Le directeur général de la Commission scolaire de l’Énergie, Denis Lemaire, a rencontré les parents et citoyens de Saint-Élie-de-Caxton, mercredi soir.

Deux enseignantes en moins à Saint-Élie-de-Caxton: l’aide du député sollicitée

Saint-Élie-de-Caxton — Ce sont plus de 80 parents, enfants et grands-parents qui se sont réunis mercredi soir à l’école Villa-de-la-Jeunesse de Saint-Élie-de-Caxton, pour se faire entendre de la Commission scolaire de l’Énergie sur la suppression de deux classes l’automne prochain dans cette école qui n’en compte présentement que huit. Ils souhaitaient obtenir des réponses de la part de la commission scolaire, mais aussi impliquer leur député, Simon Allaire, dans ce dossier.

La Commission scolaire avait convoqué cette rencontre pour expliquer cette décision, qui n’en est pas vraiment une puisqu’elle relève du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, plaide-t-elle. Puisque l’école n’est plus considérée aussi défavorisée que lors du recensement de 2006, le ratio d’élèves par enseignant est augmenté et le ministère accorde donc moins de financement pour embaucher des enseignants. Ce ratio passera de 20 à 22 élèves au maximum pour les classes de première année et pourrait aller jusqu’à 26 élèves, en sixième année, a expliqué la commission scolaire.

De nombreux citoyens se sont dits préoccupés par le risque de voir la qualité de l’enseignement diminuer avec l’augmentation du nombre d’élèves par enseignant. Une crainte amplifiée par le fait que le nombre de classes regroupant plusieurs niveaux scolaires passera d’une à trois l’automne prochain.

«Si en plus, on augmente le nombre d’enfants dans les classes multi niveaux, c’est sûr que c’est plus exigeant pour les professeurs et automatiquement, ça met en péril tout ce que Grandi-Ose a mis en place pour rendre l’école attrayante et motivante pour les enfants, souligne Anne-Claude Hébert-Moreau, porte-parole des Parents mobilisés pour la sauvegarde de l’école Villa-de-la-Jeunesse. Et le ratio élèves enseignant, ça a un impact sur la réussite scolaire, on le sait tous.»

Grandi-Ose est un projet mis sur pied en 2010, alors que l’école était menacée de fermeture, pour augmenter l’offre d’activités aux élèves de l’école afin de la rendre plus attractive. Plusieurs citoyens ont fait connaître leur découragement de voir que tous ces efforts mis en place ont pour conséquence, selon eux, la dégradation de la qualité de l’enseignement. Certains ont même dit se sentir «punis» alors qu’ils s’étaient mobilisés.

«Il faut qu’on garde les deux enseignantes et les ressources qu’on avait. C’est ce qui va faire que des familles vont continuer à choisir Saint-Élie pour son école», estime Marianne Pellerin, mère de trois enfants et membre du comité Grandi-Ose.

«Ce n’est pas de mon ressort»

Puisque les ratios liés à l’indice de défavorisation des écoles sont déterminés par le ministère de l’Éducation, le directeur général de la Commission scolaire de l’Énergie, Denis Lemaire, affirme avoir les mains liées. «Ce n’est pas de mon ressort», s’est-il défendu face à l’assemblée. Il a également rappelé que l’école comptera 13 élèves de moins cet automne, selon les prévisions actuelles, ce qui justifie également la diminution du nombre d’enseignants. Il a aussi souligné que ce nombre peut diminuer d’ici la rentrée scolaire, ce qui impliquerait peut-être l’ajout d’un enseignant.

M. Lemaire s’est aussi défendu d’œuvrer pour défaire le projet Grandi-Ose et faire fermer l’école, comme ont dit craindre des citoyens. «Le projet Grandi-Ose, il n’a jamais été question de le mettre en péril», a-t-il soutenu.

Le directeur général de la commission scolaire a également assuré que le cafouillage autour de la convocation de mercredi, qui était d’abord pour 15 h 30 avant d’être déplacée à 18 h, alors que les citoyens avaient exprimé le souhait qu’elle se déroule jeudi, est dû à un problème de communication entre eux et son organisation, et non à une forme de mépris. Il a aussi reconnu que les parents auraient dû être informés des changements à venir avant que leurs enfants l’apprennent par la bouche de leurs enseignants, ce qu’il a qualifié de «maladresse».

Pression sur Simon Allaire

Les citoyens ont demandé au député de Maskinongé, Simon Allaire, qui était présent à la rencontre, d’intercéder en leur faveur auprès de son gouvernement et du ministre de l’Éducation. M. Allaire est resté prudent dans ses réponses et, sans faire de promesse, il a indiqué avoir entamé des démarches pour obtenir des réponses aux questions que des citoyens lui ont adressées. «Je veux faire les choses correctement, sans promettre des choses qu’on n’a pas le pouvoir de faire», a-t-il avancé.

«Je souhaite que vous n’ayez pas de diminution de services», a-t-il ensuite répondu devant l’insistance d’un citoyen lui demandant de se porter à leur défense. L’assemblée a d’ailleurs applaudi le député après qu’il eut prononcé ces paroles.

S’ils étaient heureux de voir que la commission scolaire et M. Allaire s’étaient déplacés pour les entendre, des citoyens sont restés sur leur faim après cette rencontre, alors que l’évolution du dossier semble reposer en partie sur les épaules du député.

«Je ne me sens pas nécessairement rassurée, a indiqué Marianne Pellerin. Oui, on a répondu à plusieurs questions sur le fonctionnement, mais je vais attendre les réponses que M. Allaire s’est engagé à aller chercher avant de me réjouir.»

«Je n’ai aucune raison de ne pas lui faire confiance, estime pour sa part Anne-Claude Hébert-Moreau. Je sais que c’est un jeune député qui a la MRC de Maskinongé à cœur, je n’en ai aucun doute. C’est une bonne façon pour lui, je crois, d’amener son gouvernement à atteindre son objectif de campagne électorale de prioriser l’éducation.»