Claude Julien (au centre) a été honoré pour avoir secouru deux personnes âgées d’un incendie, l’automne dernier. Il est entouré, de gauche à droite, de Réjean Carle, maire de Sainte-Ursule, Philippe Dauphin, directeur du Service incendie de Sainte-Ursule, Barbara Paillé, mairesse de Sainte-Angèle-de-Prémont, et Denis Bergeron, directeur du Service incendie de Sainte-Angèle-de-Prémont.

Deux citoyens honorés pour leur bravoure

SAINTE-URSULE — C’est avec une certaine émotion que Claude Julien, citoyen de Sainte-Ursule, a reçu un hommage à la salle communautaire de sa municipalité, dimanche, pour avoir sauvé, avec son ami Jocelyn Déry, un couple de personnes âgées d’un incendie, l’automne dernier. La municipalité de Sainte-Ursule a profité de son Dîner des bénévoles annuel pour rendre hommage à ces deux citoyens au comportement exemplaire, devant plus d’une centaine de personnes.

«On ne demande pas ça, on n’a fait que notre devoir, insiste M. Julien. On va l’accepter, parce que ce n’est pas la première fois que je sauve quelqu’un, mais c’est émouvant. Ce n’est pas évident non plus, c’est émotif de revivre l’incendie. Ça tire du jus.»

Tôt le matin du jeudi 22 novembre, alors qu’ils se rendaient au travail, Claude Julien et Jocelyn Déry ont aperçu de la fumée s’échappant d’une résidence de Sainte-Angèle-de-Prémont. Après avoir demandé à un voisin de prévenir le 911, les deux hommes cognent à la porte de la résidence, dont M. Julien connaît les occupants: Réal et Rollande Rivard, âgés respectivement de 98 et 96 ans. N’obtenant pas de réponse, ils entrent.

«L’incendie n’était pas dans la maison, c’était dans le garage, mais avec la boucane, c’était très dangereux, décrit M. Julien. Le monsieur était capable de sortir, alors Jocelyn l’a escorté jusqu’à l’auto. Moi, j’ai pris la dame dans mes bras parce qu’elle n’était pas capable de marcher. Je lui ai mis un manteau sur le dos et elle voulait absolument avoir ses pantoufles, alors je les lui ai mises. On a fait ça vite et on est sortis.»

Après avoir emmené M. et Mme Rivard en sécurité chez leur voisin, les deux hommes ont prêté main-forte aux pompiers en retournant dans la maison chercher la médication du couple et en les aidant à gérer la circulation automobile alors qu’une vingtaine de pompiers de Sainte-Angèle et des municipalités voisines accouraient.

Jocelyn Déry était malheureusement absent lors de l’hommage rendu dimanche. M. Julien a toutefois tenu à rappeler le rôle essentiel qu’il a joué dans ce sauvetage.

«Une chance qu’il était là, parce que je n’aurais pas pu faire ça tout seul, souligne-t-il. Ça m’aurait pris encore plus de temps et on ne sait pas ce qui se serait passé. Les pompiers ont dit que si on les avait appelés 15 minutes plus tard, tout aurait brûlé.»

M. Julien ne cherche définitivement pas la gloire dans toute cette histoire. Il espère cependant que si d’autres personnes sont témoins d’un incendie ou d’un événement lors duquel des gens pourraient être en danger, elles feront comme lui et s’arrêteront, ce qui n’a pas été le cas le matin du 22 novembre 2018. Deux camions lourds sont passés devant la maison des Rivard, sans s’arrêter ni même ralentir, ce qu’il déplore.

«Il y aurait eu des pertes de vie»

La mairesse de Sainte-Angèle-de-Prémont, Barbara Paillé, est plus catégorique quand à l’issue de cet incendie si Claude Julien et Jocelyn Déry n’étaient pas venus en aide à Réal et Rollande Rivard.

«N’eût été leur intervention, on aurait eu à déplorer des pertes de vie à Sainte-Angèle», affirme-t-elle. La première magistrate tenait donc à remettre aux deux hommes un certificat de reconnaissance de la part de sa municipalité, tout comme l’a fait le maire de Sainte-Ursule.

«C’est la première fois que la municipalité de Sainte-Angèle remet un certificat pour un acte de civisme et de bravoure exceptionnel sur son territoire. C’est quelque chose qu’il fallait absolument faire.»

Son homologue de Sainte-Ursule, Réjean Carle, était d’ailleurs heureux que les deux municipalités s’unissent pour rendre hommage à ses concitoyens au courage exemplaire. Il tenait également à ce que la remise des certificats se fasse en public.

«On voulait que ce soit fait devant beaucoup de gens et que ces gens-là soient fiers de ces deux personnes, indique-t-il. La municipalité sera toujours là, non pas pour encourager les gens à poser des gestes exceptionnels, mais quand le geste est posé et que ça a bien été, au moins qu’on soit là pour le reconnaître.»

Mme Paillé souhaite par ailleurs que le geste des deux hommes soit reconnu par le comité de sécurité publique de la MRC de Maskinongé.

La bravoure de messieurs Julien et Déry aura également des échos à l’Assemblée nationale. Le député de Maskinongé, Simon Allaire, soulignera le geste qu’ils ont posé le 22 novembre lors d’une déclaration, le matin du 27 février. M. Allaire mène également des démarches pour qu’ils soient honorés par un certificat de reconnaissance pour acte de bravoure par l’Assemblée nationale.

La députée fédérale de Berthier-Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau, était également présente au Dîner des bénévoles