Diane Ambroise-Petiquay espère retrouver son frère.

Disparition de James Ambroise-Petiquay: «C’est difficile d’attendre»

La Tuque — «La douleur devient lourde et pesante. On veut juste que ça finisse. S’il est parti, on aimerait faire quelque chose pour le laisser partir en paix. C’est difficile de ne rien savoir.» La sœur de James Ambroise-Petiquay espère que quelqu’un aidera à élucider le mystère qui demeure entier concernant la disparition de son frère. Il y a maintenant un an qu’il est porté disparu et sa famille vit difficilement avec de nombreuses questions sans réponse. L’espoir se mélange doucement au découragement, Diane Ambroise-Petiquay est prête à pardonner le pire afin de connaître la vérité.

«C’est difficile d’attendre. On n’arrive pas à avancer et on se sent seul. Chaque jour depuis un an je pense à lui en me levant le matin. Je me demande chaque matin si c’est ce jour-là que ça va se terminer ou s’il faut encore attendre une semaine, un mois, un an», lance Diane Ambroise-Petiquay.

À chaque petite parcelle d’espoir, à chaque indice, l’espoir est grand, mais la déception est immense. La jeune femme supplie les gens qui ont la clé du mystère de parler.

«Ils doivent le dire… une seule phrase pourrait faire débloquer beaucoup de choses. Qu’on arrête de supposer ce qui est arrivé cette journée-là. Est-ce qu’il est en vie, est-ce qu’il est caché quelque part? Est-ce qu’il est mort? C’est difficile de se poser ces questions-là. Je n’ai plus les mots pour expliquer comment je me sens. C’est le sentiment d’échec enfoui sous le silence», lance-t-elle.

«Il y a eu sa fête en avril, Noël s’en vient bientôt, ce sera encore un gros vide. Je refuse de croire qu’il s’est enfui, et on veut connaître la vérité», insiste Diane Ambroise-Petiquay.

La douleur est vive, autant qu’au premier jour et la tristesse toujours aussi présente pour la jeune femme qui habite La Tuque. Depuis un an, ces sentiments mélangés avec la fatigue ont des répercussions sur la famille de Diane Ambroise-Petiquay et sur la communauté également, selon elle.

«On est une famille brisée. […] On a de la difficulté à se parler, il y a beaucoup de colère. C’est ça que ça donne. Il y a beaucoup de colère, de peine… Je ne souhaite à personne de vivre ça de même».

Malgré tout, la sœur de James Ambroise-Petiquay garde espoir de retrouver son frère le plus rapidement possible.

«S’il nous entend, on veut qu’il nous envoie un signe, qu’il nous appelle… S’il est quelque part, on veut lui dire qu’on l’aime et qu’on est là pour lui», a-t-elle lancé la gorge nouée par l’émotion.

Rappelons que M. Ambroise-Petiquay mesure 1,82 m, pèse 91 kg, a les yeux bruns et les cheveux noirs. Lors de sa disparition, signalée le 16 octobre 2017, il portait des jeans bleus, un manteau blanc et gris avec un capuchon et des chaussures de couleur noir et rouge.

Rappelons également que depuis le mois de juillet 2018, c’est le Service des enquêtes sur les crimes majeurs de la Sûreté du Québec qui a pris la responsabilité de l’enquête. Le Conseil des Atikamekw de Wemotaci avait expliqué cette décision par la complexité du dossier et un manque de ressources techniques et humaines. Depuis le début de l’enquête, la Sûreté du Québec travaillait en étroite collaboration avec le Service de police de Wemotaci.

«Considérant que cet individu est également recherché dans le cadre d’une enquête d’agression sexuelle menée par la Sûreté du Québec et que le lien entre les deux dossiers contribue à la complexité de cette enquête, il a été entendu de concert avec le Service de police de Wemotaci et le Conseil des Atikamekw de Wemotaci que le Service des enquêtes sur les crimes majeurs de la Sûreté poursuivra les recherches dans ce dossier», avait indiqué la SQ en juillet.

D’ailleurs, l’enquête se poursuit toujours dans le dossier. Des enquêteurs se sont rendus sur place dans les derniers jours pour vérifier des informations.

«L’enquête se poursuit et le dossier est toujours ouvert alors nous nous rendons à l’occasion à Wemotaci. Ils étaient là pour des vérifications» a conclu la sergente Éloïse Cossette, porte-parole de la SQ.