La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade.
La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade.

Dominique Anglade demande au gouvernement de payer les tests de pyrrhotite

Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — La cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, a interpellé le gouvernement du Québec, mercredi, pour lui demander de soutenir financièrement les victimes de la pyrrhotite qui n’ont ni bénéficié du programme d’aide leur étant destiné ni eu gain de cause en cour. Elle a notamment demandé à ce que le gouvernement aide les quelque 3000 familles de la Mauricie qui n’ont pas les moyens de payer le test qui leur permettrait de savoir si leur résidence contient de la pyrrhotite.

La cheffe libérale a fait cette demande lors de la période de questions, mercredi avant-midi, à l’Assemblée nationale. Elle a directement interpellé la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest.

«Plus de 3000 maisons n’ont pas encore été testées aux traces de pyrrhotite. Ces tests coûtent 3000 $. Est-ce que, oui ou non, on va penser à aider financièrement ces familles?» a-t-elle demandé.

La ministre Laforest n’a pas répondu directement à cette question. Elle a cependant promis que son gouvernement continuerait à aider les victimes de la pyrrhotite.


« Plus de 3000 maisons n’ont pas encore été testées aux traces de pyrrhotite. Ces tests coûtent 3000 $. Est-ce que, oui ou non, on va penser à aider financièrement ces familles? »
Dominique Anglade

«Vous parlez des tests, les 3000 tests. Ça va bien, on devrait être capable d’aider, encore là, les victimes qui sont aux prises avec des problèmes de pyrrhotite dans leurs bâtiments», a-t-elle répondu.

Une autre députée libérale, Marie-Claude Nichols, a elle aussi demandé de connaître les intentions du gouvernement concernant le soutien aux victimes de la pyrrhotite. En rappelant que les 84 millions $ qui constituent le programme d’aide aux victimes de la pyrrhotite ont été dépensés ou sont en voie de l’être, elle a demandé si d’autres sommes seront injectées pour soutenir les victimes pour qui les procédures judiciaires ne sont pas encore terminées. Elle a également demandé si le plafond d’aide aux victimes qui désirent faire les travaux correctifs sur leur propriété sera revu à la hausse pour les propriétaires de condos. Elle estime que la somme à laquelle ont accès ces personnes, soit 75 000 $, est insuffisante pour que les réparations soient faites sur des immeubles à condos.

La ministre Laforest ne s’est pas avancée sur ces deux questions, rappelant qu’une chaire de recherche a été créée à l’Université Laval pour tenter de déterminer le seuil à partir duquel la pyrrhotite risque de causer des dégâts aux fondations de ciment. Ce seuil a été fixé pour le moment à 0,23 % par le juge qui a donné raison aux victimes dites de la première vague de pyrrhotite. La ministre a également indiqué vouloir attendre les décisions des tribunaux qui doivent être saisis du dossier concernant les victimes de la deuxième vague, tout en promettant qu’«il n’y a personne qui va être laissé pour compte».

Michel Lemay, vice-président de la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite.

En vue de la mise à jour économique

Si le PLQ faisait mercredi ces interventions, c’est parce qu’il a récemment contacté la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite (CAVP).

«On a fait avec eux la mise à jour des enjeux qui demeurent par rapport à la pyrrhotite, à leur demande. C’est pour ça que leur cheffe en a parlé dans la période de questions», confirme Michel Lemay, vice-président de la CAVP.

Il faut dire que la Coalition souhaite que le gouvernement annonce de nouveaux engagements pour soutenir les victimes dans sa mise à jour économique, qui doit avoir lieu en novembre. La CAVP a déjà fait parvenir les demandes mentionnées par Mmes Anglade et Nichols au gouvernement, par le biais du député de Maskinongé, Simon Allaire. Le fait que le PLQ se soit manifesté lui aussi pour porter ces demandes à l’Assemblée nationale n’est d’ailleurs pas un désaveu du travail du député caquiste, assure M. Lemay.

«M. Allaire travaille en équipe avec nous, il fait un très bon travail», assure-t-il. «Mais on est apolitique à la Coalition, alors n’importe quel élu qui souhaite nous aider sera toujours le bienvenu», ajoute-t-il.

M. Lemay précise qu’il aimerait également que le gouvernement tende la main aux personnes qui se situent dans la zone grise, soit celles qui ont de la pyrrhotite dans leur résidence, mais à un taux inférieur à 0,23 %.

«On voudrait que le gouvernement leur fournisse une lettre de garantie qu’ils pourront bénéficier du programme d’aide si jamais la chaire de recherche de l’Université Laval décrète que le taux de pyrrhotite dans leurs fondations est problématique. On veut que le gouvernement se positionne là-dessus pour sécuriser les gens, qu’il donne un coup de barre pour que ça ne prenne pas dix ans encore pour régler ce problème-là», conclut-il.

Rappelons qu’après des procédures judiciaires qui ont duré une dizaine d’années, environ 850 victimes de la pyrrhotite ont été dédommagées à la fin de l’été 2020. Le procès pour indemniser 800 autres victimes devrait commencer sous peu, puisque la firme d’avocats chargée du dossier attendait la fin définitive du premier procès pour aller de l’avant.