Quelques dizaines de personnes ont marché le long du boulevard Saint-Laurent Est à Louiseville, samedi, deux ans jour pour jour après la disparition de Mélissa Blais.

Disparition de Mélissa Blais: une marche pour ne pas oublier

LOUISEVILLE — Quelques dizaines de personnes ont marché le long du boulevard Saint-Laurent Est, à Louiseville, samedi matin. Cette marche était organisée par la famille de Mélissa Blais, deux ans après la disparition de cette mère de famille. Leur message: rappeler que le mystère autour de cette disparition n’est toujours pas résolu et inciter les gens qui détiennent des informations qui pourraient faire progresser l’enquête à témoigner.

«On ne veut pas que les gens l’oublient, on veut la garder vivante jusqu’à ce qu’on aie nos réponses», résume Sylvie René, la belle-soeur de Mélissa Blais. 

Les marcheurs se sont rassemblés à la Brassette L’Ami, samedi matin, avant de prendre la direction du restaurant Chez Jean-Baptiste, deux kilomètres plus loin. Deux poids lourds, deux véhicules de la Sûreté du Québec et un du service de sécurité incendie de Louiseville les escortaient alors qu’ils remontaient le boulevard, dont une voie était fermée pour leur permettre de circuler. À leur retour, ils se sont rassemblés devant l’église de Louiseville. 

Un poste de commandement avait été établi par la Sûreté du Québec (SQ) dans le stationnement à côté de l’hôtel de ville de Louiseville. Un enquêteur était présent pour rencontrer d’éventuels témoins qui pourraient aider à dénouer l’enquête. La SQ insiste d’ailleurs pour dire que même si l’enquête demeure non concluante jusqu’à présent, la moindre piste amenée par des citoyens vaut la peine d’être explorée. 

«Une information qui peut paraître banale aux yeux d’un citoyen est peut-être capitale pour faire progresser l’enquête, soutient la sergente Marie-Michele Moore, porte-parole de la SQ. L’été dernier, des informations nous ont été rapportées par des touristes et on a exploré cette piste-là. Les informations du public mènent à des actions concrètes, même si ce n’est pas toujours visible sur le terrain.»

Des actions plus visibles ont cependant été menées à plusieurs reprises pour tenter de retrouver la mère de famille et son véhicule. Des recherches ont notamment été menées par hélicoptère, en véhicules tout-terrain, par des plongeurs et des spécialistes dans la recherche de personnes. Une trentaine de témoins ont été rencontrés par la SQ jusqu’à présent et les images captées par de nombreuses caméras de surveillance ont été passées au peigne fin par les policiers. 

Mme Moore rappelle par ailleurs que toute personne souhaitant communiquer des informations susceptibles de faire progresser l’enquête peut le faire en tout temps en contactant la Centrale de l’information criminelle de la SQ au 1 800 659-4264. 

Le véhicule que conduisait Mélissa Blais est une Toyota Corolla 2011 noire immatriculée Y70 FAD. 

Pas d’éléments criminels

Malgré toutes ces démarches, ni Mélissa Blais, ni son véhicule n’ont été retrouvés, deux ans après sa disparition. Du côté de la SQ, toutes les hypothèses sont encore sur la table. «Jusqu'à présent, il n’y a aucun élément d’enquête qui nous porte à croire qu’il s’agit d’un événement criminel», rappelle Mme Moore. 

Sylvie René, pour sa part, est convaincue du contraire. «C’est toujours la thèse qu’elle s’est fait agresser dans la rue en allant à sa voiture. Je ne vois pas autre chose. Si elle avait eu un accident, on aurait trouvé la voiture», estime-t-elle.

Pour ses enfants

Tant que le mystère entourant la disparition de Mélissa Blais ne sera pas résolu, Mme René promet de tout faire pour que sa belle-soeur ne soit pas oubliée, tant du grand public que des policiers. «Tant qu’on n’aura pas nos réponses, tant qu’on n’aura pas ce qu’on veut, c’est sûr qu’on va créer d’autres événements, pour qu’on n’oublie pas Mélissa. C’est notre façon à nous de la garder vivante. Le jour où on aura des réponses, on pourra enfin fermer une page, mais pour le moment, je ne la ferme pas, tant et aussi longtemps  que ça ne sera pas fini», assure-t-elle. 

L’entourage de Mélissa Blais continue par ailleurs à se serrer les coudes pour passer à travers cette épreuve difficile, qui s’éternise. Mme René voit dans cette force qui les unit, sa famille et elle, la main invisible de sa belle-soeur. 

«Je pense qu’à quelque part, Mélissa nous tient tous, toute la force qu’on a vient d’elle. Je ne sais pas comment l’expliquer, il faut se lever pour garder la famille unie et faire en sorte que les enfants aillent bien. Moi, c’est mon but, faire en sorte que ses enfants continuent à vivre, car c’est ce que Mélissa voudrait», souligne-t-elle.