Dominic Therrien songe à se lancer dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada. On le voit sur la photo lors d’un rassemblement de partisans à Trois-Rivières en 2015 avec le chef conservateur de l’époque Stephen Harper.
Dominic Therrien songe à se lancer dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada. On le voit sur la photo lors d’un rassemblement de partisans à Trois-Rivières en 2015 avec le chef conservateur de l’époque Stephen Harper.

Direction du Parti conservateur du Canada: Dominic Therrien en réflexion

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Candidat défait du Parti conservateur du Canada (PCC) dans la circonscription de Trois-Rivières lors des élections de 2015, Dominic Therrien songe encore à la politique. L’avocat spécialisé en immigration qui réside en Colombie-Britannique a confirmé au Nouvelliste lundi qu’il réfléchit à l’idée de se lancer dans la course à la direction du PCC.

Originaire de Trois-Rivières, Dominic Therrien affirme avoir été approché par des ténors du PCC au Québec, mais aussi de l’Ouest. Bilingue, celui qui a une bonne connaissance du parti permettrait de bien représenter la diversité canadienne et de rallier l’Est et l’Ouest. C’est à tout le moins ce que croient certains conservateurs. «On m’a approché pour jauger mon intérêt», mentionnait-il au bout du fil alors qu’il se trouvait à Calgary. 

Bien que la politique n’était pas la seule raison de son voyage à Calgary, celui-ci lui a permis de pousser sa réflexion encore plus loin. «Je suis en réflexion et à l’étape de jauger les appuis. Évidemment, l’objectif principal est de défaire les libéraux», ajoutait-il. «J’avoue que ç’a été une surprise lorsque j’ai été approché. Mais depuis, je rencontre des gens un peu partout au pays.»

Marié et père de trois enfants, Dominic Therrien mentionne que le point de vue de sa famille est très important dans la prise de sa décision. «J’ai pour l’instant l’appui de ma famille pour réfléchir. Mais j’avoue que c’est quand même préliminaire car on est en train d’évaluer les appuis, le soutien et la faisabilité de ça, de même que mon intérêt. C’est quelque chose de complexe comme réflexion», souligne-t-il. «J’ai toutefois grandement aimé mon expérience en politique lors de l’élection de 2015.» 

Dominic Therrien est titulaire d’un diplôme de droit civil et d’un certificat de compétence en common law. Il a ensuite poursuivi des études de baccalauréat en sciences politiques de l’Université de Montréal et à la maîtrise en relations internationales à l’Université de la Sorbonne à Paris. 

Il est membre du Barreau du Québec (2002), du Barreau de la Colombie-Britannique (2010) et du Barreau de la Saskatchewan (2012). Dominic Therrien a aussi travaillé plus de trois ans en Chine pour aider les gens d’affaires à immigrer au Canada. Joueur de baseball de haut niveau, il a notamment évolué pour l’organisation des Braves d’Atlanta. 

En 2015, Dominic Therrien avait récolté 18,58 % des voix dans Trois-Rivières, en troisième place derrière le néodémocrate Robert Aubin (31,74 %) et le libéral Yvon Boivin (30,26 %). Il est toutefois un peu tôt, note Dominic Therrien, pour savoir s’il envisage de briguer à nouveau la circonscription de Trois-Rivières. 

Les règles pourraient restreindre le nombre de candidats

Ceci étant dit, la course à la succession du chef conservateur Andrew Scheer est désormais officiellement lancée, avec la publication de règles et d’échéanciers susceptibles de restreindre le nombre de prétendants.

L’appel de nominations a formellement commencé lundi et la douzaine de personnes qui ont déjà manifesté leur intérêt — dont l’ancien premier ministre du Québec Jean Charest, l’ancienne ministre Rona Ambrose et au moins trois députés actuels — devraient commencer à mettre en œuvre une véritable campagne.

Les candidats auront trois obstacles à franchir pour que leur nom figure sur le bulletin de vote.

Pour être approuvés en tant que «demandeur autorisé», ils ont jusqu’au 27 février pour payer le premier versement non remboursable de 200 000 $ de frais d’inscription, ainsi que pour recueillir 1000 signatures de membres du parti de 30 circonscriptions réparties dans sept provinces ou territoires.

Après cette date limite, les candidats auront besoin de 1000 signatures supplémentaires et devront verser un dépôt de conformité remboursable de 100 000 $ pour avoir accès à la liste des membres du parti et pour avoir une place dans les débats.

En plus de ces exigences, ils devront encore obtenir 1000 signatures supplémentaires avant le 25 mars.

Ces trois étapes augmentent les exigences par rapport à ce qui avait été mis en place lors de la précédente course à la direction, remportée par M. Scheer.

«Les règles sont les mêmes pour tout le monde. Évidemment, quand tu t’embarques dans une telle aventure, tu ne peux pas le faire tout seul. Alors oui il y a une équipe derrière ça. Et je suis conscient des critères élevés», soutient Dominic Therrien. 

«Je crois que ce sont de bonnes règles pour le parti pour éviter d’avoir 14 ou 15 candidats comme l’autre fois, en 2017.»

Les frais d’inscription de 200 000 $ ne seraient pas un frein à une possible candidature, assure l’avocat originaire de Trois-Rivières. Il indique que son expérience dans le monde des affaires lui a permis de se développer un important réseau de contacts. 

En 2017, le coût était de 100 000 $, divisé entre un dépôt de conformité remboursable et un segment non remboursable. Seulement 300 signatures de membres étaient nécessaires, même si elles devaient également provenir de 30 circonscriptions de sept provinces ou territoires différents.

La course s’est étalée sur plus d’un an. Le règlement a été publié en mars 2016, la date limite d’inscription était le 24 février 2017 et les membres du parti ont élu le nouveau chef le 27 mai.

La présente course aura été lancée et conclue sur une période beaucoup plus courte — le nouveau chef doit être annoncé le 27 juin.

La campagne de 2017 comptait 14 noms sur le bulletin de vote, ce qui a provoqué une certaine grogne quant à l’impossibilité d’avoir des débats politiques de fond. Des pressions ont été exercées sur les organisateurs de la course à la direction cette fois-ci pour voir si les règles pouvaient être structurées afin de restreindre le nombre de candidats.

Deux niveaux de candidats

Dans la plupart des courses à la direction, il y a deux niveaux de candidats, a souligné Jamie Ellerton, un stratège conservateur de la firme Conaptus.

Un premier groupe est formé de candidats perçus comme ayant une chance de l’emporter; le deuxième est composé de personnes perçues comme cherchant à se faire connaître à d’autres fins politiques.

Mais les règles de la présente course, notamment le nombre de signatures et les différents échéanciers, laissent croire que les candidats qui se lanceront seront ceux qui ont déjà un plan en place, a-t-il fait valoir. «Ce que je pense que ces règles font, c’est exclure la possibilité pour un candidat totalement peu sérieux comme Kevin O’Leary de plonger, de faire les manchettes pendant plusieurs semaines, puis de se retirer, parce que les exigences sont si grandes», a-t-il déclaré.

M. O’Leary, un magnat des affaires et vedette de la téléréalité, a brièvement rejoint la course en 2017, mais a abandonné quelques mois plus tard après avoir échoué à obtenir suffisamment de soutien au Québec.

Avec La Presse Canadienne