Sylvain Arseneault, victime de la pyrrhotite, aimerait bien pouvoir retirer ses placements du Fonds de solidarité FTQ pour payer les travaux de reconstruction des fondations de sa maison.

Deux poids, deux mesures pour la pyrrhotite

Sylvain Arseneault, de Saint-Boniface, se bat avec le Fonds de solidarité FTQ depuis 2012 pour retirer ses placements afin de reconstruire les fondations de son domicile qui sont endommagées par la pyrrhotite.
Le Fonds de solidarité refuse systématiquement de céder à sa demande prétextant qu'elle ne répond pas au critère selon lequel on peut retirer des fonds en cas de sinistre. C'est que la pyrrhotite est considérée comme un vice de construction et non comme un sinistre, explique le porte-parole du Fonds de solidarité, Patrick McQuilken.
Interviewé hier sur les ondes du 106,9 FM, M. Arseneault était surpris et furieux d'avoir appris récemment qu'une autre victime de la pyrrhotite, Réjean Gagné de Trois-Rivières, a pu retirer ses placements du Fonds de solidarité FTQ pour cause de pyrrhotite en 2011.
Rejoint par Le Nouvelliste, M. Gagné confirme que tout ce que son épouse, Louise Bilodeau, possédait en frais de placements, au Fonds de solidarité FTQ, soit 9000 $, a été retiré en 2011 afin de faire face aux travaux connexes imposés par la réfection des fondations de leur maison qui était encore sous garantie.
«Ça a été un peu compliqué», reconnaît M. Gagné, mais faisable. Le couple a invoqué l'onglet du prospectus du Fonds de solidarité FTQ intitulé «Sinistre portant sur la résidence principale» pour justifier sa demande de retrait.
«À ce moment-là, j'étais responsable local pour le Fonds de solidarité pendant un an. Je vendais du Fonds de solidarité. Je ne sais pas si ça a aidé (pour le retrait des placements), mais je pense que oui», raconte M. Gagné qui travaillait alors chez Hydro-Québec. «Ça ne peut pas avoir nui», calcule-t-il.
Le Fonds reconnaît que l'épouse de M. Gagné a bel et bien reçu des chèques, mais les dommages invoqués pour retirer les fonds, «n'étaient pas reliés à la pyrrhotite», affirme catégoriquement le porte-parole du Fonds qui refuse toutefois de dévoiler les motifs de la demande. «Je ne peux pas entrer dans le dossier de Mme Bilodeau», plaide-t-il, mais ce n'est pas relié à la pyrrhotite», dit-il. M. Gagné est lui aussi très catégorique. Il n'existe aucun autre motif qu'il aurait pu invoquer pour accéder à cet argent, dit-il.
De son côté, le porte-parole de la Coalition Proprio-Béton, Yvon Boivin, estime que la situation «laisse entendre qu'il y a deux poids, deux mesures. L'impression que ça donne, c'est que si tu as des contacts au Fonds ça va, mais autrement on donne toutes les raisons pour ne pas reconnaître le sinistre», analyse-t-il.
«Il faut que les dirigeants expliquent pourquoi ils traitent les gens de façon aussi injuste et qu'ils corrigent le tir, qu'ils indemnisent tout le monde de façon égale», plaide M. Boivin.
«Ils ont créé un précédent. Ils ont reconnu une fois» que la pyrrhotite était considérée comme un sinistre, dit-il.
«On travaille avec le gouvernement du Québec pour trouver une solution pour les actionnaires qui sont affectés par ça», assure M. McQuilken.
«On a écrit aujourd'hui à Québec, à la suite d'une série d'échanges avec le gouvernement du Québec au cours du dernier mois et demi, depuis qu'on parle à M. Arseneault, pour demander qu'un dommage, un défaut, un vice qui fait l'objet d'un programme d'aide mis en place par le gouvernement du Québec soit considéré comme un sinistre», dit-il.
Sylvain Arseneault, lui, a contacté le bureau du député Luc Trudel, mais il ne voit toujours pas la lumière au bout du tunnel. «Si j'avais 10 $ pour chaque intervenant qui affirme travailler pour moi, je serais millionnaire», dit-il.
«Déjà, la pyrrhotite, c'est quelque chose à subir. Quand il faut se battre en plus pour aller chercher nos Fonds de solidarité, c'est un autre problème dont on pourrait se passer», fait valoir cette victime.