Heidi Levasseur, nageuse de longue distance et Isabelle Perron-Blanchette.

Deux nageuses en quête d’une piscine intérieure à Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — Deux nageuses de la région, dont une a recueilli une pétition de plus de 3450 noms sur Change.org, s’unissent pour demander à la Ville de Trois-Rivières de construire une nouvelle piscine intérieure, assez grande pour permettre notamment l’entraînement des athlètes.

S’il le faut, Isabelle Perron-Blanchette et Heidi Levasseur, bien connue au Québec pour ses exploits en longue distance, sont prêtes à prendre le bâton du pèlerin, dans la mesure de leurs moyens, afin d’essayer de trouver des commanditaires et du soutien financier d’entreprises pour réaliser ce projet qui leur tient à cœur.

Heidi Levasseur, dont l’ambition est de devenir la première femme à traverser l’Atlantique à la nage, raconte qu’elle doit faire ses entraînements «à Drummondville, à Québec et à Montréal». Et même si la piscine de l’UQTR était ouverte, dit-elle, il n’y a pas suffisamment d’heures, déplore-t-elle, sans compter que les bains, à près de 10 $ pièce, sont extrêmement chers, dit-elle. «Ce n’est pas normal. À Montréal et Québec, c’est gratuit. À Nicolet, un bain c’est 4 $ et si l’on achète une série de bains, ça revient à 2 $. À Matane, c’est 2 $ ou 3 $», dit-elle. «Normalement, c’est entre 2 $ et 5 $ un bain», résume-t-elle.

«On est exaspéré de devoir se déplacer à l’extérieur de la Ville pour s’entraîner», indique Mme Levasseur qui habite à Trois-Rivières. «C’est extrêmement décevant et en plus, on n’a pas de collaboration avec le Cégep», déplore-t-elle. Rappelons que le Cégep réserve sa piscine à ses étudiants, mais a toutefois conclu quelques ententes de partenariat avec divers organismes de la région pour pallier la fermeture temporaire du bassin de l’UQTR. «On ne peut rien reprocher à la piscine du DLS car toute la clientèle de l’UQTR s’y rend», ajoute-t-elle.

«Pour une ville de cette grandeur-là et qui est semblable à Sherbrooke, pourquoi n’a-t-on pas plus d’accès à la piscine?», se questionne-t-elle.

Heidi Levasseur et Isabelle Perron-Blanchette sont en période de réflexion, présentement, pour déterminer comment concrétiser ce projet. «On se dit, ça fait. On va approcher des gens, des partenaires au privé. On va regarder un modèle d’affaires», indique Mme Perron-Blanchette. «On se penche là-dessus avec des gens qui sont intéressés. L’argent ne pousse pas dans les arbres, mais on va le trouver et s’asseoir avec la Ville», explique-t-elle en ajoutant que si la Ville emboîtait le pas, ça faciliterait la démarche.

Mme Perron-Blanchette souhaite rencontrer le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, pour discuter avec lui de ce projet même si tout dernièrement, un comité municipal a dit non à la construction d’une telle infrastructure après avoir constaté que les piscines de la Ville ne sont pas encore au maximum de leur capacité. Le comité s’est notamment basé sur des statistiques d’achalandage fournies par l’UQTR.

Le maire a indiqué au Nouvelliste qu’il ne ferme pas la porte à une telle rencontre même si on lui a présenté les chiffres d’achalandage des diverses piscines de la région démontrant qu’elles ne sont pas encore à leur plein rendement et que la construction d’une nouvelle piscine «avec corridors standards de natation» n’est donc pas justifiée pour l’instant.

Le maire Lamarche se dit conscient des inconvénients causés par les travaux de rénovation à la piscine de l’UQTR qui sont suspendus de façon indéterminée depuis que des poursuites ont été intentées par l’UQTR contre l’entrepreneur. Si la Ville se mettait dans la tête de construire une piscine maintenant, elle ne serait sans doute prête qu’après les rénovations du bassin du CAPS, plaide-t-il.

M. Lamarche dit avoir déjà reçu un document dans lequel Mme Perron-Blanchette élabore son argumentaire au profit d’une nouvelle piscine. La démarche des deux nageuses est-elle peine perdue? «Je vais prendre le temps de les écouter», assure-t-il en parlant de deux nageuses. «Ce n’est pas mon genre de fermer la porte», assure-t-il, «par respect pour la démarche de ces dames.»

Le maire rappelle qu’une nouvelle piscine intérieure de 30 sur 60 pieds sera construite au Centre Jean-Noël-Trudel prochainement pour répondre aux besoins de la population.

Les dimensions ne répondent assurément pas aux athlètes de la région qui ont besoin d’une étendue d’eau du calibre du bassin de l’UQTR.

Heidi Levasseur estime que la piscine de l’UQTR est d’ailleurs sous-utilisée. La nageuse constate qu’elle était fermée plusieurs heures par jour, avant le début des travaux, alors qu’il pourrait y avoir des ententes qui permettraient de maximiser son utilisation.