de transplanter 592 organes. Transplant Québec précise que 46 % des donneurs étaient âgés de 50 à 70 ans; le plus âgé avait 92 ans.

Malgré ces statistiques encourageantes, le travail de sensibilisation du don d’organes doit se poursuivre, soutient le directeur général de Transplant Québec. «Le taux de refus des familles a baissé de 3 %, mais il est de 35 %. Ce qu’on peut faire est de dire à nos proches qu’on autorise le don d’organes. À notre décès, on peut aider huit personnes avec nos organes: les reins, le cœur, les poumons, le foie (qu’on peut diviser en deux), le pancréas. Et avec le don de tissus, soit la cornée, la peau, les os, les valves cardiaques, on peut aider 20 personnes. Ça mérite qu’on y pense. Et faites-le savoir à la famille.»

Le don d’organes peut être autorisé en signant l’endos de la carte de la Régie de l’assurance maladie du Québec, en remplissant un formulaire à cet effet lors du renouvellement de la carte d’assurance maladie ou en téléchargeant et en remplissant un formulaire d’inscription au Registre des consentements au don d’organes et de tissus géré par la RAMQ (www.ramq.gouv.qc.ca/fr/citoyens/assurance-maladie/volontes/Pages/consentement-don-organes-tissus.aspx).

Les gens peuvent aussi déclarer leur volonté de donner leurs organes par acte notarié. La Chambre des notaires du Québec a mis sur pied en 2005 un Registre des consentements au don d’organes et de tissus (www.cnq.org/DATA/DEPLIANT/21_fr~v~le-consentement-au-dons-d-organes-et-de-tissus.pdf).

33 personnes en attente

Si la région Mauricie-Centre-du-Québec peut améliorer son bilan en matière de taux de références, les données démontrent tout de même une amélioration en la matière et aussi en nombre de donneurs réels.
En 2018, 27 références ont été observées. Ce nombre a grimpé à 40 en 2019. Le nombre de donneurs a aussi grimpé. Une personne a donné un organe en 2018. En 2019, trois donneurs ont permis d’effectuer des transplantations auprès de 10 personnes. Au 31 décembre 2019, 33 personnes étaient en attente d’une greffe. Quelque 24 personnes ont besoin de reins, alors que trois espèrent obtenir un cœur et trois attendent un foie.

Avec La Presse canadienne