Martine Ouellet

Deux exécutifs régionaux veulent la démission de Ouellet

Trois-Rivières — La crise qui secoue le Bloc québécois incite deux exécutifs régionaux à demander la démission de Martine Ouellet. Mais si les exécutifs de Berthier-Maskinongé et de Bécancour-Nicolet-Saurel adoptent cette position, l’exécutif de Saint-Maurice Champlain s’y oppose et celui de Trois-Rivières souhaite une réconciliation.

Sans surprise, l’exécutif de Bécancour-Nicolet-Saurel se range derrière son député, Louis Plamondon. Les dirigeants de l’association locale désirent le départ de la cheffe du parti.

«Si on veut garder le Bloc vivant, elle n’a pas le choix. Elle n’a plus l’appui de son caucus. Les députés veulent parler de souveraineté, mais aussi de la défense des travailleurs, de l’économie. C’est une première dans l’histoire du parti que 70 % du caucus ne veut plus travailler avec le chef», mentionne Martin Lajeunesse, président de cette association.

C’est le conseil exécutif de la circonscription de Berthier-Maskinongé qui a parti le bal, vendredi matin, en y allant d’une sortie publique. Pour le bien de la cause souverainiste, Martine Ouellet doit quitter la direction du Bloc.

«C’est très grave comme décision. On ne fait pas ça de gaieté de coeur. Mais la confiance n’existe plus. Être chef, ce n’est pas que d’avoir de bonnes idées. Ça implique aussi un rôle de rassembleur. Il faut démontrer qu’on peut travailler ensemble et Mme Ouellet ne l’a pas démontré. Elle doit se demander si elle est la personne de la situation. Nous, on pense que non. À regret», dit le président, Yves Perron, candidat dans cette circonscription en 2015 qui a l’intention d’être de la course électorale dans un an et demi.

La position du comité exécutif de la circonscription de Saint-Maurice-Champlain est à l’opposé. Cet exécutif n’a aucun problème avec Martine Ouellet et rappelle que cette dernière a accédé à cette fonction selon les statuts du parti. Selon Sacki Carignan Deschamps, le groupe des sept aurait dû attendre le prochain conseil général qui aura lieu en mai pour faire valoir ses doléances.

«Personne ne peut nier les compétences de Mme Ouellet. Ça semble accrocher au niveau de sa personnalité, mais personne ne donne un exemple précis! La précipitation dans laquelle agissent ces sept élus est incompréhensible et très maladroite. Ce ne sont pas sept personnes, aussi élues soient-elles, qui décident de destituer le chef. Ce sont les membres qui devront décider de la suite, dans le respect des règlements et statuts du parti. Quand tu es élu, tu as le rôle d’élu, mais quand tu sièges au parti, tu es un militant comme les autres», raconte cette conseillère du comité exécutif qui se dit extrêmement déçue du comportement de Louis Plamondon.

Alors que l’exécutif de Saint-Maurice-Champlain invite les sept élus démissionnaires à réfléchir et à se rallier, le président de l’exécutif de Trois-Rivières espère que la famille bloquiste saura s’entendre à l’interne pour régler cette situation.

«Les gens doivent se parler, soutient le président, André Valois. La politique, c’est l’art du compromis. Ma perception est que si Mme Ouellet est incapable de faire des compromis, elle devra partir. Jusqu’à maintenant, elle en semble incapable et c’est ma grande déception. Mais j’ai encore confiance en Mme Ouellet et au groupe. Ils sont intelligents et la cause de la souveraineté devrait aller au-delà de leurs perceptions personnelles. Je laisse une chance au coureur. On est capable de pardonner.»

La position du comité exécutif de Trois-Rivières sur ce point sera débattue lundi en réunion.