Huit plongeurs se sont relayés toute la journée pour vérifier si la voiture de Mélissa Blais se trouve au fond de la rivière Saint-Maurice, dans le secteur de Grand-Mère, à Shawinigan.
Huit plongeurs se sont relayés toute la journée pour vérifier si la voiture de Mélissa Blais se trouve au fond de la rivière Saint-Maurice, dans le secteur de Grand-Mère, à Shawinigan.

Disparition de Mélissa Blais: les plongeurs fouillent la rivière Saint-Maurice

Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — Un indice majeur dans le dossier de la disparition de Mélissa Blais se trouve-t-il au fond de la rivière Saint-Maurice, dans le secteur de Grand-Mère à Shawinigan? C'est ce qu'ont tenté de vérifier samedi huit plongeurs de l'École de plongée sous-marine Carlos Lopez, qui ont oeuvré toute la journée pour retrouver son véhicule, qui pourrait se trouver sous l'eau, près du pont des Piles.

Stéphane Luce, président de l'organisme Meurtres et disparitions irrésolus du Québec (MDIQ), avait bon espoir de trouver des véhicules dans l'eau, à cet endroit. En effet, après avoir reçu des informations du public laissant entendre que les alentours du pont des Piles seraient un bon endroit pour jeter un véhicule à l'eau, des recherches ont été effectuées récemment par bateau, à l'aide d'un sonar.

«On a vu plusieurs monticules qui sont probablement des autos. Le fond est plat et tout d'un coup, on voit une forme qui ressemble à un véhicule, à plusieurs endroits. Les plongeurs vont donc descendre à ces endroits pour vérifier si ce sont bien des véhicules et essayer de valider la marque et la couleur», résume M. Luce.

La tâche des hommes-grenouille n'a pas été facile, puisque la visibilité est à peu près nulle dans la rivière, surtout à cette profondeur, et comportait des risques, prévenait samedi matin Daniel Lamontagne, plongeur bénévole et ami de la famille de Mélissa Blais.

«On va vérifier le courant au fond de l'eau: s'il est trop fort, on ne pourra pas travailler, si on est obligé de tenir la corde constamment. Il y a aussi un danger qu'on reçoive une pitoune sur la tête. Sans compter qu'à cette profondeur, certains plongeurs pourraient être sujets à des malaises», expliquait-il.

Les préparatifs avant d'aller sur la rivière.

Les plongeurs ont fait des fouilles à tâtons au fond de l'eau selon un mouvement circulaire, s'écartant un peu du centre à chaque tour complété. De cette façon, s'ils manquaient un obstacle, la corde devait s'enrouler autour de celui-ci, signalant sa présence aux plongeurs. Ceux-ci étaient équipés de lampes de poche pour tenter de déterminer la marque et la couleur des véhicules qu'ils trouveraient.

Les plongeurs se sont relayés tout au long de la journée, travaillant deux par deux, en deux groupes. Si par chance ils devaient trouver la voiture de Mélissa Blais, une Toyota Corolla de couleur noire, la Sûreté du Québec en serait avisée. M. Luce indique qu'il rédigera un rapport sur les résultats de la plongée et le transmettra aux policiers. Ceux-ci seront donc prévenus si d'autres véhicules sont retrouvés au fond de la rivière.

Pour Manon St-Pierre, cette journée était évidemment très importante, alors que le mystère demeure entier sur ce qui a pu arriver à sa soeur, Mélissa Blais, dans la nuit du 1er au 2 novembre 2017. Elle a d'ailleurs pris place à bord de l'un des bateaux, avec les plongeurs, samedi.

«C'est important pour moi. J'ai l'impression qu'en étant sur l'eau, je vais être au cœur des recherches», souligne-t-elle.

Mme St-Pierre espérait que l'opération de samedi permette de donner un nouveau souffle à l'enquête et, à terme, de lever le voile sur le sort de sa sœur. Ce qui permettrait à sa famille d'enfin faire son deuil.

«C'est toujours présent. Je roule en camion et je regarde toujours les plaques de véhicules, même après trois ans, c'est un automatisme. On n'arrêtera jamais tant qu'on ne l'aura pas retrouvée. C'est toujours là. Je pense qu'il est temps de faire notre deuil, de la retrouver et de lui rendre un dernier hommage», conclut-elle.