Se pourrait-il que des débris lancés volontairement du toit de l’ancienne Belgo aient provoqué des bris à deux automobilistes le 16 mai?
Se pourrait-il que des débris lancés volontairement du toit de l’ancienne Belgo aient provoqué des bris à deux automobilistes le 16 mai?

Des vandales responsables des bris de pare-brise à la Belgo?

Shawinigan — La Sûreté du Québec enquête présentement sur un lien possible entre la présence d’individus sur le site de l’ancienne papeterie Belgo de Shawinigan et les dommages subis aux pare-brise de deux automobilistes à quelques minutes d’intervalle, le 16 mai en matinée.

Rappelons que vers 9 h 30 ce jour-là, Audrey Sanscartier a sursauté en revenant de son quart de travail de nuit. En longeant le mur de la Belgo, un morceau de pierre a atterri dans la partie supérieure droite de son pare-brise. Une trentaine de minutes plus tard, le mauvais sort réservait le même traitement à Lucie Rainville, toujours sur le boulevard Pie-XII.

Or, la SQ a pris connaissance de l’histoire de ces deux femmes dans les médias et a ainsi fait un lien avec l’expulsion de deux jeunes hommes de 17 et 20 ans dans le même secteur, lors de la même matinée.

«Ce jour-là, nous avons eu des gens qui nous ont signalé que des individus se trouvaient sur le toit de ce bâtiment», explique Éloïse Cossette, agente d’information à la SQ. «Nous les avons localisés et nous les avons expulsés du site, avec constat d’infraction pour s’être retrouvés sur un terrain privé sans autorisation.»

«Par contre, nous n’avions reçu aucune plainte», poursuit la sergente. «Si les personnes qui avaient eu leur pare-brise brisé avaient appelé, probablement que nous aurions fait rapidement des liens. Nous allons maintenant procéder à des vérifications, faire une enquête pour voir si ça n’aurait pas été causé par l’action de ces gens.»

Jointe mercredi, Mme Rainville confie n’avoir remarqué aucune présence humaine dans ce secteur après avoir été surprise par cet éclat dans son pare-brise. Le Nouvelliste n’a pu joindre Mme Sanscartier, mais la semaine dernière, elle racontait qu’elle avait ralenti, mais qu’elle ne s’était pas arrêtée sur place après avoir encaissé ce choc.

Encore pire

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, laissera aux policiers le soin de faire leurs vérifications. Mais selon lui, ses doléances pour démolir ce mur ne perdraient pas de poids si des voyous étaient responsables de ces bris. Jusqu’à maintenant, l’hypothèse privilégiée voulait que des morceaux de pierre se détachaient de la structure.

«Ça ne change absolument rien», commente M. Angers. «Si les deux jeunes étaient responsables, ça ne fait que démontrer qu’il peut y avoir n’importe qui à cet endroit n’importe quand. C’est facile d’accès. En fait, ce serait encore pire! Il pourrait possiblement y avoir d’autres situations semblables. On ne peut pas placer là un gardien 24 heures sur 24 pour protéger une vieille bâtisse.»

«Pour moi, c’est une raison additionnelle pour éviter que ce genre de chose se produise», ajoute le maire. «C’est trop facile d’accès, donc c’est encore plus dangereux. Raison de plus pour enlever ce mur.»

Rappelons que Sanexen a entrepris le nettoyage du site de l’ancienne papeterie lundi. Ces travaux devraient durer une dizaine de semaines, mais ils ne comprennent pas la démolition du mur qui longe le boulevard Pie-XII.

Dans un courriel transmis en fin d’après-midi mercredi, Frédéric Fournier, responsable des communications au ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, confirme que ce dernier travaille à la préparation d’un appel d’offres pour la réalisation d’un devis de démolition des bâtiments qui restent sur le site. Le MELCC vise une publication d’ici «la fin de l’été 2020». Impossible, pour le moment, de savoir quand ce mur tombera.

«L’échéancier des travaux subséquents dépendra de la réalisation et des conclusions de ce mandat», indique M. Fournier.