Les équipes d'Hydro-Québec et de la Ville ont travaillé toute la journée pour venir à bout de la panne de la station de pompage.

Déversement d'eaux usées dans le Saint-Maurice

TROIS-RIVIÈRES — Un bris survenu sur un transformateur électrique a forcé la Ville de Trois-Rivières à déverser tout près de 60 millions de litres d’eaux usées dans la rivière Saint-Maurice, mardi. Le bris survenu au poste de pompage principal du secteur Cap-de-la-Madeleine a causé le déversement à la hauteur du pont ferroviaire situé près de l’usine Kruger-Wayagamack.

Une alarme destinée aux responsables de l’assainissement des eaux à la Ville a retenti vers 3 h dans la nuit de lundi à mardi, les informant que la panne venait de survenir sur le transformateur électrique et que, dans les circonstances, la station n’était plus en mesure d’effectuer le pompage.
«Lorsque le pompage cesse, c’est une mesure automatique, les eaux usées se déversent dans la rivière. C’est conforme aux normes du ministère de l’Environnement, et même prévu à la Loi», précise Yvan Toutant, porte-parole au cabinet du maire de Trois-Rivières. En fait, sans cette soupape de «sécurité», ajoute M. Toutant, les eaux usées pourraient se retrouver à refouler dans les sous-sols des maisons situées dans ce secteur.
«Nous nous sommes affairés à réparer le tout le plus rapidement possible avec la collaboration d’Hydro-Québec», indique
M. Toutant. La situation, qui devait être rétablie au courant de la nuit, a finalement pu revenir à la normale vers 19 h, moment où la Ville a reçu la confirmation que la station de pompage était de nouveau effective.
Les estimations de la Ville, mardi, étaient à l’effet que 60 000 mètres cubes d’eaux usées se sont déversées dans la rivière, ce qui correspond environ à 60 millions de litres d’eau. Le déversement a été moins important qu’anticipé, étant donné le règlement hâtif du problème vers 19 h. Les premières estimations de la Ville s’élevaient à 82 millions de litres d’eau, un chiffre qui a été revu à la baisse lorsque les travaux ont été complétés avec de l’avance.
La Ville a tout de même bon espoir que ce déversement ne cause pas de dommages en aval de la rivière, notamment sur les berges est de l’île Saint-Quentin. Un suivi devrait d’ailleurs être fait en ce sens au cours des prochains jours et des prochaines semaines, mentionne Yvan Toutant. Toutefois, le conseiller Pierre-Luc Fortin, aussi président de la Corporation du parc de l’Île Saint-Quentin, est d’avis que le courant aura certainement mené les eaux usées plus à l’est, en longeant davantage l’île de la Wayagamac, avant d’être emportées vers le fleuve Saint-Laurent.
Un autre déversement, celui-là plus important, était survenu en juin 2016 à la même hauteur, après que la foudre eut causé une explosion et un incendie, causant des dommages considérables au système de pompage. Cette fois, c’était 150 millions de litres d’eaux usées qui avaient été déversées dans la rivière.
À titre comparatif, lorsque Montréal avait déversé ses eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent lors du «flushgate» de l’automne 2015, ce sont 4,9 milliards de litres d’eaux usées qui avaient été déversés. Toutefois, la situation est relativement différente de celle du «flushgate», étant donné que Montréal avait planifié des travaux à son usine de filtration, alors que l’événement survenu à Trois-Rivières résulte d’un bris qu’on ne pouvait pas planifier à l’avance, constate Yvan Toutant.
«Nous ne sommes pas à l’abri de bris inattendu, mais on a bon espoir que le déversement n’aura pas causé de problèmes majeurs», a signalé le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, en marge de la séance régulière du conseil municipal mardi soir.

C'est au poste de pompage du secteur Cap-de-la-Madeleine, sur la rue Vachon, qu'est survenu le bris.