Le climat à Saint-Élie-de-Caxton semble encore tendu.

Développement Saint-Élie-de-Caxton: «On nous met des bâtons dans les roues»

SAINT-ÉLIE-DE-CAXTON — Une autre voix s’élève contre le style de gestion de la Municipalité de Saint-Élie-de-Caxton. Après avoir été l’objet de critiques provenant du syndicat des employés, après avoir vécu le départ d’employés et de conseillers depuis les derniers mois et après avoir été impliquée dans une mésentente avec le conteur Fred Pellerin, voilà que Saint-Élie est ciblée par Gilbert Guérin, un bénévole de longue date qui reproche au conseil de manquer de collaboration et d’ouverture. M. Guérin accuse même le maire Robert Gauthier de faire du chantage politique avec de l’argent public.

M. Guérin est le président de Développement Saint-Élie-de-Caxton, un regroupement fondé durant l’hiver dernier pour favoriser le développement social, culturel, communautaire, économique, récréotouristique et durable. M. Guérin prend une pause de la présidence de cette organisation, car il n’en peut plus de se heurter à un manque de dialogue et de communication de la part de l’administration municipale, soutient-il.

«Depuis notre création, on a l’impression que le conseil nous voit comme des opposants. On nous met des bâtons dans les roues. En aucun temps, le maire et les conseillers ne nous appellent pour travailler avec nous. Je les ai contactés à plusieurs reprises par courriel et en aucun temps, le maire et les conseillers nous contactent pour dire qu’on avance ensemble», raconte M. Guérin.

Le président donne comme exemples l’organisation de la Grande Tablée du 23 juin et de la Petite Fête, deux événements populaires à Saint-Élie. Selon lui, l’organisme a négocié durant deux mois avec la Municipalité pour obtenir un appui financier pour la Grande Tablée. L’appui est venu de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie, affirme M. Guérin, qui a remis 2000 $ à la Municipalité pour qu’elle redonne cette somme à Développement Saint-Élie.

Le 31 août, la 15e Petite Fête a lieu à Saint-Élie et a à sa programmation une épluchette de blé d’Inde. L’organisme espérait 5000 $ de la part de la Municipalité, celle-ci accorde 1000 $.

«Le conseil a sorti de son chapeau un programme, une politique de soutien aux associations et le 5 août, il nous dit qu’il ne peut pas nous aider financièrement. On nous donne jusqu’au 9 août pour présenter notre bilan financier. On a répondu à ça. Le 12 août, le conseil donne 1000 $. Le conseil voulait faire l’épluchette de blé d’Inde (comme cela s’est fait dans le passé). Mais on s’est dit qu’avec toutes les difficultés qu’on a eues, on décide que ce sont nos bénévoles qui vont faire l’épluchette. Le conseil le prend comme un affront et le maire nous dit qu’il remettait en question la participation financière de la Municipalité, une décision adoptée par résolution. Il a retenu l’argent jusqu’au 9 septembre», affirme M. Guérin, en parlant de la somme de 1000 $ pour la Petite Fête, mais aussi des 2000 $ pour la Grande Tablée.

Gilbert Guérin est le président de Développement Saint-Élie-de-Caxton.

Selon Gilbert Guérin, la réception tardive de cet argent a forcé l’organisme à se virer de bord financièrement parlant. Une campagne de financement d’urgence a été menée pour être en mesure de payer des fournisseurs de services lors de la Petite Fête en attendant que l’argent de la Municipalité entre dans les coffres du regroupement.

Questionné à savoir si Robert Gauthier faisait du chantage avec l’argent des contribuables, Gilbert Guérin donne cette réponse. «Absolument! J’étais certain que la Municipalité nous appuierait, car ce sont deux événements importants. On a eu 500 personnes pour la Grande Tablée et 1000 personnes pour la Petite Fête. Le maire évoque dans la dernière Infolettre qu’on a brisé une tradition avec l’épluchette de blé d’Inde. Mais à partir du moment où les élus ne veulent pas collaborer à un événement, est-ce qu’on leur donne de la place? On est désolé si le conseil le prend comme ça.»

Dans le bulletin municipal de septembre, Robert Gauthier écrit que la Municipalité fournit 1000 $ et le prêt d’équipements pour cet événement et confirme qu’il s’organise de l’épluchette et du service du maïs. Le maire raconte que le conseil a maintenu ses engagements malgré le fait que Développement Saint-Élie l’ait exclu de cette tradition.

«Les seuls à être fâchés de ne pas avoir été là sont les membres du conseil, dit M. Guérin. Je ne répondrai pas à ça (le message du maire). L’événement existe depuis 15 ans. Tous les foyers ont été invités. Le conseil a tout fait pour ne pas nous aider et on va lui donner une tribune? Ça n’a aucun sens.»

Une pause semble tout indiquée pour Gilbert Guérin qui assure que cela ne changera rien au regroupement. La secrétaire, Nicole Lefebvre, assume l’intérim à la présidence.

«On ne veut pas faire de chicane, mais à un moment donné, ça n’a pas de bon sens. Avant, on avait l’impression qu’on pouvait tout faire à Saint-Élie, on avait la collaboration de la Municipalité. Actuellement, qui irait parler du rayonnement de Saint-Élie?»

Le Nouvelliste n’a pu entrer en contact avec Robert Gauthier.