Isabelle Gélinas, 1re vice-présidente au Conseil central du Cœur du Québec-CSN et Dominique Jutras, présidente du Syndicat régional des CPE du Cœur du Québec, se désolent de l’attitude de la direction du CPE Les services de garde Gribouillis quant à l’application des modalités de la convention collective.

Difficiles relations de travail au CPE Gribouillis

Louiseville — Une vingtaine de travailleurs, surtout des femmes, ont manifesté devant le CPE Les services de garde Gribouillis, à Louiseville, vendredi en fin de journée. Ils déplorent l’attitude de la direction de l’établissement quant à l’application des modalités de la convention collective, signée le 8 février dernier. Des pauses rémunérées pour toutes les catégories de travailleurs et le respect des normes du travail en matière d’attribution des périodes de vacances sont au cœur de leurs revendications.

Selon le syndicat, les relations sont extrêmement difficiles entre les travailleurs et la direction depuis que ceux-ci ont décidé de se syndiquer. Il aura fallu deux ans de négociation pour en arriver à la signature de la première convention collective en février dernier, relate Dominique Jutras, présidente du syndicat.

Le syndicat déplore que ce qu’il qualifie de «coquille» dans la convention collective prive six travailleurs de pauses rémunérées. C’est que le document d’une centaine de pages, explique-t-on, réfère toujours aux «travailleurs», sauf pour la clause établissant les modalités des pauses-santé, où il est plutôt question «d’éducatrices».

Les travailleurs auraient donc reçu un mémo de la direction en mars dernier stipulant «qu’à compter du 11 mars 2019, la pause-santé pour le personnel administratif et de soutien ainsi que pour les cuisinières ne sera plus rémunérée». Dominique Jutras soutient qu’il s’agit d’une erreur dans la rédaction de la convention et qu’elle a échappé à l’attention du syndicat. Or, elle fait valoir qu’avant la signature de la convention, tous sans exception bénéficiaient de pauses rémunérées. Elle déplore une application «à la dure» de la convention et se désole que les revendications auprès de la direction demeurent lettre morte.

Par ailleurs, les travailleurs dont les vacances ont été refusées se sont vus interdire de les «replacer dans le calendrier», s’indigne le syndicat. La direction repousserait la décision en attendant que se précise la situation. Elle aurait l’intention d’attendre à la dernière minute pour prévenir les travailleurs de la possibilité ou non d’accorder les vacances aux dates demandées. Or, l’article 72 de la loi sur les normes du travail stipule qu’«un salarié a le droit de connaître la date de son congé annuel au moins quatre semaines à l’avance».

Dominique Jutras s’explique mal l’attitude de la direction et se questionne sur ses motivations réelles. Le syndicat a bien tenté d’interpeller le conseil d’administration de l’établissement, indique-t-elle, mais sans succès. Une rencontre du comité des relations de travail est prévue le 26 juin prochain. «On souhaite ardemment que ça se règle», martèle Dominique Jutras. Si aucune solution n’est trouvée, le syndicat entend poursuivre ses moyens de pression, tout comme il n’exclut pas de porter plainte de façon formelle. Mme Jutras se désole par ailleurs que l’on ait a faire tant de bruit pour si peu.

«La majorité des travailleuses ici ont vingt ans d’ancienneté dans le milieu», souligne la présidente du syndicat. Elle maintient que depuis l’arrivée de la directrice, il y a environ huit ans, le mode de gestion de l’établissement est passé d’une dynamique de cogestion à un mode beaucoup plus directif.

Le CPE Les services de garde Gribouillis compte trois établissements, soit un à Louiseville, un à Saint-Paulin et un à Sainte-Ursule. Il dessert au total plus d’une centaine d’enfants. La direction de l’établissement a décliné toutes les demandes d’entrevue faites par Le Nouvelliste.