Alain Beauparlant, directeur général de la station de ski Vallée du Parc.

Deux nouvelles semaines de relâche ?

SHAWINIGAN — L’alerte à la COVID-19 embarrasse la communauté d’affaires, mais elle peut également procurer des opportunités insoupçonnées. Alain Beauparlant, directeur général de la station de ski Vallée du Parc, se demande si sa saison, déjà fort lucrative, sera bonifiée de deux semaines de relâche.

En effet, la suspension des cours, au moins jusqu’au 27 mars, pourrait entraîner des retombées imprévues au principal centre de glisse de la région.

«Est-ce qu’on va se transformer en grosse garderie?», se demande-t-il. «Des parents auront des décisions à prendre au cours des deux prochaines semaines...»

Vendredi, la station a fermé ses portes, en raison des conditions météorologiques exécrables. Elles rouvriront toutefois samedi, avec de nouvelles mesures pour réduire les contacts.

«Au ministère du Tourisme, nous sommes considérés un peu comme un centre commercial», explique M. Beauparlant. «Les gens entrent et sortent. Comme nos activités se déroulent à l’extérieur, le risque de contamination est moindre. Bien sûr, on augmente nos conditions d’hygiène pour le personnel et les clients.»

La cafétéria représente certainement un lieu à risque, mais le directeur général fait remarquer qu’en moyenne, les skieurs et les planchistes n’y demeurent qu’une vingtaine de minutes, ce qui assure un bon roulement.

«Nous allons quand même mettre des mesures de contrôle pour sensibiliser les gens», conçoit-il.

À la Station plein air Val-Mauricie, le directeur général, Luc Désaulniers, mentionne que le centre devait fermer ses portes dimanche de toute façon, en raison des conditions de neige qui se sont dégradées.

En demande

Claude Villemure, propriétaire de Caméléon Solutions intégrées, a vécu des conséquences inattendues du coronavirus cette semaine.

«J’ai eu une commande d’une compagnie de Montréal: 17 000 bouteilles de Purell! Pour que cette compagnie appelle à Shawinigan, c’est parce qu’elle n’en trouvait pas! Mon fournisseur m’a dit qu’il m’enverrait ça, mais je vais le croire quand je vais le voir!»

Également président du Regroupement des gens d’affaires du centre-ville de Shawinigan, M. Villemure ne sent pas encore trop de panique chez ses membres. Même observation du côté de Geneviève Racine, directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan.

«On suit la situation», indique-t-elle. «J’ai l’impression que tout le monde est en mode gestion interne pour le moment.»

Mme Racine vient de recevoir les résultats d’un sondage réalisé par la Fédération des chambres de commerce du Québec sur les impacts appréhendés du blocus ferroviaire des communautés autochtones et du coronavirus. Dans ce dernier cas, seulement 30 % des gens d’affaires interrogés redoutaient des conséquences lorsqu’ils ont répondu à cette consultation, qui prenait fin le 11 mars...