Mélissa Blais s’est volatilisée dans la nuit du 1er au 2 novembre 2017, après être sortie d’un établissement licencié, sur l’avenue Saint-Laurent, à Louiseville.
Mélissa Blais s’est volatilisée dans la nuit du 1er au 2 novembre 2017, après être sortie d’un établissement licencié, sur l’avenue Saint-Laurent, à Louiseville.

Disparition de Mélissa Blais: des plongeurs pourraient faire de nouvelles recherches

Trois-Rivières — Alors que le mystère le plus complet plane toujours sur la disparition de Mélissa Blais, l’organisme Meurtres et disparitions irrésolus du Québec (MDIQ) va entreprendre de nouvelles recherches, au printemps, grâce à des plongeurs bénévoles. La famille espère ainsi au moins retrouver le véhicule de la jeune femme, ce qui permettrait sans doute de faire progresser l’enquête.

«Les plongeurs ont accepté de venir au printemps. IIs vont le faire pour qu’on puisse trouver l’auto, la sacoche, n’importe quoi», explique Manon St-Pierre, demi-sœur de Mélissa Blais. «C’est vraiment le fleuve qu’on cible. Pour cacher une auto, le fleuve est adéquat pour ça», ajoute-t-elle.

De l’aide va aussi probablement être demandée à des bénévoles pour sillonner les berges du lac Saint-Pierre. «Même au niveau des berges, il y a peut-être des indices qui ont bougé aussi, qui étaient là et qu’on ne voyait pas à l’époque», espère Mme St-Pierre.

Mélissa Blais

MDIQ a organisé des événements semblables, cette année, à Farnham, alors que des plongeurs ont exploré la rivière Yamaska, dans l’espoir de trouver des indices relativement à la disparition de Mélina Martin. L’adolescente avait 13 ans lorsqu’elle a disparu le 23 janvier 2005. «On a fait deux plongées pour Mélina Martin à Farham, de là est venue l’idée d’offrir à la famille [de Mélissa Blais] d’aller plonger au printemps», explique Stéphane Luce, fondateur de l’organisme. Il est lui-même le fils d’une victime d’un meurtre non résolu, survenu à Longueuil, en 1981.

MDIQ souhaite mener à bien ce projet en collaboration avec la Sûreté du Québec. «Ce sont des plans qu’on a pour le printemps 2020. On doit s’asseoir avec l’équipe de plongeurs de la SQ au courant de l’hiver pour élaborer un plan de match et savoir où fouiller exactement. On ne veut pas aller aux endroits qu’ils ont déjà visités, et s’ils ont des endroits stratégiques à nous faire fouiller, on va y aller, sinon on va se fier à la famille. On va aller où la famille aimerait qu’on aille», raconte M. Luce.

Rappelons que Mélissa Blais s’est volatilisée dans la nuit du 1er au 2 novembre 2017, après être sortie d’un établissement licencié, sur l’avenue Saint-Laurent, à Louiseville. Le véhicule de Mélissa Blais, une Toyota Corolla 2011 noire immatriculée Y70 FAD, n’a jamais été trouvé. Des plongeurs de la Sûreté du Québec (SQ) ont scruté un secteur de la Petite rivière du Loup, en 2018, mais sans succès.

Plusieurs ont pensé que Mélissa Blais avait peut-être été victime d’un accident et que son véhicule avait possiblement plongé dans la Petite rivière du Loup, mais Mme St-Pierre ne croit pas à cette théorie. «Après deux ans, on se dit que ce n’est pas un accident. Si ça avait été un accident, l’auto aurait peut-être été au bord de l’eau ou rentrée un peu dans l’eau. On aurait vu des traces. On a fait beaucoup de recherches à cette époque.»

Pour l’instant, aucun indice ne leur indique un endroit précis où il pourrait entreprendre les recherches. «On n’a rien à perdre. Si on ne fait rien, on n’aura rien. On continue à fouiller. Tout ce qu’on peut fouiller qui n’a pas été fait à l’époque, on va le faire», affirme Mme St-Pierre. «On n’a pas vraiment d’informations sur l’endroit où la voiture se trouverait. Par contre, on ne la trouve pas ça fait deux ans, alors il faut commencer à chercher quelque part. L’eau, ça serait une des alternatives», estime M. Luce.

MDIQ mène une campagne de financement sur gofundme pour réaliser ce projet. «Les plongeurs sont bénévoles, mais ce que Meurtres et disparitions irrésolus du Québec aimeraient faire, c’est au moins payer les déplacements et les bouteilles d’oxygène. Ils peuvent aider une famille et en même temps, ça atténue un peu les coûts», souligne M. Luce.

S’il reste des fonds après ces recherches, ils serviront à aider d’autres familles. «On est toutes dans le même bateau les personnes disparues, alors si ça peut aider d’autres famille tant mieux», souligne Mme St-Pierre.

Les proches de Mélissa Blais n’abandonnent pas. Ils cherchent des façons de faire progresser le dossier. «C’est sûr qu’il y a des semaines où il y a un découragement et où on se dit que ça n’a pas d’allure. On a l’impression d’avoir fait le tour et qu’on ne trouve rien. Il y a d’autres semaines où j’ai l’air d’un tigre. Je suis prête à foncer partout, et je me dis qu’on va la trouver», confie Mme St-Pierre.

Le temps des Fêtes qui approche est particulièrement difficile. «La période des Fêtes arrive, il y a une rage au cœur qui remonte. Il y a deux enfants qui n’auront pas leur mère encore à Noël. Nous autres non plus, on ne l’aura pas à Noël. Il y a une rage c’est sûr qui monte. On se dit qu’on va chercher, et on va trouver. On n’abandonnera pas c’est sûr.»