Les membres du 5e Groupe-brigade mécanisée du Canada ont été les premiers arrivés sur les lieux de l’accident, le 21 octobre, à Lundamo, en Norvège.

Deux Stéphanois interviennent lors d’un accident mortel en Norvège

TROIS-RIVIÈRES — Des membres des Forces armées canadiennes, dont deux militaires originaires de Saint-Étienne-des-Grès, sont intervenus la semaine passée sur les lieux d’un accident mortel à Lundamo, en Norvège.

L’incident s’est produit le matin du 21 octobre alors que des membres du 5e Groupe-brigade mécanisée du Canada, déployé en Norvège dans le cadre de la mission de l’OTAN «Trident Juncture», étaient sur la route dans un véhicule militaire. Sous leurs yeux, un poids lourd est entré en collision avec une camionnette.

«On était les premiers sur les lieux. Quand on est arrivés, le véhicule était sur le toit, en très mauvais état. On a essayé d’ouvrir les portes, pour voir si les victimes étaient encore vivantes à l’intérieur. On a viré le véhicule pour le remettre sur ses roues et on a cassé la fenêtre, mais malheureusement, il n’y avait plus rien à faire», explique le caporal Karl Boisvert, réserviste depuis deux ans et Stéphanois d’origine.

Son collègue, le caporal-chef Khamphong Phantavong, Thaïlandais d’origine, mais Stéphanois d’adoption, a pris en charge les opérations de sauvetage, aidé par son bagage d’instructeur en premiers soins.

«On a pris la décision de virer le véhicule sur ses roues, c’est comme ça qu’on a réussi à avoir un visuel sur la tête de la personne. Une fois la vitre brisée, on a pris ses signes vitaux, mais il n’y en avait aucun», raconte-t-il.

Les militaires canadiens se sont également chargés de gérer la circulation et les risques d’incendie des véhicules en attendant l’arrivée des services ambulanciers norvégiens, qui sont arrivés quelques minutes après l’accident. Malgré leur capacité à agir rapidement, les membres du 5e Groupe-brigade étaient amers de ne pas avoir pu sauver le conducteur de la camionnette.

«C’est sûr qu’en tant que militaires, on veut tous aider et sauver le monde. On est tous déçus de ne pas avoir sauvé la personne, mais on a fait tout ce qu’on pouvait faire», insiste M. Boisvert.

De gauche à droite, à l’avant: Khamphong Phanthavong et Karl Boisvert. Dans le même ordre, à l’arrière: Jean-Luc Mutezintare, Teague Bruneau, Guillaume Boily, Dominique Lapointe, Raphael Bilodeau, Samuel Pineau-Sauvé, Mathieu Néron, Maxime Pelletier et Christian Hébert.

«Un réflexe»

S’il n’est pas appelé à intervenir quotidiennement lors d’accidents de la route alors qu’il est déployé à l’extérieur de son pays, ce n’est pas la première fois qu’une telle situation arrive à M. Phantavong, qui compte 14 ans de services dans l’armée régulière.

«Ça m’est arrivé l’an dernier, au Texas. C’était en plein milieu de la nuit, je venais de finir mon quart de travail quand une personne s’est endormie au volant et a frappé un garde-fou. J’ai sauté par-dessus la clôture pour aller l’aider, j’étais le premier sur les lieux. Cette fois-là, la personne était encore vivante», témoigne-t-il.

Selon M. Phantavong, les militaires canadiens reçoivent tous une formation en premiers soins. Cette formation fait qu’intervenir de la sorte est pour eux une seconde nature.

«Ils agissent comme tout bon citoyen canadien, surtout qu’ils ont une formation en premiers soins, souligne Chantal Crepeau, responsable des affaires publiques des Forces armées canadiennes, elle aussi affectée en Norvège. C’est un réflexe naturel de s’arrêter et de porter assistance aux personnes dans le besoin. Ça fait partie de notre entraînement et de notre mission que d’aider les gens quand arrive ce genre de situation.»

«Ça devient presque instinctif de le faire», ajoute M. Phantavong.

Quelques blessures

Une fois les opérations prises en charge par les autorités norvégiennes, le convoi canadien a repris sa route. L’incident aura toutefois laissé quelques marques chez les militaires. «Ce n’est pas le genre de chose qu’on vit au quotidien, alors certains membres de l’équipe ont été secoués par cet événement-là», concède M. Phantavong.

Plusieurs membres du Groupe-brigade ont également subi des coupures aux mains à cause du verre brisé. Comble de malchance, le caporal Boisvert a pour sa part subi une microfracture de la main, ce qui l’a forcé à se rendre à l’hôpital pour se faire faire un plâtre. Entre temps, les médias locaux avaient rapporté l’accident et l’intervention de militaires canadiens, ce qui a fait de ces derniers des célébrités locales. «À l’hôpital, les gens avaient entendu parler de nous et nous remerciaient pour ce qu’on avait fait», témoigne le réserviste.

Malgré son plâtre, M. Boisvert tenait mordicus à continuer à faire partie de la mission canadienne en Norvège. Il a pu être réaffecté à un autre poste le temps que sa main guérisse. «Il continue à faire partie de l’équipe, assure M. Phantavong. L’autre jour, je lui ai offert de porter à sa place son fusil-mitrailleur et il m’a dit: ‘‘non, je suis capable tout seul’’!»

Plus de 50 000 militaires provenant d’une trentaine de pays membres de l’OTAN participent à l’exercice «Trident Juncture» en Norvège. L’exercice militaire, l’un des plus importants à s’être jamais déroulé dans le pays, selon le site internet des Forces armées norvégiennes, doit se poursuivre en novembre.