«Pour développer davantage le bas du Cap, il va falloir lui donner une identité, et non copier ce qui se fait ailleurs. Et le seul moyen d'y parvenir, c'est d'avoir une mobilisation forte», estime le conseiller Pierre-Luc Fortin.

Des projets pour redynamiser le bas du Cap

La situation du développement commercial dans le secteur du bas du secteur Cap-de-la-Madeleine continue de préoccuper les intervenants, qui se retroussent les manches à la recherche de solutions pour redynamiser le secteur. Au cours des derniers jours, les conseillers municipaux Sabrina Roy et Pierre-Luc Fortin ont lancé en ligne un questionnaire afin de connaître les habitudes de consommation des gens dans ce secteur.
Bien plus qu'un simple sondage, ce questionnaire se veut en fait une étude de marché pour un projet que les deux collègues du conseil municipal caressent depuis près de deux ans. «L'initiative a fait des petits et plusieurs personnes ont embarqué avec nous. Essentiellement, le projet viserait à permettre à des PME de se développer spécifiquement dans le bas du Cap», résume Pierre-Luc Fortin, qui préfère pour le moment ne pas dévoiler trop de détails quant au projet.
Sabrina Roy convient que l'annonce de la fermeture du magasin Canadian Tire pour être relocalisé près des Galeries du Cap a eu l'effet d'une bombe dans ce secteur de la ville, mais soutient que le lancement de cette étude de marché durant la même période relève du hasard. «Nous étions rendus là dans le cheminement du projet. Mais on convient d'une chose, c'est qu'il est grandement temps qu'on investisse dans le bas du Cap. C'est un gros signal d'alarme qu'on vient de recevoir», indique-t-elle.
En 36 heures, pas moins de 350 répondants ont rempli le questionnaire en ligne, et les réponses seront analysées au cours de l'été pour en arriver à orienter le comité qui planche sur ce projet de développement commercial.
«C'est un secteur qui est volontairement ciblé et on veut lui donner un cachet bien particulier. Pour développer davantage le bas du Cap, il va falloir lui donner une identité, et non copier ce qui se fait ailleurs. Et le seul moyen d'y parvenir, c'est d'avoir une mobilisation forte. Il faut que tout le monde embarque et qu'on ait une vision claire de ce que l'on veut faire», est d'avis Pierre-Luc Fortin.
Pas que du négatif
Ancien président du défunt organisme de développement économique «Rues Principales» dans le bas du Cap, l'homme d'affaires Cyrille Côté s'est évidemment dit déçu du départ d'un grand commerce comme Canadian Tire, mais pas tellement surpris, étant donné qu'il s'agit d'une décision d'affaires que d'autres grands commerces auparavant ont prise, soit celle de se concentrer près des grands axes routiers.
Il se dit toutefois encouragé par ce qu'il voit dans le bas du Cap et par les initiatives prises par la Ville, dont celle de mettre sur pied un programme de rénovation des locaux vacants afin de les transformer en immeubles à logements. 
«Dans le bas du Cap, il y a beaucoup de commerces de proximité. Oui, c'est plate que certains partent. Le Canadian Tire emploie environ 100 personnes, des gens qui sont tous susceptibles de consommer dans le bas du Cap. Mais on oublie les autres. Il y a Marmen, il y a Barrette, et aussi le Collège Ellis, tous des gros joueurs qui apportent beaucoup de clients dans ce secteur de la Ville. Il n'y a pas que du négatif», constate Cyrille Côté.
C'est donc justement vers le commerce de proximité que doit se développer ce secteur, croit M. Côté, lui qui encourage également les propriétaires de bâtisses à profiter des outils en place pour revaloriser leurs propriétés.
«En tenant des propos négatifs, on aura une atmosphère négative. On attire du beau avec du beau alors oui, il faut utiliser ces programmes et se retrousser les manches. La Ville a mis en place des incitatifs, mais c'est aussi à chacun à faire son bout de chemin et on va réussir à faire quelque chose de très bien», mentionne Cyrille Côté.