Les députés caquistes Donald Martel, Sylvie Roy et Sébastien Schneeberger ont critiqué la pluie d'annonces du PQ.

«Digne de l'époque Duplessis»

«La population n'est pas dupe. On a retenu des annonces pour le blitz. C'est digne de l'époque de Duplessis. Je revois Maurice qui donnait des cinq cents dans le parc Victoria».
Voilà comment la députée caquiste d'Arthabaska, Sylvie Roy, a décrit la tournée exceptionnelle du gouvernement péquiste qui multiplie les annonces en région depuis le début de la semaine.
Entourée de ses deux collègues de la CAQ au Centre-du-Québec, elle a souligné que «ça coûte cher en limousine et en frais de personnel pour annoncer 18 000 dollars». «Je n'ai jamais vu ça», a lancé Mme Roy.
Pour sa part, le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, questionne le nombre d'emplois créés avec les 60 millions de dollars annoncés depuis vendredi dernier.
«On va se réjouir quand on va créer des emplois. Tel le corbeau de la fable de La Fontaine, la région doit demeurer sur ses gardes et ne pas se laisser chanter la pomme par un renard n'ayant aucun scrupule à utiliser la carte de crédit de nos enfants pour distribuer à qui mieux mieux des cadeaux à saveur on ne peut plus électoraliste», a-t-il commenté lors d'un point de presse à l'Auberge Godefroy.
Et celui-ci a tenu à rappeler qu'il s'agit du même gouvernement qui a renié sa promesse d'abolir la taxe santé et annoncé la fermeture de Gentilly-2 avec ses 850 emplois, et sous lequel une hausse de 5,8 % des tarifs d'électricité est à l'étude et les taxes scolaires ont augmenté de 25 %.
«Ce gouvernement se comporte de manière totalement irresponsable. Il vit sur une autre planète par rapport à la gestion de notre argent. Il s'est fait des petits amis avec des chèques, mais il n'est pas l'ami des contribuables du Québec», a ajouté M. Martel, qui a signalé au passage la perte de 12 000 emplois en deux ans dans la région et le déficit de 2,5 milliards de dollars.
D'ailleurs, sa collègue d'Arthabaska invite la population à voter pour la CAQ, un parti, dit-elle, qui veut redonner de l'argent aux Québécois «et une marge de manoeuvre pour les gens qui paient».
«Pauline Marois a les deux mains attachées avec le syndicat. On ne doit rien à personne», affirme Sylvie Roy. «On aura 35 jours pour démontrer notre belle équipe économique. François Legault a bâti une entreprise», renchérit Donald Martel pour qui la prochaine campagne aura comme enjeu la question suivante: à qui confier son portefeuille?
Ce dernier dit craindre que le gouvernement laisse croire à la population que l'usine de silicium métal de FerroAtlántica s'en aille à Shawinigan alors que le dossier n'est pas attaché, Baie-Comeau et Saguenay étant toujours dans la course à son avis.
«Et en ce qui concerne le Fonds de 200 millions de dollars, il y a un manque de transparence. Un autre comité a été formé et il y a beaucoup d'amis du PQ», a-t-il déclaré, dénonçant la présence de Jean-Guy Paré, «un admirateur de Pauline Marois» selon Sylvie Roy, qui n'a plus son chapeau de président du CLD pour y siéger.
«Un show de boucane»
Du côté libéral, la députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand parle d'un «show de boucane» et «d'une grosse opération de marketing» alors qu'il y a un an, «les gens de la région avaient été laissés à eux-mêmes».
«L'année dernière, j'avais offert à la première ministre et à la ministre des Ressources naturelles une carte géographique pour leur dire c'est où la Mauricie et le Centre-du-Québec. Mais elles se cachaient dans leur bureau de Québec après avoir coupé des jobs chez nous», a-t-elle raconté, faisant référence à la décision du gouvernement de fermer Gentilly-2.
Selon la représentante trifluvienne, la majorité des annonces relèvent de programmes normés, de budgets discrétionnaires ou de fonctionnement récurrent.
«Il n'y a pas eu d'annonces d'emplois alors qu'on en a perdu 2300 à Trois-Rivières dans la dernière année», conclut celle qui s'attend à ce que «les gens soient capables de voir clair dans ce jeu-là».