Maestro Gilles Bellemare renouera avec Richard Desjardins et avec l’OSTR pour présenter Desjardins symphonique le 28 août prochain, à l’Amphithéâtre Cogeco.

Desjardins symphonique à l'Amphithéâtre Cogeco: un rendez-vous musical historique

Trois-Rivières — L’Amphithéâtre Cogeco réussit de nouveau un tour de force dans sa programmation estivale 2019, en amenant Richard Desjardins et l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières au confluent du fleuve et de la rivière le 28 août prochain, afin d’y présenter Desjardins symphonique. Pour l’occasion, maestro Gilles Bellemare, qui avait écrit ces arrangements il y a plus de quinze ans, renouera avec le chanteur et poète québécois pour présenter les plus grandes œuvres de Desjardins à la sauce symphonique. Un rendez-vous qui aura une saveur particulière pour les mélomanes.

Car bien que le concert Desjardins symphonique ait été présenté à plusieurs reprises un peu partout au Québec, de même qu’en Suisse et en France, la genèse de ce grand projet nous permet de constater aujourd’hui que l’œuvre n’aura finalement été jouée qu'une seule fois par l’orchestre pour lequel elle avait été composée à l’origine: l’OSTR. Ce grand rendez-vous sonnera donc le retour de ces notes au bercail avec l’orchestre. Un moment qui s’annonce historique et empreint d’émotions.

«C’est un magnifique dénouement et je suis vraiment content. Quand j’ai écrit les arrangements, je les écrivais en pensant à chacun des musiciens de l’orchestre, en fonction d’eux et d’elles. Certains de ces musiciens sont encore présents aujourd’hui, et j’ai hâte d’entendre la musique résonner à travers eux», confie maestro Bellemare, qui n’hésite pas à qualifier ce concert de l’une des plus belles œuvres qu’il a pu arranger en carrière.

Desjardins symphonique, Gilles Bellemare n’a pas peur de le dire, aura été le dossier qui, en tentant de l’inscrire à la saison de l’OSTR, l’aura fait démissionner comme chef d’orchestre en 2004, après 27 ans à diriger l’OSTR. Des différends artistiques avec le directeur général de l’époque, Roger D. Landry, auront culminé avec le refus de placer cette œuvre dans l’élaboration de la programmation de l’OSTR. «C’était la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase, après plusieurs autres choses qui s’étaient produites. J’ai préféré partir. Aujourd’hui, je ne garde d’amertume avec personne, c’est du passé. Mais oui, c’est le dossier qui a fait que je suis parti, et ça me touche profondément de pouvoir revenir le jouer ici, avec ces musiciens», signale Gilles Bellemare.

La première de Desjardins symphonique avait finalement été jouée au centre Pierre-Charbonneau de Montréal, puis au Festival d’été de Québec, pour revenir à Trois-Rivières quelques mois plus tard, mais avec l’orchestre du Conservatoire de musique de Trois-Rivières. En mai 2006, à titre de chef invité, Gilles Bellemare aura joué l'oeuvre avec l'OSTR. D’autres représentations, puis une deuxième mouture avec «Symphonique 2» ont aussi été produites sur scène aux quatre coins du Québec et en Europe.

Desjardins

Mais de quelle façon cette œuvre aura-t-elle évolué dans le temps? Les partitions n’ont pas bougé, constate Gilles Bellemare, mais la voix de Richard Desjardins, à travers seize de ses plus grands succès, n’en sera que plus touchante encore. «Je ne connais pas beaucoup de chanteurs qui ont une implication émotive aussi grande que Desjardins sur scène. Sa voix est tout le temps touchante. Peu de gens ont les moyens ou la technique d’écriture que Richard peut avoir», considère le chef d’orchestre. Lors des deux premières représentations, une captation audio avait été faite, pour un disque sorti quelques années plus tard. «Avec les années, nous sommes devenus de plus en plus à l’aise, meilleurs. C’est drôle à dire, mais c’est maintenant qu’on devrait le faire, le disque», lance-t-il en riant.

On n’a qu’à penser à la singulière poésie de la chanson Jenny, où la passion d’un homme épris d’amour pour sa femme côtoie l’ordinaire de la vie quotidienne, et où s’entrechoquent la sueur du travail de l’usine et la boîte à lunch de métal cabossée. Ou encore L’homme canon, où l’arrangement de l’orchestre fait culminer cette chanson que l’on redécouvre sous un autre jour. À travers chacune des œuvres, Richard Desjardins mêle sa voix à l’orchestre, partage une complicité certaine avec le maestro et sait aussi s’effacer quand il le faut pour laisser toute la place à la musique.

«Ça a toujours été un plaisir que de présenter ce spectacle avec lui, et c’est un plaisir qui va se renouveler», considère Gilles Bellemare, qui vivra du même coup son «baptême» de l’Amphithéâtre Cogeco, lui qui n’a jamais eu la chance de s’y produire encore.

Pour l’équipe de l’Amphithéâtre Cogeco, c’est évidemment une excellente nouvelle que la venue de Desjardins symphonique, d’autant plus qu’il s’agira d’une des seules présences sur scène de Richard Desjardins cet été au Québec. «On peut pratiquement parler d’une exclusivité, parce que cet été il ne se produira qu’aux Îles-de-la-Madeleine et à Saint-Pierre et Miquelon», note Steve Dubé, directeur général de la Corporation des événements.

M. Dubé croit que l’Amphithéâtre Cogeco était l’endroit tout désigné pour recevoir Desjardins symphonique, avec cette ambiance unique dans cet espace unique, qui est de plus en plus reconnu de la scène artistique québécoise. Par ailleurs, l’Amphithéâtre espère pouvoir multiplier les présences de l’OSTR sur sa scène dans les prochaines années. «Nous avons la chance d’avoir l’OSTR à Trois-Rivières, et nous avons aussi la chance d’avoir l’amphithéâtre. Nous allons continuer d’échanger ensemble pour présenter des projets uniques. C’est le lieu tout désigné pour ça», croit le directeur général de la Corporation des événements.

Les billets pour Desjardins symphonique seront mis en vente ce vendredi à 11 h sur le site amphitheatrecogeco.com. À noter que les abonnés de l’infolettre de l’Amphithéâtre Cogeco auront accès à une prévente exclusive le jeudi.