Avec la démolition de deux autres maisons à Maskinongé, la rue Saint-Joseph présente un nouveau visage.
Avec la démolition de deux autres maisons à Maskinongé, la rue Saint-Joseph présente un nouveau visage.

Deux autres maisons démolies à Maskinongé [VIDÉO]

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Maskinongé — Avec la démolition de deux autres maisons de la rue Saint-Joseph à Maskinongé, l’image du centre du village sera modifiée à jamais.

Cette maison unifamiliale et cet immeuble de deux logements, situés près du pont Galipeault, ont des terrains donnant sur la rivière Maskinongé. Le haut risque de glissement de terrain observé à cet endroit a convaincu les propriétaires de se prévaloir d’un programme de compensation du gouvernement du Québec et de faire démolir les bâtisses. Les terrains seront ensuite cédés à la Municipalité pour la somme symbolique d’un dollar.

Les travaux de démolition doivent être terminés jeudi. Lorsque les contrats de vente des terrains seront notariés, Maskinongé se retrouvera avec une longue bande de terrain : une première maison, voisine des deux autres, a été démolie plus tôt en 2020.

«On a des projets pour les trois terrains, commente le maire, Roger Michaud. Il y a beaucoup de cyclistes qui passent par là. On parle d’un parc pour eux. Peut-être aussi un belvédère ou une descente pour permettre aux gens de mettre à l’eau leur canot ou leur kayak.»

Le conseil n’a pas encore statué sur l’utilisation future de ces terrains, mais l’administration municipale sait très bien qu’elle devra d’abord stabiliser les berges de la rivière à cette hauteur. Des travaux d’empierrement devraient être réalisés au cours de l’hiver 2022, le temps de réaliser différentes études et d’obtenir les autorisations gouvernementales nécessaires.

«Ça pourrait décrocher jusqu’à la rue Saint-Joseph, ajoute le maire Michaud. On veut garantir le chemin et aussi notre conduite d’eau potable qui est à cet endroit. Si le terrain part, il n’y a plus d’eau potable dans la municipalité.»

Établie dans une zone argileuse, Maskinongé a du vécu en matière de glissements de terrain le long de la rivière, rappelle Roger Michaud.

«On aime mieux prévenir que guérir.»

La démolition de ces trois propriétés s’ajoute au dossier de citoyens qui résident en zone inondable et qui sont limités dans leur pouvoir de rénover leur propriété à la suite de dommages. Une Municipalité ne taxera pas un terrain qui lui appartient, ce qui est le cas lorsque les propriétaires de maisons démolies lui cèdent leur terrain pour un dollar. De plus, toute nouvelle construction est interdite sur ces terrains.

Cette situation fait en sorte que Maskinongé se retrouve avec près de trois millions de dollars en moins en valeur foncière imposable sur une valeur globale de 238 millions de dollars.

«C’est de l’argent qu’on perd, car ces gens (qui démolissent leur maison et qui quittent la localité) ne paient plus de taxes, indique M. Michaud. Et en zone inondable, les gens ne peuvent pas rénover plus de 50 % de la valeur s’ils ont eu des dommages. On perd encore de l’évaluation.»

La perte de la valeur foncière imposable a déjà été abordée entre le maire Michaud et le premier ministre du Québec, François Legault. Ce dernier s’était rendu à Maskinongé en avril 2019 afin de constater l’ampleur des inondations et de discuter avec des élus locaux de l’assiette fiscale municipale.