Guylaine Bellemare

Deux réprimandes pour Bellemare

Saint-Justin — Alors que rien n’est retenu contre l’ex-maire Jean-Claude Gauthier en semblable matière, la conseillère Guylaine Bellemare écope de deux réprimandes de la Commission municipale du Québec pour avoir commis différents manquements au code d’éthique et de déontologie des élus de Saint-Justin.

La décision rendue le 21 décembre par la juge administrative Martine Savard indique que Mme Bellemare, aussi marguillière à la fabrique de Saint-Justin, a commis ces manquements pour une histoire d’entretien de terrain. La CMQ a reçu en décembre 2016 deux requêtes concernant une facture présumément gonflée ayant été présentée à la Municipalité au profit de la fabrique locale.

L’histoire commence en mai 2015. Selon le document de la CMQ, la conseillère Bellemare «rencontre l’entrepreneur pour négocier l’entente. Elle convient d’un montant de 600 $, alors que la valeur du contrat est de 300 $. Il est convenu que l’entrepreneur fera un don de 100 $ à la Fabrique. Le montant restant de 200 $ doit aussi être remis à la Fabrique. La conseillère Bellemare mentionne que ce montant compense la fabrique pour le ramassage des feuilles sur le terrain de la halte vélo. Le 25 mai 2015, l’entente est soumise au conseil municipal réuni en caucus. Les membres du conseil refusent l’entente, la trouvant trop onéreuse».

Lors d’une audience tenue le 14 novembre 2017, elle a reconnu qu’en tentant de négocier une entente entre les deux organismes, «elle se plaçait dans une situation de mettre en conflit l’intérêt de la fabrique et celui de la Municipalité». Elle a de plus manqué de prudence en donnant ses explications à ses collègues du conseil municipal. Son comportement contrevient aux articles concernant la prudence et les valeurs du code d’éthique, à la loyauté et au respect des citoyens et à la situation de conflit à éviter entre intérêt personnel et intérêt public.

Jointe vendredi, Mme Bellemare avoue sa maladresse dans ce dossier.

«Je ne savais pas que c’était fautif. Je n’ai pas apporté l’information convenablement. J’ai gonflé la facture de 200 $ pour aider la fabrique. Je n’ai pas volé d’argent, j’étais là pour aider tout le monde.»

Mme Bellemare dit avoir toujours la légitimité de siéger à titre de conseillère municipale, elle qui a eu le meilleur sur deux adversaires en novembre 2017. Et si elle a admis son comportement fautif neuf jours après l’élection, c’est en raison des nombreux reports de la cause par la CMQ.

«Je n’aurais pas pu faire ça avant», déclare Mme Bellemare.

Jean-Claude Gauthier

La conseillère ignore la somme exacte qui a été dépensée en frais d’avocat. Elle est convaincue qu’elle n’a pas à payer la facture qui sera assurément de plusieurs milliers de dollars.

«Je n’ai rien fait de mal. Pour 200 $, on se ramasse devant la Commission municipale du Québec et c’est les citoyens qui vont payer pour ça», déplore-t-elle.

Rien contre Gauthier
Les requêtes déposées en décembre 2016 par les ex-conseillers Denis Frappier et Robert Francoeur visaient non seulement Mme Bellemare, mais aussi l’ancien maire Jean-Claude Gauthier. Celui-ci était soupçonné d’avoir contrevenu à différents articles du code d’éthique et de déontologie concernant cette même histoire d’entretien de terrain. Mais le 30 novembre 2017, la CMQ a mis fin à l’enquête dans tout le dossier, si bien que rien n’a été retenu contre lui.

La CMQ s’est notamment basée sur la version de Guylaine Bellemare selon laquelle elle n’a pas informé le maire Gauthier des détails des démarches et des discussions qu’elle a eues avec l’entrepreneur en entretien. De plus, l’enregistrement audio des rencontres de travail ne démontre pas que le maire était impliqué dans les négociations.

L’ex-maire est heureux d’avoir un tel verdict de la part de la CMQ. Il déplore tout de même les événements qui se sont produits.

«Ça laisse des séquelles. Mais je ne suis pas du tout responsable de ce que des conseillers pouvaient faire, accuser une conseillère et la même chose pour moi. C’était tout à fait déloyal envers l’autorité de la Municipalité. Mais c’est humain. Ils sont allés avec leurs compétences. Tout ce qui me tient à garder le moral est que je me sens toujours appuyé par les gens. J’ai la sympathie de la population, je me le fais dire régulièrement.»

Selon M. Gauthier, les deux réprimandes de Guylaine Bellemare ne veulent rien dire.

«À mon point de vue, ce sont des réprimandes qui ne sont pas significatives. Il aurait suffi de bonnes explications. Mais ils l’ont mise de côté, car elle ne voulait pas être dans la gang qui critiquait tout ce que je faisais. Mais ceux qui m’ont malmené ont tous été battus (à l’élection de novembre). Peut-être que la population a vu clair», raconte M. Gauthier.

Johanne Pâquet, Denis Frappier et Robert Francoeur ont échoué dans leur tentative d’obtenir un renouvellement de mandat comme conseillers.