Les syndiqués du CPE L'univers de Mamuse et Méduque ont manifesté jeudi à Trois-Rivières pour dénoncer le manque de transparence de leur employeur.

Des syndiqués en CPE manifestent

Des travailleuses et travailleurs du Centre de la petite enfance (CPE) L'univers de Mamuse et Méduque ont manifesté jeudi en début de soirée devant le parc Pie-XII pour dénoncer «le manque de transparence» de leur direction.
Dominique Jutras, la présidente du syndicat régional des travailleuses et travailleurs en CPE du Coeur du Québec.
Les syndiqués affiliés à la CSN soutiennent que l'employeur n'accepte pas de fournir la totalité des états financiers du CPE, ce que réfute le directeur général de l'établissement.
«Nous sommes ici pour dénoncer l'attitude de l'employeur. Il manque beaucoup de transparence», affirme Dominique Jutras, la présidente du syndicat régional des travailleuses et travailleurs en CPE du Coeur du Québec. 
Les nouvelles règles budgétaires imposées par Québec il y a presque deux ans ont forcé les CPE à ajuster leur pratique. Le Syndicat régional soutient qu'il a déjà commencé à travailler avec la direction de L'univers de Mamuse et Méduque pour trouver des solutions à ces compressions budgétaires. Afin de mener à bien ce processus, le syndicat indique avoir demandé les états financiers du CPE. 
«Il ne veut pas nous donner ces états financiers qui permettraient d'analyser le portrait complet», estime Mme Jutras. 
«Est-ce qu'il nous cache quelque chose? Parce que tout ce qu'il veut faire, c'est couper des travailleuses. Mais à L'univers de Mamuse et Méduque, il y a six cadres qui sont payés beaucoup plus que les éducatrices. Le CPE est au-dessus du ratio cadres-travailleurs du ministère de la Famille et de la moyenne provinciale.»
Le syndicat souhaite donc connaître les détails des rémunérations des cadres du CPE. Mme Jutras soutient que l'employeur pourrait même cacher les salaires dans d'autres postes budgétaires.
«On veut qu'il nous montre les bons chiffres. Pourquoi couper un petit 5000 $ sur le dos des travailleuses, alors que supprimer un poste de cadre ça serait des économies de 60 000 $», ajoute Dominique Jutras qui précise que plusieurs autres CPE ont accepté d'ouvrir les livres en donnant les informations sur la rémunération des cadres. 
En entrevue peu de temps avant la manifestation, le directeur général du CPE, Yvon Fiset, affirmait qu'il a toujours accepté de transmettre les états financiers au syndicat. Toutefois, il précise qu'après avoir consulté un avocat, il a appris qu'il n'avait pas le droit de divulguer les détails de la rémunération des cadres. 
«Ce qu'il demande, c'est le nom et les salaires de chaque personne. Nous avons eu un avis légal de Me Pierre Soucy et la loi ne nous permet pas de transmettre ces informations», note Yvon Fiset.
«Si on divulguait ces informations, on pourrait avoir des poursuites. On ne peut donc pas transgresser la loi.»
Le directeur général du CPE ajoute avoir transmis au syndicat tous les documents envoyés au ministère de la Famille concernant le plan de redressement.
«Ils ont tout en main. Ils ont la masse salariale de l'ensemble du personnel et de l'ensemble du personnel-cadre. Mais ils veulent avoir le salaire de chacune des personnes, ce qui n'est pas légal», ajoute le directeur général du CPE.
Le plan de redressement du CPE de L'univers de Mamuse et Méduque prévoit des modifications aux horaires de travail, «comme dans la majorité des CPE», estime M. Fiset. 
«Ici, les travailleurs avaient des horaires beaucoup plus avantageux qui n'étaient pas nécessairement subventionnés. Avec les coupes, on ne peut pas être au-dessus des autres CPE», ajoute le directeur général du CPE. «On vit les compressions, je n'y peux rien.»