L’exécutif du PLQ a adopté une résolution lundi pour faire de Dominique Anglade la nouvelle chef du parti.
L’exécutif du PLQ a adopté une résolution lundi pour faire de Dominique Anglade la nouvelle chef du parti.

Dominique Anglade prend les rênes du PLQ

Coup de théâtre au Parti libéral du Québec (PLQ), lundi, alors que Dominique Anglade a été proclamée chef du parti après le désistement surprise d’Alexandre Cusson de la course au leadership.

En accédant au poste de chef du PLQ, la députée de Saint-Henri-Sainte-Anne cumule les premières : première femme candidate au leadership du PLQ de toute l’histoire du parti, première femme à en devenir la chef et première personne issue d’une communauté culturelle à diriger le PLQ.

Elle succède donc officiellement à Philippe Couillard et deviendra par le fait même chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale, poste qui était occupé sur une base intérimaire par le député Pierre Arcand.

Le changement de cap s’est effectué à la vitesse de l’éclair au PLQ, lundi matin, quand on croyait encore qu’il y avait une course au leadership, opposant Mme Anglade et M. Cusson, même si la course avait été mise sur pause en mars en raison de la pandémie de coronavirus.

Le désistement, lundi matin, de l’ancien maire de Drummondville a complètement changé le cours des choses.

L’exécutif du parti s’est réuni en catastrophe et en est venu à la conclusion qu’en vertu des règles du jeu fixées par la formation politique et par la loi électorale, Mme Anglade, seule candidate en lice, devait être proclamée chef.

Ministre de l’Économie dans le cabinet Couillard, ingénieure de formation, née de parents d’origine haïtienne, elle a aussi été vice-première ministre. Avant de se porter candidate pour le PLQ, elle avait été candidate de la Coalition avenir Québec (CAQ) en 2012 et présidente de ce parti brièvement.

Pourtant, pour susciter l’intérêt des médias envers le parti et provoquer un débat d’idées sur son avenir, le PLQ voulait, à tout prix, éviter un couronnement. Il aura échoué.

M. Cusson, qui était entré dans la course plusieurs mois après Mme Anglade, disait lundi souhaiter que le parti annule carrément la course. Son vœu a été exaucé.

Alexandre Cusson explique que la pandémie de la COVID-19 a forcé le parti à revoir son échéancier et à reporter l'élection du chef, le plaçant dans une position difficile sur le plan financier. Pour se porter candidat, l'ancien maire de Drummondville avait dû renoncer aux différents postes qu'il occupait dans le milieu municipal et à plusieurs sources de rémunération. Il n'avait plus aucun revenu depuis des mois.

Pour justifier son retrait de la course au leadership, il invoquait des considérations monétaires.

Dans un long message publié lundi matin sur sa page Facebook, il a expliqué que la pandémie de la COVID-19 a forcé le parti à revoir son échéancier et à reporter l’élection du chef, le plaçant dans une position difficile sur le plan financier.

« Considérant l’évolution actuelle de la pandémie au Québec, de ses impacts sur la vie de la population et sur une éventuelle reprise de la course à la chefferie, il m’apparaît irréaliste et irresponsable d’envisager une reprise de cette course dans les prochaines semaines, voire avant 2021. Personnellement, ayant quitté mes fonctions et renoncé à toute rémunération pour participer à cette course, n’étant pas indépendant de fortune et devant gagner ma vie comme une grande majorité de Québécoises et de Québécois, ce délai n’est pas envisageable. Alors, face à ce dilemme, j’ai dû faire un choix déchirant. Je vous annonce donc que je ne serai plus de la course à la direction du PLQ lorsque le parti relancera cette dernière », a-t-il annoncé. 

L’ancien candidat ne tourne pas pour autant le dos au PLQ. Il réaffirme sa loyauté au parti qui est appelé « à un nouveau départ et constitue un véhicule privilégié pour faire avancer le Québec au niveau de la transition écologique, du développement économique et social de même que de la reconnaissance des spécificités régionales ».

Suspension de la course

Le 20 mars, le PLQ avait annoncé la suspension de la course à la chefferie en raison de la pandémie. 

M. Cusson estimait alors que le parti n’avait d’autre choix que de remettre l’élection du nouveau chef à une date ultérieure. À l’inverse, sa rivale Dominique Anglade plaidait pour le maintien de la course dans des conditions restreintes. Selon elle, la course pouvait se poursuivre de « façon numérique ».

C’est finalement d’un commun accord que les deux candidats et l’exécutif du PLQ avaient convenu de suspendre la course jusqu’à nouvel ordre.