Une nouvelle manifestation contre les mesures sanitaires comme celle qui avait été organisée le 5 septembre aura lieu samedi, à Trois-Rivières.
Une nouvelle manifestation contre les mesures sanitaires comme celle qui avait été organisée le 5 septembre aura lieu samedi, à Trois-Rivières.

Des voix pour et contre les mesures sanitaires se feront entendre samedi à Trois-Rivières

Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Alors qu’une manifestation est prévue samedi à Trois-Rivières pour réclamer la fin des mesures sanitaires, des voix soutenant leur application promettent de se faire entendre, elles aussi. Des Trifluviens organisent en effet une action de visibilité au parc Champlain pour dénoncer la tenue de manifestations comme celle organisée par le mouvement Action coordination et qui doit rassembler plusieurs «leaders complotistes», samedi.

«C’est juste pour dire qu’il y a des citoyens et des citoyennes en faveur des mesures sanitaires. On ne veut pas laisser toute la place aux manifestants qui vont être présents, mais qui représentent une minorité de personnes», explique Jean-Sébastien Ménard, l’un des organisateurs de cette action.

M. Ménard assure que les mesures de distanciation seront respectées et que les personnes présentes porteront un masque. Il dit en revanche craindre que des personnes de partout au Québec viennent prendre part à la manifestation contre l’état d’urgence sanitaire et qui, elles, ne respecteront pas les mesures sanitaires qu’elles contestent.

«On a une bonne situation en Mauricie, alors ce serait dommage que des gens se promenant aux quatre coins du Québec contribuent à la dégrader. Ce qui m’inquiète, c’est que les têtes d’affiche de cette manifestation attirent beaucoup de gens d’autres régions», évoque-t-il.

Appel aux autorités

Dans le communiqué qu’il a transmis cette semaine aux médias, M. Ménard indique que les revendications du mouvement qu’il représente sont entre autres «que la police fasse appliquer les règles de la santé publique lors des rassemblements d’opposition aux mesures sanitaires».

«Je suis en faveur de la liberté d’expression. J’ai déjà vécu des manifestations qui ont été réprimées par la police et je ne souhaite à personne de recevoir des gaz lacrymogènes, ce n’est pas le fun. Mais le problème de ces événements, c’est que personne ne respecte la distanciation, les gens ne portent pas le masque et ils poussent la note jusqu’à s’embrasser et se faire des câlins. Il y a un manque sérieux des autorités (qui n’interviennent pas)», dénonce-t-il. M. Ménard demande également au gouvernement de faire davantage pour faire respecter les mesures sanitaires, mais aussi qu’il «entame immédiatement un dialogue avec les citoyens afin de rétablir un lien de confiance depuis longtemps rompu».

La manifestation de samedi doit débuter vers 13h, à l’angle des boulevards des Forges et des Récollets, pour se terminer au parc du Centre loisir Multi-Plus, vers 14h, où des discours et du réseautage auront lieu. D’autres manifestations sont prévues ailleurs au Québec, samedi, notamment à Victoriaville et à Drummondville.

L’action organisée à Trois-Rivières pour dénoncer ces rassemblements aura lieu à 13h également, au parc Champlain.

Respect des mesures sanitaires: si la situation le permet

Du côté de la police de Trois-Rivières, on indique que si la situation le permet, les policiers tenteront de faire respecter la distanciation.

«Nos policiers ont patrouillé tout l’été sur la rue des Forges pour sensibiliser les gens à respecter la distanciation de 2 m. Mais on ne sait pas combien de personnes seront présentes à la manifestation. S’il y a plusieurs centaines de manifestants, nos effectifs devront se concentrer sur d’autres priorités. Mais oui, on serait autorisé à faire appliquer la distanciation», indique le sergent Luc Mongrain, porte-parole de la Direction de la police de Trois-Rivières.

Pour des raisons tactiques, M. Mongrain a préféré ne pas spécifier combien de policiers seront mobilisés pour encadrer la manifestation. Il dit toutefois ne pas craindre outre mesure que la manifestation dégénère.

«On va faire une évaluation du risque et de la menace, mais ce n’est pas un groupe qui représente des idéologies violentes», mentionne-t-il.