La députée libérale de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, ne se représentera pas aux prochaines élections.

D'imbroglios en imbroglios

La décision inattendue de la députée libérale de Trois-Rivières, Danielle St-Amand de se retirer de la vie politique, annoncée jeudi à son chef Philippe Couillard et confirmée lundi matin au cours d'une rencontre médiatique où l'émotion était perceptible, a déclenché chez les libéraux une véritable chasse aux candidats, pleine de rebondissements.
Danielle St-Amand a expliqué que les problèmes causés par l'ischémie cérébrale transitoire, dont elle avait été victime en octobre et qui l'avait forcée au repos par la suite, persistent à ce point qu'elle ne pouvait disposer à ce moment-ci des ressources nécessaires pour traverser une campagne électorale forcément exigeante. Un récent bilan médical, dont elle a reçu les résultats la semaine dernière, l'a forcée à prendre cette décision qu'elle a présenté comme crève-coeur.
Il n'est donc pas question pour elle de s'engager non plus avant trois ou quatre mois, peut-être davantage, dans une carrière professionnelle privée.
L'Institut du Québec, que vient de fonder l'ex-ministre des finances Raymond Bachand, qui est à l'origine de sa venue en politique et qu'elle avait appuyé durant sa campagne infructueuse au leadership du parti, n'est donc pas à l'origine de sa décision, comme cela avait été suggéré dans certains milieux politiques.
Son départ imprévu a forcé son parti, alors que des élections générales sont imminentes au Québec, à trouver un nouveau candidat pour la circonscription de Trois-Rivières. Une recherche qui prend parfois des allures invraisemblables.
Lors de son point de presse lundi matin, Mme St-Amand assurait qu'il était acquis que les libéraux disposeraient d'un excellent candidat pour le comté. On n'en était plus à l'approche de candidats potentiels, mais dans l'attente d'une fin de réflexion qui apparaissait avancée de la part d'un ou deux pressentis.
Plusieurs noms de candidats potentiels ont circulé tout le week-end, comme l'ex-candidat libéral au fédéral, l'avocat Jean-Éric Guindon ou le président du Groupe S.F.P., François Massicotte. Marcelle Girard, qui avait été candidate à la mairie aux dernières élections municipales à Trois-Rivières, reconnaissait aussi avoir été approchée pour mesurer de son intérêt, sans cependant que les discussions soient allées plus loin.
Puis, la candidature du directeur à la Direction du patrimoine, au Groupe Desjardins du Centre Godefroy, Jean-Denis Girard, est devenue officieusement officielle... jusqu'à ce que celui-ci nous affirme que ce ne sera pas le cas. L'ex-président de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur du Québec, qui s'était beaucoup fait connaître dans le dossier de déclassement de la centrale nucléaire Gentilly-2 et qui était devenu l'agent d'élection d'Yves Lévesque, avant de s'en désister, aurait effectivement constitué une candidature solide pour les libéraux. C'est peut-être pour cela que dans le clan libéral, on s'est empressé de prendre pour acquis qu'on détenait son homme.
Jean-Denis Girard, qui avait déjà décliné une offre de candidature libérale pour Nicolet-Bécancour, admet avoir reçu beaucoup d'appels et d'encouragement au cours des derniers jours pour faire le saut dans Trois-Rivières. S'il ne dit pas non à la politique, le moment n'est pas propice pour lui à ce moment-ci, en raison de sa carrière professionnelle chez Desjardins qu'il ne veut pas mettre en cause.
L'énigme libérale va donc persister pour Trois-Rivières, tout comme c'est le cas pour le Parti québécois et la Coalition avenir Québec. Il y a moins de trois semaines, lors de leur caucus de Shawinigan, des dirigeants péquistes affirmaient qu'ils avaient déjà trouvé leur candidat pour Trois-Rivières, sans dévoiler son nom, en assurant qu'on ne parlerait pas cette fois-ci de vedette nationale du parti, comme ce fut le cas en 2012 avec Djemila Benhabib.
Le seul nom qui a toujours circulé et qui n'a jamais fait l'objet d'un démenti était celui de l'avocat François Rioux. Mais Le Nouvelliste révélait hier une rencontre que l'on voulait secrète tenue dimanche entre l'organisation locale et l'ex-journaliste Alexis Deschênes, présenté comme un éventuel «candidat de calibre, d'envergure», bref, de portée nationale.
Tout cela reste quand même étonnant que tant chez les libéraux que chez les péquistes, on oublie la CAQ qui éprouve des difficultés de recrutement, à la veille du déclenchement des élections, même dans les hautes instances, on ne sache pas encore où on s'en va dans Trois-Rivières... et avec qui?