De nouvelles règles du ministère de la Santé ne permettent plus les visites des personnes en fin de vie, à moins d’une mort imminente dans les 24 heures à 48 heures.
De nouvelles règles du ministère de la Santé ne permettent plus les visites des personnes en fin de vie, à moins d’une mort imminente dans les 24 heures à 48 heures.

Distanciation sociale et fin de vie: des mesures «crève-cœur» pour la Maison Aline-Chrétien

Shawinigan — Le personnel de la Maison de soins palliatifs Aline-Chrétien de Shawinigan n’aura probablement jamais eu à prendre une décision aussi déchirante. Alors que des mesures étaient déjà en place pour restreindre les contacts depuis le début de la pandémie de coronavirus, une nouvelle directive du ministère de la Santé force la ressource à interdire toutes les visites aux personnes en fin de vie, à l’exception de visites très restreintes autorisées lors de la perspective d’une mort imminente dans les 24 heures à 48 heures.

Cette directive indique par ailleurs que lorsque le personnel estime que la mort de la personne est effectivement imminente, la ressource peut autoriser un maximum de cinq personnes pour le patient sur le point de mourir. Par ailleurs, les visites doivent se faire en alternance, pas plus de deux personnes à la fois. Une directive que l’on compte appliquer à la lettre, mais qui crève le cœur de l’ensemble du personnel, confie la directrice générale, Chantal Ouellet.

«C’est contre tous les objectifs de la maison. On sait que c’est pour la sécurité de tous et que c’est ce qu’il y a à faire. Nous sommes constamment déchirés entre le règlement, la sécurité des visiteurs et notre mission humanitaire également», constate Mme Ouellet. Déjà, l’accès aux aires communes avait été restreint depuis le début de la pandémie, et la mission de milieu de vie que l’on souhaitait offrir aux familles des personnes en fin de vie s’en trouvait affectée. La nouvelle directive «arrache le cœur», convient la directrice générale.

«On doit se fier à nos connaissances et notre expérience pour pouvoir déterminer si la fin de vie est effectivement imminente. Chaque cas est tellement unique et évolue aussi de façon unique. Notre grande crainte, c’est évidemment de passer à côté parce qu’on ne veut absolument pas qu’une personne meure seule», mentionne Chantal Ouellet.

Depuis le début de la pandémie, la Maison Aline-Chrétien a réduit de huit à cinq le nombre de lits étant donné que le personnel ne peut plus compter sur l’apport des bénévoles habitués de la maison en raison des mesures de confinement et de distanciation sociale. «La réduction des lits permet de faire une redistribution des tâches pour le personnel. Les personnes qui sont ici reçoivent toujours tous les services», assure-t-elle, insistant sur le fait que les mesures gouvernementales seront respectées, même si elles vont à l’encontre des valeurs de la maison.

Jeudi matin, Mme Ouellet était à la recherche d’une tablette électronique afin de pouvoir assurer un lien entre les usagers et leurs familles dans ces moments particulièrement difficiles. Le contact, durant ces mesures que l’on espère très temporaires, pourra se maintenir grâce à la technologie.

«Les familles sont très compréhensives et respectueuses à travers tout ça. Il y a une belle communication à tous les moments», dit-elle, visiblement reconnaissante.

MAISON ALBATROS

À Trois-Rivières, la Maison Albatros, qui accueille également les personnes en fin de vie, assure que plusieurs mesures ont été mises en place depuis le début de la pandémie et suivent les directives gouvernementales. La directrice générale de l’établissement a souligné que les familles qui sont touchées sont avisées une à une par la teneur de ces mesures.