Carmen Bourassa pourra retourner auprès de son mari à la résidence Maison Olivier comme proche aidante significative.
Carmen Bourassa pourra retourner auprès de son mari à la résidence Maison Olivier comme proche aidante significative.

Des retrouvailles attendues

SHAWINIGAN — Carmen Bourassa ne le cache pas: elle compte littéralement les heures qui la séparent de pouvoir retourner auprès de son mari. La Shawiniganaise a reçu une excellente nouvelle cette semaine. Elle pourra de nouveau retourner auprès de celui qui a partagé sa vie pour le soutenir et lui apporter du réconfort et ce, même si la maladie fait en sorte qu’il ne la reconnaît plus tellement. Un baume sur le coeur de la dame, qui dit avoir vécu très difficilement les deux derniers mois loin de lui.

Après le diagnostic d’Alzheimer cognitif, Carmen Bourassa s’est occupée de son mari pendant onze ans à la maison. Or, il y a quatre ans, son état ne lui permettait plus de rester à domicile. C’est aujourd’hui à la résidence Maison Olivier de Shawinigan qu’il demeure. Et bien qu’il y reçoive d’excellents soins, Carmen Bourassa se faisait un devoir, avant le confinement, de s’y rendre pratiquement cinq jours par semaine pour lui tenir compagnie, l’aider à manger, à se laver, à s’habiller et pour le divertir. «C’est ça l’amour inconditionnel», résume la femme.

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Le 13 mars dernier, Mme Bourassa rendait visite à son mari lorsque le gouvernement annonçait les mesures de confinement en raison de la pandémie de coronavirus. Dès le lendemain, il n’était plus possible d’aller lui rendre visite. Elle ne l’a plus revu depuis, sinon que par le biais de Facetime quelques fois par semaine.

«Ce n’est pas facile, parce que je le voyais souvent avoir mauvaise mine et je ne pouvais pas être là pour lui. En plus de deux mois, je l’ai vu vieillir à travers l’écran», indique-t-elle, ne cachant pas avoir elle-même souffert psychologiquement de cette séparation et avoir présenté des symptômes dépressifs.

Vendredi, Mme Bourassa est allée signer les papiers qui lui permettront d’être reconnue comme proche aidante significative et de retourner auprès de lui dès lundi. Elle espère même pouvoir y aller cette fin de semaine. «Je sais que la maladie fait en sorte qu’il ne me reconnaît pas, mais je sais aussi que ma présence l’apaise et lui fait du bien. Pour moi, c’est un énorme soulagement que de pouvoir y retourner, même si on aura des consignes sanitaires très strictes à suivre», indique-t-elle.

Épaulée par le Centre d’action bénévole de Grand-Mère, Mme Bourassa fait partie des quelque 130 proches aidants qui peuvent avoir recours aux services de l’organisme communautaire. Bientôt, le Centre-de-la-Mauricie verra la naissance de l’Association des proches aidants de l’Énergie, qui sera dédiée à l’ensemble du territoire de Shawinigan et viendra en aide à ces personnes de différentes manières. Dans le cas de Mme Bourassa, le soutien émotionnel et psychosocial reçu de la part du Centre d’action bénévole de Grand-Mère pendant ce confinement a été essentiel pour traverser cette période difficile. Ça va être des retrouvailles très émotives, je le sais», résume-t-elle.
présence essentielle

Le retour graduel des proches aidants dans le réseau est accueilli comme un grand soulagement pour beaucoup d’organismes qui soutiennent ces personnes et qui ont pu constater la détresse des proches aidants et les conséquences sur la vie et la santé de tout ce monde. Par contre, tout n’est pas encore gagné et bien du travail reste à faire, notamment dans la reconnaissance des proches aidants significatifs, alors que plusieurs personnes se voient encore refuser l’accès à leurs proches parce qu’on estime qu’ils ne sont pas significatifs. 

À l’Appui Mauricie, organisme qui soutient financièrement une quinzaine d’organismes offrant des services aux proches aidants d’aînés, on estime que le confinement a laissé des traces pour plusieurs proches aidants.

«C’est devenu très long et pour la plupart, ça a eu aussi des impacts sur la santé mentale. Les gens ont vécu du stress, de l’anxiété. Ça a été difficile à vivre», relate Florence Pauquay, directrice générale.

Dans les circonstances de la pandémie, plusieurs projets qui ont été financés par l’Appui Mauricie ne pouvaient plus se tenir et les organismes bénéficiaires ont dû adapter les services pour répondre aux exigences de la crise sanitaire.

L’Appui s’est également retroussé les manches pour les soutenir dans cette épreuve. «Le mot d’ordre pour nous, c’est la flexibilité. Les organismes en ont présentement plein les bottes à répondre aux multiples demandes, ce n’est pas le temps pour nous d’alourdir leur fardeau avec des procédures administratives. Nous sommes à leurs côtés et on les soutient du mieux qu’on peut», indique Florence Pauquay.