De gauche à droite: Lionel Berthoux, doyen de la recherche et de la création en compagnie de professeurs Laurent Turcot et Natacha Brunelle.

Des sommes records pour la recherche universitaire

Trois-Rivières — Six projets de recherche menés dans trois régions du Québec par 14 chercheurs de cinq universités, dont 5 chercheurs de l’UQTR en collaboration avec 22 milieux partenaires, unissent leurs forces afin de voir comment éviter que des jeunes de 16 à 35 ans qui sont judiciarisés le soient de façon chronique.

Un projet pilote, qui sera également mis en place par les intervenants, «devrait nous permettre d’avoir une influence positive sur la récidive criminelle et de favoriser la réintégration sociocommunautaire des jeunes», explique Natacha Brunelle.

À l’entendre parler de ce projet, on devine facilement l’emballement de cette professeure du département de psychoéducation de l’UQTR qui vient de recevoir une subvention du Conseil de recherche en sciences humaines de 2,4 millions $ sur 7 ans afin de mener à bien cet objectif.

Il s’agit de la plus importante subvention remise à des chercheurs de l’UQTR par le CRSH pour l’année 2017-2018.

Vingt-quatre autres chercheurs de l’UQTR ont également récolté du support financier pour leurs travaux en sciences humaines et sociales. Les montants accordés par le CRSH du côté de l’UQTR varient de 8400 $ à plus de 373 000 $.

«Nous célébrons les succès des chercheurs du secteur des sciences humaines de l’UQTR qui ont, cette année, obtenu des sommes records auprès du Conseil de recherche en sciences humaines», a indiqué le doyen de la recherche et de la création, Lionel Berthoux.

Ce sont en effet pas moins de 5,5 millions $ que les chercheurs de l’UQTR ont collectivement réussi à récolter, au cours de l’année. «Le taux de succès des chercheurs de l’UQTR à ces concours du CRSH est environ de 30 % supérieur à la moyenne nationale», a souligné le doyen. «En résumé, le secteur des sciences sociales à l’UQTR se porte plus que bien», dit-il.

Parmi les 25 chercheurs, le professeur et historien Laurent Turcot du département des sciences humaines, est le seul à avoir reçu deux subventions de recherche, soit 20 886 $ du programme Subvention d’engagement partenarial et 90 581 $ du programme Subvention savoir.

Pour ce jeune chercheur qui a fait sa marque notamment en tant qu’historien consultant pour la création du jeu vidéo Assassin’s Creed qui se déroulait dans le Paris du XVIIIe siècle, cette aide financière démontre l’importance de la recherche universitaire. «Les gens se demandent à quoi on sert. On dit qu’on est des pelleteux de nuages et qu’on ne sert à rien», dit-il. Or, un des secteurs sur lequel ce chercheur va s’attarder, c’est celui des humanités numériques. Laurent Turcot s’est en effet associé à nouveau à Ubisoft. Ensemble, ils ont reconstitué la Ville de Paris en 1789 afin de rendre cette information visuelle, basée sur des connaissances historiques, disponible au grand public sans frais sur Youtube. Ces capsules vidéo fort enrichissantes sont une espèce de Google Street View d’une autre époque qui permet de faire ce que l’on pourrait appeler un voyage dans le temps virtuel éducatif. «Quelqu’un qui veut enseigner l’histoire de la Révolution française, par exemple au secondaire et qui veut voir à quoi ressemblait Paris, peut le faire», illustre-t-il. «C’est un exemple de ce que l’Université peut faire. C’est le début de l’expérience sensible qu’on est en train de développer pour renouveler l’expérience muséale, l’expérience des archives», dit-il. C’est que ce genre de vidéo historique pourrait être aussi créé pour Montréal, Québec et, qui sait, Trois-Rivières.

Laurent Turcot fera un second projet qui portera cette fois sur la naissance de l’entrepreneuriat des loisirs au XVIIIe siècle. «C’est un pan complètement inconnu de notre histoire», dit-il.