Carl Charest et Alexandre Jardin ont travaillé ensemble lors des dernières présidentielles françaises. Samedi, ils étaient réunis du côté du Salon du livre de Trois-Rivières.

Des présidentielles françaises jusqu’à Trois-Rivières

Trois-Rivières — Président d’honneur du 30e Salon du livre de Trois-Rivières, Alexandre Jardin était, il y a quelques mois, au cœur des présidentielles françaises. D’ailleurs, lors de cette aventure l’écrivain a eu l’occasion de travailler avec le Trifluvien Carl Charest.

Effectivement, M. Charest dirigeait le marketing, les communications et les aspects numériques de la campagne du célèbre auteur.

«Contrairement, par exemple, à un Justin Trudeau ou à un Philippe Couillard qui lisent ce qu’on leur met en bouche, Alexandre n’avait pas ce défi-là, car il est lui-même auteur. Notre travail était plutôt de rendre le tout plus accrocheur et plus vendeur, et de le faire sortir de son rôle d’écrivain pour aller dans un rôle plus politicien», explique-t-il.

Pour Alexandre Jardin, le fait de travailler avec le Trifluvien représentait une volonté de se différencier des autres candidats.

«Le fait qu’il soit Québécois était quelque chose de très important pour moi. Cela m’a permis de faire une campagne différente, car je savais que les compétences en France étaient inspirées par les partis classiques et que ceux-ci allaient résonner de la même manière. Donc, pour penser complètement autrement, j’avais plus confiance en des Québécois», évoque le principal intéressé.

Présidence d’honneur

Alexandre Jardin ne s’en cache pas, il adore le Québec. Cela dit, il admet avoir été surpris, mais extrêmement heureux d’être nommé à titre de président d’honneur du 30e Salon du livre de Trois-Rivières.

«C’est très touchant, car je ne suis pas dans mon pays. Pour moi, le Québec c’est particulier. Je ne suis pas de nationalité québécoise, mais c’est profondément mon pays de cœur, c’est donc extrêmement touchant», soutient-il.

Il ajoute aussi être venu ici avec l’objectif que son passage puisse relancer Lire et faire lire, un programme de lecture intergénérationnelle qui consiste à faire venir des bénévoles retraités dans les écoles afin de transmettre le plaisir de la lecture aux plus jeunes.

«La conférence qui a eu lieu samedi a été extrêmement importante. En effet, des gens se sont levés et nous nous sommes fixé l’objectif de faire de Trois-Rivières la première grande ville québécoise où toutes les écoles auront le programme Lire et faire lire. Si Trois-Rivières y arrive, cela va créer un précédent au Québec. Tout à coup, une grande ville va passer devant, et ce, en terme de réussite scolaire et de mobilisation de la population autour des écoles», précise-t-il.

L’écrivain français profite également de son passage en Mauricie pour y présenter son dernier roman qui s’intitule Ma mère avait raison, dimanche à 15 h 15.

Pour le moment, Alexandre Jardin affirme qu’il est trop tôt pour déterminer s’il effectuera un retour sur la scène politique.

Un retour en politique incertain

Pour le moment, Alexandre Jardin affirme qu’il est trop tôt pour déterminer s’il effectuera un retour sur la scène politique.

«Nous sommes dans une période assez particulière, car personne ne sait, pour l’instant, comment le pays va réagir. La base politique de Macron est très très mince. Ça ne se voit pas, puisque la totalité des médias parisiens est pro-Macron. Nous avons donc un pays qui peut avoir des réactions totalement imprévisibles par rapport à ce que l’on voit dans l’actualité. Nous ne savons pas comment la France va réagir. Aujourd’hui, c’est beaucoup trop tôt pour penser à ce que nous allons faire dans trois ans», observe M. Jardin.

Pour sa part, Carl Charest est sans équivoque, il sera aux côtés de son ami si jamais ce dernier décide de se lancer dans l’aventure.

«Demain, il décide de se présenter, je pars avec lui. Je vais le faire tant et aussi longtemps qu’il va me demander de le faire», conclut-il.