Le promoteur immobilier du Domaine Baie-Jolie, Georges Mouradian, poursuit la Ville de Trois-Rivières.

Domaine Baie-Jolie: une poursuite de 7,5 M$ contre la Ville

Trois-Rivières — Le promoteur immobilier Georges Mouradian passe de la parole aux actes et poursuit la Ville de Trois-Rivières en lien avec le changement de règlement municipal qui a forcé l’arrêt du développement de son complexe immobilier du Domaine Baie-Jolie, dans le secteur Pointe-du-Lac. La poursuite, signifiée à la Ville de Trois-Rivières le 21 décembre dernier, s’élève à 7,5 M$.

On se souviendra que le nouveau schéma d’aménagement de la Ville, qui est entré en vigueur en avril 2017, prévoyait l’arrêt de tout développement d’immeubles multilogements le long de la route 138 dans ce secteur. Or, la Ville dispose de 24 mois pour modifier son plan d'urbanisme et ses règlements de zonage en conséquence, ce qui permettait encore au promoteur de bâtir son projet. Cependant, un règlement pour faire entrer en vigueur immédiatement cette nouvelle mesure a été voté il y a quelques mois par le conseil municipal, et a fait l’objet d’un référendum au début du mois de décembre. La majorité des électeurs habiletés à voter dans ce secteur ont voté pour l’adoption de ce règlement et donc contre la poursuite du développement immobilier.

Georges Mouradian, qui s’était toutefois engagé à construire un autre immeuble dans ce développement domiciliaire, estime maintenant que ses droits et les ententes prises avec la Ville ont été bafoués. Il poursuit désormais la Ville pour un montant de 7 500 000 $, une poursuite qui a été signifiée en décembre dernier et qui devrait être entendue au cours des prochains mois.

«Les motifs pour évaluer les dommages, je les expliquerai à la cour. Mais vous pouvez vous imaginer, j’avais déjà prévu la construction de cet immeuble de 18 logements, et toutes les unités avaient déjà été réservées. Mes locataires se retrouvent dans l’attente et l’incertitude. Par ailleurs, le terrain de près de 110 000 pieds carrés acquis pour cette construction devient pratiquement inutilisable, puisque selon le nouveau règlement, je ne peux qu’y construire une maison unifamiliale», fait remarquer le promoteur, en entrevue au Nouvelliste.

Georges Mouradian soutient par ailleurs avoir voulu faire preuve de bonne foi en offrant à la Ville de s’asseoir et de régler le litige en conciliation. «Ils ont refusé de me rencontrer. C’est carrément de la mauvaise foi», avance le promoteur.

Ce dernier s’explique bien mal ce qui a pu motiver la Ville à changer ainsi son règlement pour freiner le développement, un développement auquel elle avait pourtant donné son aval dès le départ, et y avait même dépêché des représentants lors de la première pelletée de terre officielle.

«Ils ont toujours été derrière moi, et même me poussaient à avancer plus rapidement en prévision de l’entrée en vigueur de ce schéma d’aménagement. C’est incompréhensible, et surtout très dommage, parce que ça a des répercussions sur moi, sur mes locataires, mais aussi sur plusieurs projets à Trois-Rivières. Je travaille sur d’autres projets avec des investisseurs, notamment de Montréal, mais ils ont choisi de reculer et d’attendre un peu lorsqu’ils ont appris ce qui s’était passé. Ça crée un doute dans l’esprit des investisseurs», croit-il.