La propriétaire de ce logement de la rue Sainte-Cécile à Trois-Rivières a eu une mauvaise surprise en constatant les dommages causés par les anciens locataires.

«Des vrais Bougon»

Un «beau» cadeau de Noël attendait Thérèse Bergeron le 24 décembre. Alors qu'elle vérifiait si des locataires visés par un avis d'expulsion de la Régie du logement avaient quitté leur logis la veille, elle a vite constaté que ses locataires avaient laissé leurs traces.
Le plancher du salon a été égratigné sérieusement.
Les portes des armoires de la cuisine ont aussi été égratignées.
Planchers et portes d'armoires égratignés, moulure murale arrachée, peinture abîmée, les dommages se chiffrent à plusieurs milliers de dollars pour ce logement. C'est sans compter le ménage qui devra être fait afin de nettoyer le logement et d'enlever les pommes de terre qui jonchent le sol à plusieurs endroits et les sacs de vidange légués en souvenir sur le balcon avant.
Ce qui est encore plus navrant pour cette propriétaire d'une trentaine de logements à Trois-Rivières, c'est que ce triplex de la rue Sainte-Cécile avait été rénové en 2016.
«On a investi environ 100 000 $ dans les trois logements. La cuisine était neuve, les planchers, les fenêtres et les portes avaient été changés. Ils étaient les premiers locataires après nos travaux de rénovations. Ils étaient bien gentils au début et avaient payé le premier mois de loyer, en août. Mais après, ils n'ont rien payé pendant quatre mois», explique Mme Bergeron, rencontrée jeudi matin.
Les locataires étaient un couple âgé de près de 60 ans et son fils âgé d'une vingtaine d'années. La dame disait souffrir d'une demi-cécité, alors que l'homme affirmait être prestataire de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (auparavant la CSST).
Mme Bergeron affirme qu'elle a bien tenté d'obtenir son dû. La gentillesse démontrée par le couple au moment de s'installer dans le logement s'est transformée en agressivité, selon la propriétaire.
«On était incapable de leur parler. Ces gens vidaient leurs sacs de vidange sur la galerie arrière au lieu de les mettre dans les bacs. Ce sont des gens qui ne savent pas vivre. Des vrais Bougon», commente celle qui veut mettre en garde d'autres propriétaires, principalement celui ou celle qui a accueilli cette famille durant le temps des Fêtes sans savoir exactement à qui il ou elle a affaire.
Mme Bergeron l'avoue sans détour, elle s'est laissée prendre au jeu du couple en lui louant un logement sans faire quelques recherches sur son passé de locataire.
«C'est mon erreur. Habituellement, je fais une enquête. Mais là, je me suis fiée à leur allure. J'ai communiqué avec un ancien propriétaire du couple et il m'a dit qu'il lui est arrivé la même chose», raconte la propriétaire, en soulignant que le grand nombre de logements disponibles sur le marché locatif incite parfois les propriétaires à prendre un risque avec un locataire.
La propriétaire a aussi eu maille à partir avec la locataire du deuxième étage, la fille du couple. Mme Bergeron affirme avoir voulu accommoder la dame du couple.
«Elle disait que sa fille prenait soin d'elle. Ils disaient être contents d'être tous ensemble... Aujourd'hui, je comprends pourquoi: la fille est entrée en septembre et n'a jamais payé son loyer.»
La fille du couple a été expulsée vers le 9 décembre, laissant elle aussi des traces de son court passage. Selon Mme Bergeron, des trous dans les murs ont été repérés, de même que des rayures et une malpropreté manifeste.
Les quatre mois de loyer impayés par le couple du troisième étage et sa fille vivant au deuxième représentent des pertes de revenus de 4800 $ pour Thérèse Bergeron. Cette dernière sait qu'elle ne verra jamais la couleur de cet argent.
«Si les gens travaillent, on peut prendre des mesures. Mais ces gens-là ne travaillent pas. On n'intente rien contre eux, ils n'ont rien, ça ne donnerait rien. Mais ces gens-là connaissent les lois, mieux que nous parfois. Le gouvernement devra faire quelque chose pour que ces gens-là paient.»