Les prochains jours seront encore occupés pour les émondeurs qui ont abattu de nombreux arbres depuis la tempête de vendredi.

Des travailleurs débordés par la tempête automnale

TROIS-RIVIÈRES — Les émondeurs et les couvreurs ne savent plus où donner de la tête à la suite de la tempête de vent de vendredi, tellement les appels d’urgence se sont succédé au cours des derniers jours.

Mario Béland n’a pas eu beaucoup de temps libre en fin de semaine. Propriétaire d’une entreprise d’émondage à Yamachiche, M. Béland et son équipe ont multiplié les visites auprès de citoyens aux prises avec des arbres tombés sur des maisons.

«À Yamachiche, on a eu un pin cassé sur un duplex. À Louiseville, un sapin est tombé et a entré trois pieds dans la toiture d’un garage. À Saint-Justin, trois arbres sont tombés sur le même garage. On y a goûté. J’ai eu 17 appels d’urgence en fin de semaine. Ça fait plus de 20 ans que je pratique ce métier et ça fait 12 ans que je suis à mon compte. Il n’y en a pas eu beaucoup, des vents forts comme ça», raconte M. Béland, qui a travaillé toute la fin de semaine avec la totalité de ses huit employés.

Michel Tessier, de Services d’arbre Tessier, tient le même discours. L’entreprise couvre les territoires de Trois-Rivières et de la rive sud. Les appels ont été nombreux depuis vendredi.

«On commençait nos journées à 6 h 30 et on finissait à la noirceur. On a eu beaucoup d’arbres déracinés. On a fait de la stabilisation d’arbres avec des câbles, car ils commençaient à se déraciner. Le lendemain, on allait les enlever. Il faut aller au plus pressant», commente M. Tessier, qui s’attend à avoir exécuté les travaux reliés à la tempête de vendredi d’ici mercredi ou jeudi.

Le vent a aussi causé de nombreux bris de toiture. Patrick Casault, de Toitures Pat Casault, a servi environ 35 clients durant la fin de semaine.

«On a roulé avec deux équipes d’urgence. Des fois, c’est des bouts de bardeaux arrachés, mais on a des maisons qui ont des pans complets d’arrachés. On commence à 6 h, on finit à la noirceur et on essaie de faire le plus de demandes possible. Pour nous, ça crée beaucoup de travail», mentionne l’entrepreneur trifluvien.

Le téléphone sonne constamment chez Constructions Grégor de Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Les demandes pour réparer des toitures s’accumulent à un haut rythme.

Les couvreurs comme Patrick Casault ne manquent pas de travail ces jours-ci.

«On est débordé pour fournir à la demande. Depuis vendredi, on travaille sans arrêt. Tout le monde est là, on est entre 10 et 15 travailleurs, on finit nos jours vers 19 h. Il y a des dommages quand même importants», déclare le contremaître Frédéric L’Heureux, en identifiant les secteurs de Pointe-du-Lac et de Bécancour comme étant grandement touchés par cette tempête.

Les restos pris d’assaut

La tempête de vent a entraîné des pannes de courant qui ont duré plusieurs dizaines d’heures. À l’instar de nombreux restaurants au Québec, ceux de la région ont été pris d’assaut par des citoyens dont la résidence était sans électricité.

La Binerie Chik avait vu venir le coup. Dès la journée de vendredi, la direction de ce restaurant du centre-ville trifluvien avait prévu fonctionner avec 50% de plus de personnel pour la journée de samedi. Personne ne s’est tourné les pouces.

«On a servi 600 repas et on a 80 places assises!, explique Jean-Guy Bertrand, copropriétaire du restaurant. C’est notre plus grosse journée à vie. Notre record était de 560 repas servis en une journée, mais c’était durant l’été et notre terrasse a 40 places. Samedi a été une belle journée. On a jumelé des clients avec d’autres, personne ne chialait. Ça a été très bon pour les affaires, mais l’important est d’avoir répondu à la demande. On a réussi à absorber la vague.»

Les dommages par le vent, généralement assurés

Le vent a brisé votre toiture ou a fait tomber un arbre sur votre maison? Ces types de dommages sont couverts par la majorité des contrats d’assurance, selon Anne Morin, responsable des affaires publiques au Bureau d’assurance du Canada.

«Le vent fait partie de la protection de base. Si l’arbre tombe sur une piscine ou un spa, c’est un ajout à la police d’assurance. Et si un arbre tombe sur une voiture ou si l’abri d’auto du voisin brise votre voiture, c’est l’assurance auto qui s’en occupe.»

Les pluies diluviennes de jeudi peuvent aussi avoir causé des dommages. Ceux-ci sont couverts si le propriétaire a ajouté cette clause à son contrat.

La perte d’aliments en raison du manque d’électricité pour alimenter les réfrigérateurs et les congélateurs peut être réclamée à son assureur. Mais comme pour les dommages à la toiture, il faut bien évaluer le coût de remplacement de ces aliments versus la franchise à débourser avant de faire une réclamation, une étape qui peut entraîner un rehaussement de la prime d’assurance habitation.

Les notes d’hôtel et de restaurants ne sont généralement pas remboursées par les assureurs, à moins que ces frais aient été engendrés à la suite de dommages faisant en sorte que la maison devient inhabitable.