Des préposés aux bénéficiaires et des infirmières, oeuvrant notamment au centre d’hébergement Laflèche du secteur Grand-Mère à Shawinigan, ayant refusé de faire du temps supplémentaire obligatoire pour des raisons familiales auraient été menacés de sanctions disciplinaires.

Des préposés et des infirmières auraient été menacés et intimidés

Shawinigan — Le manque criant d’effectifs dans les établissements chapeautés par le CIUSSS Mauricie – Centre-du-Québec continue d’avoir des impacts négatifs sur la vie des membres du personnel. Des infirmières et des préposés aux bénéficiaires en feraient régulièrement les frais car ils seraient menacés de sanctions disciplinaires lorsqu’ils refusent de faire du temps supplémentaire obligatoire pour des raisons familiales.

C’est du moins ce que déplore le Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers en Mauricie et au Centre-du-Québec qui a été récemment mis au fait de tels cas qui seraient survenus dans les centres d’hébergement Laflèche et Saint-Maurice de Shawinigan. Son président, Pascal Bastarache, soutient que ce genre de comportement de la part de directions de certains établissements du réseau ne date pas d’hier.

«Je dirais que c’est assez quotidien. Ça arrive un peu trop souvent. Ça devrait [le temps supplémentaire obligatoire] être une solution de dernier recours, mais c’est pas mal appliqué tous les jours», indique le dirigeant syndical.

Ce dernier raconte qu’une de ses membres ayant récemment indiqué qu’elle ne pouvait pas faire de temps supplémentaire car elle devait aller chercher son enfant avant la fermeture de la garderie s’est fait dire par son supérieur de l’amener avec elle sur son lieu de travail afin qu’elle puisse répondre positivement à sa demande.

«On lui a dit que ça allait être correct. C’est inacceptable», lance-t-il, sur un ton exaspéré.

Le président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers en Mauricie et au Centre-du-Québec, Pascal Bastarache.

Afin que cette problématique cesse, ou à tout de moins soit moins fréquente, le syndicat mène en ce moment des enquêtes dans certains établissements où elle est tout particulièrement présente et où les gestionnaires tiennent des propos frôlant l’intimidation à l’endroit des employés. Son président ne veut pas nommer les établissements en question afin de ne pas nuire au processus. À la lumière des résultats des enquêtes, des plaintes pourraient être déposées.

Par ailleurs, le syndicat a proposé plusieurs pistes de solutions afin de minimiser les impacts du temps supplémentaire obligatoire. Il est cependant toujours en attente d’un retour de l’employeur relativement à ces dernières. La possibilité d’avoir recours à des employés retraités pour pallier les besoins selon leur disponibilité, l’élaboration d’ententes avec les centres de formation favorisant la mise en place de programme intensif ainsi que le rehaussement des postes de préposés aux bénéficiaires sont au nombre des propositions syndicales.

Du côté de la direction du CIUSSS – MCQ, on répète être aux prises avec un manque de personnel, notamment en ce qui a trait aux préposés aux bénéficiaires. Le directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques, Louis Brunelle, tient cependant à préciser que le temps supplémentaire obligatoire est une mesure exceptionnelle et qu’il n’existe aucune directive permettant aux gestionnaires d’y avoir recours systématiquement. Il ne possédait cependant pas d’informations lui permettant d’affirmer ou d’infirmer qu’il y avait une problématique dans certains établissements lorsque Le Nouvelliste s’est entretenu avec lui en fin de journée mercredi. Il a ajouté que les gestionnaires avaient comme mot d’ordre de faire preuve de discernement quand ils sont confrontés à une situation où ils doivent avoir recours à cette mesure.

«Quand on est rendu là, ce n’est pas souhaité, mais c’est parce qu’il y a un danger pour la santé et la sécurité des usagers. On va alors s’asseoir avec l’employé concerné et s’il y a un motif raisonnable justifiant le refus, il n’y aura pas d’intervention. Il y en aura une, et ça se fera par gradation, s’il n’y a pas de motif», explique M. Brunelle.

Le directeur n’est par contre pas en mesure de se prononcer à savoir si le fait de devoir aller chercher son enfant à la garderie constitue un motif raisonnable.

«Honnêtement, je ne le sais pas. Chaque cas est un cas d’exception», reconnaît-il.