Le gouvernement du Québec a annoncé un projet pilote d’une durée de 6 mois à La Tuque.
Le gouvernement du Québec a annoncé un projet pilote d’une durée de 6 mois à La Tuque.

Desserte ambulancière à La Tuque: il reste du travail à faire selon le maire

LA TUQUE — «C’est une excellente annonce, maintenant le travail vient de commencer.» Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, se réjouit de la mise en place du projet-pilote pour le service ambulancier annoncé la semaine dernière par le gouvernement du Québec. Il ne considère pas pour autant que le dossier est réglé, il soutient qu’il reste du travail à faire pour aller plus loin.

«Le projet-pilote c’est parfait parce qu’on va devoir continuer de discuter des problématiques que l’on a. […] Il faut s’organiser et démêler les rôles de chacun. Jusqu’où va l’ambulance en forêt? Qu’est-ce qu’on attend des premiers répondants? Quel rôle veut-on leur faire jouer? C’est important. Les premiers répondants font de l’assistance, ce ne sont pas des paramédics», affirme Pierre-David Tremblay.

Évidemment, le maire estime que le changement des horaires de faction pour des horaires à l’heure représente un grand gain pour le territoire, mais il assure qu’il reste encore beaucoup de travail à faire.

«Les horaires de factions ne répondaient tout simplement plus au besoin. Ça nous pénalisait même à certains moments […] Désormais, pour le circuit urbain, il y aura un meilleur temps de réponse pour les appels et une meilleure protection», assure M. Tremblay.

«Il faut quand même s’asseoir et réorganiser le territoire avec les paramédics. […] On veut une entente pour les premiers répondants de La Tuque, on veut une certification, mais encore faut-il déterminer le rayon d’action et quels équipements ils possèdent. On veut assister les paramédics», ajoute-t-il.

Pour le maire, quatre éléments sont très importants à considérer dans le dossier des services ambulanciers; le temps de réponse, la découverture ambulancière, la rétention de main-d’œuvre et les particularités du territoire. C’est sur ce dernier point que le maire a insisté et continue d’insister.

«Le système est bâti sur le nombre d’appels, mais ici en raison de la grandeur du territoire, c’était la durée des appels qui était problématique. Si une ambulance part à Parent, c’est cinq heures dans le meilleur des mondes», rappelle-t-il.

Dans une lettre adressée au ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, également ministre responsable de la région de la Mauricie, Jean Boulet, le maire a fait valoir plusieurs caractéristiques propres au territoire de La Tuque. Il note, entre autres, la population qui double et triple à certaines périodes de l’année, la présence de résidents permanents dans plusieurs secteurs éloignés du centre-ville incluant deux communautés autochtones et un vaste réseau de chemins forestiers qui comporte sont lot de défis en matière de sécurité publique.

Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, se réjouit de l’annonce de Québec, mais estime qu’il reste encore du travail à faire.

«Dans nos discussions avec le ministre Jean Boulet, on a été capable de faire reconnaître les particularités du territoire. La durée des interventions a été prises en compte, et tellement, que ç’a donné deux horaires à l’heure», fait remarquer Pierre-David Tremblay.

Un comité devrait être mis en place dans les prochaines semaines pour s’assurer que la déserte ambulancière sur le territoire de l’agglomération de La Tuque soit «efficace».

Le maire de La Tuque demande également d’avoir une ambulance équipée de plusieurs outils pour le secteur de Parent. Pierre-David Tremblay veut aussi éclaircir les limites du territoire à couvrir pour les premiers répondants de Parent.

«J’ai eu le sentiment d’avoir été bien compris par le ministre Jean Boulet», fait-il remarquer.

Le maire n’a d’ailleurs pas caché qu’il en voulait un peu à la députée de Laviolette Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, dans ce dossier-là.

«Pendant un an, elle nous a dit qu’on va avoir les crédits en mars, après ça en septembre, après ça dans l’autre budget et après ça on nous dit qu’on ne figure plus dans les paramètres… Je pense qu’on a perdu un an là-dedans et j’ai de la misère à l’accepter. On a été obligé de remettre en cause nos premiers répondants qui soit dit en passant font un excellent travail», affirme-t-il.

Rappelons que Québec a annoncé la semaine dernière un projet pilote, d’une durée de 6 mois, qui consiste en la fusion de deux des trois horaires de faction des services ambulanciers à La Tuque en un horaire à l’heure, qui sera disponible 24 heures par jour, sept jours par semaine.

Un nouvel horaire à l’heure est également ajouté à l’offre actuelle. Celui-ci sera en service huit heures par jour, sept jours sur sept, pour un total hebdomadaire de 56 heures. Le projet pilote servira à mesurer les améliorations au niveau du temps-réponse aux appels.

Ce sont donc trois ambulances qui couvriront le territoire de La Tuque, soit deux équipes à l’heure et une autre qui demeurera en faction. Ces trois ambulances contribueront à offrir à la population une couverture ambulancière encore mieux adaptée aux besoins actuels.

Le projet pilote nécessite un investissement de près de 400 000 $ pour l’exercice 2020-2021.

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