Les usines de production de cannabis thérapeutique ont besoin de main-d’œuvre.

Des techniciens formés au Nouveau-Brunswick

Trois-Rivières — En voulant offrir une formation sur mesure à ses futurs travailleurs d’usine, IsocanMed s’apprête à imiter un autre producteur canadien de cannabis thérapeutique qui mise sur l’apport d’une école du Nouveau-Brunswick pour avoir des employés formés en horticulture.

Lundi, la MRC de Maskinongé annonçait qu’elle va accompagner les promoteurs dans leur volonté d’établir un programme de formation en collaboration avec une maison d’enseignement. Au niveau régional, l’offre de l’École d’agriculture de Nicolet permet d’intégrer une formation complète en horticulture qui conduit à l’obtention d’un diplôme d’études professionnelles. Aucun ajustement à la formation n’a été effectué pour correspondre à la demande dans le domaine du cannabis thérapeutique, mais l’école a de l’ouverture si une entreprise démontre de l’intérêt.

«Ces demandes pourraient être traitées via le service aux entreprises afin d’offrir une formation de courte durée. Ce type de formation ne déboucherait pas sur un DEP, mais pourrait répondre aux besoins exprimés par les entreprises concernées», déclare par courriel Pascal Blondin, secrétaire général et directeur des services éducatifs à la Commission scolaire de la Riveraine, soulignant que la commission scolaire a l’expertise pour ce genre de formation.

C’est ce chemin qu’a emprunté le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick. De concert avec l’entreprise Organigram Holdings de Moncton, cette institution d’enseignement postsecondaire a construit un programme pour former des techniciens en culture du cannabis en raison des besoins de main-d’œuvre. Le programme de 12 semaines a été lancé en décembre à Dieppe, en banlieue de Moncton.

«Le programme permet aux étudiants d’apprendre la base en horticulture. On cible la compréhension du fonctionnement d’une plante en général. Ensuite, on parle du cannabis, des maladies de la plante, de la nutrition, de l’irrigation, comment la tailler», mentionne Pierre Clavet, conseiller sectoriel au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick.

Organigram est un producteur de cannabis thérapeutique en exploitation depuis 2014. La croissance des affaires de l’entreprise exige d’ajouter des bras aux quelque 130 employés.

Pierre Clavet est conseiller sectoriel au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick.

«Environ 75 % du personnel est à la production. D’ici deux ans, on prévoit ajouter 150 employés, car on prévoit que notre capacité de production va passer de 5200 kg par année à 65 000 kg et notre chiffre d’affaires devrait passer de 7,7 millions de dollars à 360 millions de dollars», explique Larry Rogers, vice-président responsable du développement des affaires à l’échelle internationale d’Organigram qui ajoutera la production de cannabis récréatif à sa production de cannabis thérapeutique.

À l’origine, la première cohorte de ce programme de formation était limitée à 25 élèves. On a élargi jusqu’à 28 élèves. Mais le CCNB aurait pu avoir plusieurs classes, car l’école a reçu des demandes d’admission par centaines, dont certaines provenaient du Québec.

Certains critères de base avaient été établis pour l’admission à ce programme intensif. Un postulant doit avoir 19 ans, avoir terminé des études de niveau secondaire et présenter un casier judiciaire vierge.

Pas de pot à l’école
Étant donné que le cannabis thérapeutique demeure un produit régi par de nombreux règlements, les étudiants du CCNB s’exercent sur des plants de tomates lorsqu’ils sont à l’école. Le programme inclut des stages en entreprise. C’est à ce moment qu’un étudiant, accompagné d’un employé d’Organigram, peut expérimenter le travail sur des plants de cannabis.

La première formation est offerte en anglais. Le CCNB prévoit lancer une formation en français en 2018, étant donné les occasions de carrière.

«On ne veut pas inonder le marché. On veut s’assurer que les gens formés auront accès à un emploi. Il n’y a pas de garantie d’emploi à la fin du programme. Mais on sait qu’Organigram a besoin de main-d’œuvre», raconte M. Clavet, qui assure que le CCNB pourrait offrir cette formation où le besoin se fait sentir, incluant une formation sur mesure donnée au Québec.

Selon M. Clavet, le salaire horaire d’un employé de production varie de 14 $ à 17 $.

Le Collège Niagara (Ontario) lancera en 2018 un programme d’études d’un an sur la culture du cannabis. L’Université polytechnique Kwantlen (Colombie-Britannique) offre de la formation en ligne sur la production des plants de cannabis, mais aussi sur la mise en marché.

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L’UQTR intéressée à un partenariat

L’Université du Québec à Trois-Rivières est ouverte à collaborer avec IsocandMed, elle qui a manifesté une volonté de travailler avec l’établissement d’enseignement supérieur dans le but de développer certains projets.

La décision d’IsocanMed de construire à Louiseville son usine de production de cannabis thérapeutique repose entre autres sur la présence d’une université dans la région. Cette volonté des promoteurs de travailler avec l’UQTR est bien accueillie par l’établissement, déclare le porte-parole Jean-François Hinse.

«Il y a de l’intérêt pour initier des projets avec ces gens. Quand on parle d’optimisation de production ou d’efficacité énergique, les possibilités sont nombreuses. Ce sont des pistes intéressantes pour développer des projets.»

Selon M. Hinse, le département de biologie végétale est en mesure de travailler avec IsocanMed sur la croissance des plants. L’école de gestion peut aussi être mise à contribution pour une entreprise de production.

«Il y a 285 programmes à l’UQTR et on travaille déjà avec des manufacturiers. On va regarder pour voir ce qu’on peut mettre de l’avant», rappelle M. Hinse, qui précise que l’UQTR pourrait entreprendre des démarches auprès d’IsocanMed.