Les étudiants de l’UQTR sont en quête d’appuis politiques.

Des répercussions jusqu'à l'Assemblée nationale

Trois-Rivières — Le lock-out des professeurs de l’UQTR a des répercussions négatives bien au-delà de ses murs et elles ne font qu’empirer à mesure que les journées s’écoulent. «On ne peut pas laisser la situation se détériorer», a plaidé mardi le député Alexandre Cloutier, porte-parole de l’Opposition officielle en matière d’éducation supérieure.

Ce dernier s’est exprimé au cours d’un point de presse tenu à l’Hôtel du Parlement, mardi après-midi, en compagnie du président de l’Association générale des étudiants de l’UQTR, Frédéric Thibault qui était à Québec à cette occasion.

«Cela fait maintenant sept jours que nous sommes pris en otage dans un conflit. Cela fait sept jours que nous sommes les victimes collatérales de ce conflit qui n’est pas le nôtre. Les étudiants demandent aux dirigeants de leur Université et au Syndicat des professeurs de bien vouloir régler ce conflit le plus rapidement possible afin que l’Université puisse se concentrer sur sa mission première», a fait valoir M. Thibault.

«La ministre et son gouvernement doivent mettre tout en œuvre pour mettre fin au lock-out et ainsi protéger les étudiants», plaide-t-il. 

M. Thibault souhaite que la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, se serve de son pouvoir «pour mettre de la pression.»

«Le gouvernement du Québec avait dit qu’il souhaitait un règlement avant dimanche. On est mardi», a signalé le député Cloutier, répondant ainsi à une question sur le leadership de la ministre.

Après avoir énuméré la liste des gâchis causés par le lock-out, le député estime que «le réseau universitaire n’est pas fait pour faire des lock-out. Et quand ça arrive, il n’y a plus rien qui marche», dit-il.

Le Nouvelliste a d’ailleurs constaté que les impacts du lock-out débordent du campus universitaire. C’est qu’en plus de l’enseignement et de la recherche, le rôle des professeurs est aussi de s’impliquer de diverses manières dans la communauté.

Le lock-out affecte donc présentement un programme éducatif de nature environnementale, l’Opération PAJE, qui rejoint 12 commissions scolaires du Québec, parce que le professeur de l’UQTR qui est la principale personne-ressource dans un des volets de ce programme ne peut s’impliquer à cause du lock-out.

L’enseignant responsable de ce programme à l’école secondaire Jean-Raimbault de Drummondville, Pablo Desfossés, devait réaliser, avec ses élèves, deux projets d’aménagements fauniques urbains dans des bassins, à Drummondville et Victoriaville. Pas moins de 3000 élèves prennent part à cette opération sur deux ans. Un des projets, à l’intérieur de cette opération, consistait à réaliser un inventaire faunique en lien avec ces aménagements grâce à une technique de suivi acoustique qui devait leur être enseignée par un professeur de l’UQTR. Le lock-out vient retarder ce projet d’un an puisqu’il ne peut se faire qu’en période de production, au printemps, dit-il.

La situation des professeurs de l’UQTR a aussi un impact sur l’organisme L’Appui Mauricie pour les proches aidants. La directrice générale, Florence Pauquay, rappelle qu’un professeur de l’UQTR est présentement à la présidence de l’organisme à titre d’implication dans la communauté, un des volets de son travail comme professeur. Or, en raison du lock-out, il ne peut plus assumer cette tâche alors que l’Appui Mauricie est en plein renouvellement de sa convention de financement avec son bailleur de fonds, une tâche qui relève normalement du président, dit-elle.

Un autre professeur, expert de la maladie d’Alzheimer, fait aussi partie du comité d’analyse qui octroie du financement à divers organismes d’entraide de la région via L’Appui Mauricie. «Il faudra le replacer et ce n’est pas une tâche facile», dit-elle. Le lock-out «nous met des bâtons dans les roues», déplore-t-elle.

La situation de l’UQTR a eu des échos à la période des questions à l’Assemblée nationale, mardi. Le député caquiste Donald Martel, porte-parole du deuxième groupe d’opposition responsable de la région de la Mauricie a interpellé la ministre David.

«J’aimerais faire de façon très autoritaire tout ce que le député me demande de faire», c’est-à-dire imposer la fin du lock-out, a-t-elle répondu. «D’abord, des négociations, ça se fait entre un employeur et ses employés. Ces négociations sont sous la responsabilité de l’employeur», a fait valoir Mme David.

«La ministre ne se mêle pas de la négociation. C’est la décision de l’UQTR», ajoute-t-elle. «Je n’aurais pas assez de temps pour dire les conséquences sur les étudiants», ajoute-t-elle. 

«Je suis inquiète. Je suis la situation de très près. Je parle au recteur régulièrement», dit-elle en précisant que le médiateur était encore à l’œuvre avec les parties mardi. «Il faut que la situation se règle. Nous voulons que la situation se règle», a indiqué la ministre qui a eu une rencontre de 30 minutes avec les étudiants de l’UQTR, samedi matin, lors des États généraux sur l’Enseignement supérieur.