Plusieurs locataires de la région sont victimes de discrimination quand vient le temps de faire des démarches pour louer un logement.

Discrimination de locataires en période de déménagement: «On en voit à tous les jours»

TROIS-RIVIÈRES — Déménager en pleine crise du logement s’avère déjà difficile en raison du nombre limité d’appartements disponibles pour les locataires. Il en est d’autant plus ardu pour les personnes faisant partie d’une minorité visible, celles en situation de précarité, les femmes avec des enfants et les membres de la communauté LGBTQ qui subissent, parfois bien ouvertement, de la discrimination de la part de propriétaires de logements.

«On en voit à tous les jours», tranche Carol-Ann Côté, coordonnatrice du Comité logement de Trois-Rivières. C’est qu’actuellement, le taux d’inoccupation au Québec se situe à 2,3 %, soit au-dessous du seuil d’équilibre, qui est de 3 %. Même si une récente étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) évalue ce taux à 3,9 % à Trois-Rivières, Mme Côté considère que les logements abordables disponibles pour les personnes à faible revenu sont en baisse. Ces données dressent donc le portrait d’une pénurie de logements qui sévit partout en province.

Certains propriétaires de logements considèrent qu’ils peuvent discriminer certains groupes de personnes à qui ils ne souhaitent pas louer d’appartement. «Ils ont l’embarras du choix, ils peuvent se permettre de faire de la discrimination très ouvertement», affirme Mme Côté.

Des locataires anticipent donc l’arrivée du 1er juillet, date à laquelle entre 200 000 et 250 000 Québécois déménagent chaque année, se voyant refuser à répétition des demandes de logements auprès de propriétaires.

«Idéal pour personne sans enfant»

Une étude publiée récemment par le Regroupement des comités de logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) a dévoilé un nombre important d’annonces de logements trouvées sur le site Internet Kijiji qui présentent des écrits discriminatoires.

Parmi celles-ci, on en retrouve plusieurs qui déconseillent, directement ou indirectement, les personnes avec de jeunes enfants de faire des démarches pour louer un logement. Des propriétaires décrivent leur appartement comme un endroit «idéal pour personne sans enfant», comme un logement qui «ne peut convenir à des familles avec de jeunes enfants», ou d’autres disent accepter des «résident[s] tranquille[s] avec enfant de 10 ans et plus».

«À toutes les semaines, on a des mères de famille qui viennent ici [Comité du logement de Trois-Rivières], qui cherchent un logement, mais qui ne sont pas capables d’en avoir parce qu’à partir du moment que le propriétaire sait qu’elles ont deux, trois enfants, c’est terminé, ils ne louent pas», explique Mme Côté.

La situation financière et l’origine ethnique des locataires font également partie des facteurs discriminatoires retrouvés dans certaines annonces présentées. L’un des propriétaires cités dans l’étude écrit sans gêne «Pas de B.S.», alors qu’un autre dit chercher une «personne asiatique ou de peau blanche».

Certains propriétaires prétendent donc que le logement est finalement loué une fois face à face avec la personne intéressée ou lorsqu’ils finissent par en savoir plus sur celle-ci. «Souvent, ce qu’on va entendre, ce sont des logements qui sont libres au téléphone, donc des gens qui vont parler au propriétaire, le logement est libre, et quand ils arrivent sur place, le propriétaire se rend compte que c’est un autochtone, par exemple, bien là finalement il est loué», indique Mme Côté.

Illégal, mais souvent sans conséquence

Même si cette discrimination est illégale, les propriétaires qui s’adonnent à ce genre de comportement ne s’exposent pas à de lourdes conséquences, la plupart du temps. C’est qu’il n’en est pas du ressort de la Régie du logement de gérer ce type de situation, mais bien à la Commission des droits de la personne et de la jeunesse (CDPDJ).

Les locataires ont donc la possibilité de porter plainte à cette instance, qui peut ensuite prendre contact avec un propriétaire fautif et lui rappeler ses obligations en matière légale. Par contre, si le propriétaire ne change pas ses agissements, la CDPDJ doit alors faire enquête, ce qui peut prendre plusieurs années. Tout ce processus ne règle cependant en rien la problématique de manque de logements pour les locataires.

«Au final, la procédure ne donne pas de logement aux locataires victimes de discrimination», peut-on lire dans l’étude publiée par la RCLALQ. Plusieurs locataires choisissent alors de ne pas s’engager dans un tel processus et continuer leur recherche de logement adapté à leurs besoins.

Un accueil chaleureux dans les premiers quartiers

Les nouveaux résidents des nouveaux quartiers de Trois-Rivières seront particulièrement bien accueillis lors de leur déménagement, le lundi 1er juillet, alors que l’équipe de la Démarche des premiers quartiers sillonnera les rues lors de cette journée.

La brigade du déménagement remettra à leurs nouveaux voisins une pochette comprenant des dépliants des ressources du secteur, des informations sur le service «Al3rte» et le 311, en plus d’une carte de Tourisme Trois-Rivières. 

C’est la 9e année consécutive que la Démarche des premiers quartiers organise cette activité. Les personnes qui emménagent dans un des premiers quartiers peuvent aller inscrire leur adresse sur la page Facebook de la Démarche des premiers quartiers de Trois-Rivières.

Cette activité est rendue possible en raison de nombreux partenaires comme les Rôtisseries Ti-Coq, Dairy Queen, Desjardins et Les Artisans de la Paix.