Pierre-Olivier Tremblay, recteur du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

Deux rencontres avec le pape en moins d’un an

Trois-Rivières — Après être devenu en juillet le plus jeune évêque du Canada, le recteur du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, Pierre-Olivier Tremblay, s’est rendu à deux reprises à Rome, où il a côtoyé le pape François, deux rencontres qui ont été pour lui fort marquantes.

Sa première rencontre avec le Saint-Père remonte à l’été dernier, peu de temps après son ordination, lorsque l’évêque de 47 ans est allé suivre une formation aux côtés de 200 nouveaux évêques, à Rome. «On a eu une audience avec le pape François, qui nous a reçus, raconte-t-il. Je m’étais préparé un petit texte en espagnol, mais je pense qu’il a vu assez vite que ce n’était pas ma langue naturelle! Il m’a serré la main et j’ai été vraiment touché de ça.»

La seconde fois où Mgr Tremblay a serré la main du dirigeant de l’Église catholique, c’était lors d’un colloque sur les sanctuaires, qui réunissait plus de 600 personnes, toujours à Rome. Le jeune évêque était d’ailleurs l’un des conférenciers de l’événement, qui était traduit simultanément en six langues.

«Sur 600 personnes, on était 30 à avoir la chance de lui serrer la main au nom des autres, souligne-t-il. Il a dit: ‘‘non, moi je veux serrer la main à tout le monde’’. Ça a duré une heure, juste serrer les mains. Mais les gens étaient tellement heureux de ça, parce que pour eux, ça n’arrive qu’une fois dans leur vie.»

«Quand je lui ai serré la main, je lui ai dit: Saint-Père, je suis au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap à Trois-Rivières et il m’a dit: ‘‘oui, oui, je connais. Je suis déjà allé’’. J’étais très content de ça!»

L’impression qu’a retenue Mgr Tremblay de son chef spirituel n’a d’ailleurs été que renforcée par ces rencontres. «C’est un homme qui est cohérent avec son message, qui est très humain. Pour lui, la foi, ça nous met en lien les uns avec les autres, ça nous ouvre, ça nous met en disponibilité pour vivre des rencontres et nous laisser toucher. C’est un homme profond et spirituel, mais en même temps, très humain, drôle, il raconte des blagues. C’est vraiment impressionnant.»

Les sanctuaires s’en sortent bien

Après avoir passé quelques jours à faire le point sur la situation et l’avenir des sanctuaires dans le monde, Mgr Tremblay croit qu’ils restent une constante dans une pratique de la religion catholique en changement. «Actuellement, dans le monde, le tourisme religieux est très important et en croissance, assure-t-il. Même au Québec, il reste qu’il y a très peu d’endroits comme les sanctuaires qui continuent à attirer autant. En allant à ce congrès, j’ai été épaté de voir que les sanctuaires, dans un monde éclaté comme le nôtre, gardent une raison d’être plus que jamais.»

La fréquentation du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap a effectivement augmenté de 14 % entre 2013 et 2017, selon un rapport publié en septembre par Innovation et développement économique Trois-Rivières. En 2017, 430 000 personnes ont visité les lieux. D’autres sanctuaires n’ont toutefois pas cette popularité. Celui de Notre-Dame-de-Lourdes, en France, a vu sa fréquentation chuter de 20 % au cours des dernières années, selon L’Express.

C’est peut-être pour éviter que l’attrait du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cape ne s’émousse que son recteur mise sur un projet de modernisation de plus de 44 millions $, dans l’espoir d’attirer plus de 700 000 visiteurs d’ici 10 ans. Mgr Tremblay estime d’ailleurs - tout comme le pape François, souligne-t-il - que l’Église doit s’adapter à son époque.

«On constate que la manière de vivre la foi continue d’évoluer. Le message ne change pas, il est toujours aussi pertinent, mais on doit trouver des nouvelles manières de le dire, de le vivre ensemble, et moi, j’ai confiance. On vit des périodes difficiles quand on reste attaché à une image de ce que c’est la religion, la foi et la spiritualité, mais j’ai eu la chance d’aller dans plusieurs pays et de voir que ça continue d’évoluer.»