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Une éclosion s’est déclarée au centre multiservices de santé et de services sociaux Cloutier-du Rivage.
Une éclosion s’est déclarée au centre multiservices de santé et de services sociaux Cloutier-du Rivage.

Deux résidents vaccinés testés positifs à la COVID-19 au CHSLD Cloutier-du Rivage

Sébastien Lacroix
Sébastien Lacroix
Le Nouvelliste
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Trois-Rivières – Une éclosion s’est déclarée au centre multiservices de santé et de services sociaux Cloutier-du Rivage, qui avait été le premier CHSLD de la région a recevoir des doses du vaccin de Pfizer, avant Noël. Ce sont en effet deux résidents qui avaient été vaccinés qui ont contracté la COVID-19. Ce qui soulève des craintes sur l’immunité du vaccin.

«Il est encore tôt pour en tirer des conclusions. Parce qu'on doit attendre les résultats du dépistage qui est fait auprès du personnel et des résidents. Si on demeure avec deux résidents infectés, nous allons demeurer en dessous du 10%», estime la chef des services aux communications externes du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, Geneviève Jauron.

La première dose du vaccin est en effet censée être efficace à 90 % 14 jours après son administration. Ce délai avait été atteint, puisque les deux résidents infectés avaient été vaccinés dans la semaine du 22 décembre, en même temps que les 152 autres qui ont reçu une dose au CHSLD Cloutier-du Rivage.

«Une analyse est en cours afin de connaître l’origine de l’éclosion et mieux comprendre la transmission du virus de personnes vaccinées», nous a fait savoir Geneviève Jauron. La directrice de la Santé publique régionale, la Dre Marie-José Godi, doit d’ailleurs faire le point avec les médias, mercredi après-midi.

Un dépistage a également eu lieu, mardi, auprès des résidents et du personnel pour savoir si d’autres cas se sont manifestés. D’ailleurs, en plus des deux résidents, il y a également un travailleur de la santé qui a reçu un résultat positif à la COVID-19. On ne savait pas mardi si le travailleur avait reçu le vaccin.

Comme dans chaque situation d’éclosion, le CIUSSS agit rapidement pour limiter la propagation du virus dans l’installation par la mise en place de mesures de prévention et contrôle des infections (PCI) qui sont en cours, comme l’isolement des résidents, une équipe dédiée aux résidents atteints avec environnement dédié (salle de pause et vestiaires) et la présence d’une équipe de professionnels pour refaire de l’enseignement sur les bonnes pratiques en prévention et contrôle des infections.

S'il s'agit d'une première dans la région que des personnes vaccinées contractent la COVID-19, la situation au CHSLD Cloutier-Du Rivage n'est pas unique. La Presse rapportait en effet, mardi soir, que sept résidents du CHSLD Maimonides ont reçu un diagnostic positif après avoir reçu la première dose. 

« Aucun vaccin n’est efficace à 100 %, et on sait qu’une partie des gens vaccinés tombera malade, a rappelé le Dr Gaston De Serres, épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), en entrevue à La Presse. Si on est déjà infecté au moment de recevoir le vaccin, on peut faire la maladie. Si on est infecté rapidement après avoir reçu le vaccin, on peut avoir la maladie (…) L’infection de résidants vaccinés est donc prévisible, même si c’est évidemment très triste, puisqu’on peut penser que s’ils avaient été vaccinés deux semaines plus tôt, ils n’auraient pas été malades ».

L'éclosion qui survient dans un milieu où la majorité des résidents avait été vaccinés peut tout de même soulever des questions sur le report de la deuxième dose, croit pour sa part le président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers du CIUSSS MCQ, Pascal Bastarache, qui s'inquiète également pour les travailleurs.

«On est quand même au courant qu'il n'est pas à pleine capacité et que c'est un risque. Je ne suis pas tant surpris. Parce qu'on l'avait dit d'emblée que la maximisation du vaccin était après la deuxième dose», concède-t-il. 

Il espère que la stratégie de reporter la deuxième dose puisse changer advenant que  l'éclosion continue de prendre de l'importance. «Si on voit que des gens recommencent à tomber malades dans des milieux comme ceux-là, j'espère que la direction de la Santé publique va revoir son plan de match et s'assurer de donner les deuxièmes doses aux personnes qui ont été vaccinées. Parce que si on vaccine les personnes les plus vulnérables et qu'ils tombent malades malgré ça, ça va être problématique, continue-t-il. Ce sera un coup d'épée dans l'eau.»

Un autre centre d'hébergement de Trois-Rivières retient également l'attention, soit le CHSLD Cooke, où une éclosion s'est déclarée en fin de semaine. Déjà 24 personnes ont été infectées, soit 12 employés et 12 usagers. Un prochain dépistage aura lieu mercredi pour vérifier si d'autres cas se sont ajoutés. 

L'éclosion demeurera sous surveillance encore quelques jours et il est encore trop tôt pour savoir si elle est sous contrôle. «Comme la période d'incubation est de 14 jours, il est normal, malgré toutes les mesures de prévention et contrôle des infections, que de nouveaux résidents présentent un résultat positif. Plusieurs dépistages auprès des résidents et travailleurs doivent être réalisés avant de se prononcer sur l'évolution de la situation», rappelle Geneviève Jauron. 

Le nombre de cas à la hausse

Après avoir enregistré des baisses au cours de la fin de semaine, le nombre de cas était à la hausse dans le dernier bilan journalier dévoilé par le CIUSSS MCQ, mardi. Ce sont en effet 93 cas qui ont été confirmés dans la région, dont 33 en Mauricie et 60 au Centre-du-Québec.

Le nombre de personnes rétablies a augmenté de 127. Ce qui fait en sorte que le nombre de cas actifs a diminué de 36, pour s'établir à 1022, dont 318 en Mauricie et 704 au Centre-du-Québec. Aucun décès n'a été enregistré dans la région.

Pour ce qui est des hospitalisations, on compte 37 places qui sont occupées dans les unités COVID de Drummondville et de Trois-Rivières pour un taux d'occupation de 66% dans les lits réguliers. Une personne a quitté les soins intensifs. Ce qui porte le total à quatre personnes qui sont prises en charge dans la région.

Enfin, si certaines régions du Québec ont été dans l'obligation de rehausser le délestage de façon beaucoup plus importante au cours des derniers jours, pour réaffecter du personnel de certains secteurs vers d'autres plus critiques en lien avec la pandémie, la situation demeure inchangée en Mauricie et Centre-du-Québec.

«Les cibles de délestage établies avec le ministère de la Santé et des Services sociaux au début du mois de décembre sont toujours les mêmes, soit 60 % des activités maintenues, souligne l'agente d'information du CIUSSS MCQ, Kellie Forand. Les services essentiels ont été maintenus, entre autres les chirurgies urgentes et semi-urgentes ainsi que les services en oncologie.»