Louis Brunelle et Nathalie Perron, lors de la signature de la convention collective, mercredi matin.

Des postes pour toutes les infirmières

TROIS-RIVIÈRES —Dans le but d’accroître son pouvoir d’attraction auprès des nouvelles infirmières et de garder celles qui sont déjà en place, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec va offrir des postes allant jusqu’à du temps complet à ces travailleuses du secteur de la santé.

La direction du CIUSSS et le Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec ont signé mercredi matin la nouvelle convention collective locale qui est à durée indéterminée, contrairement aux conventions collectives négociées à l’échelle nationale qui ont une durée fixe. Cette convention locale comprend 26 articles et permet d’offrir des postes à son personnel infirmier. Les 1342 infirmières à temps partiel et les 30 candidates à l’exercice de la profession infirmière (l’étape qui précède le statut d’infirmière) ont la possibilité d’accéder à un poste, car des employées à temps partiel occasionnel travaillent au CIUSSS sans avoir de poste.

Le CIUSSS assure que les infirmières pourront obtenir un poste selon leur disponibilité: si elles veulent travailler deux ou cinq jours par semaine, elles auront un poste de deux ou de cinq jours par semaine. Ainsi, les infirmières sauront leur horaire à l’avance et auront une garantie de salaire.

Le scénario est le même pour les nouvelles infirmières. Le CIUSSS a ainsi un atout supplémentaire pour leur faire la cour. «C’est du sur-mesure. On a à se démarquer. Le manque de main-d’œuvre nous fait mal. On doit s’adapter à la réalité du marché. Le CIUSSS prend le virage de la stabilité. La convention nous permet d’aller de l’avant avec ce virage», note Louis Brunelle, le directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques du CIUSSS, à propos de cette approche qui n’existerait pas ailleurs.

La présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Nathalie Perron, estime que la convention collective apporte des gains substantiels à la partie syndicale. Selon elle, l’offre de postes va aider à stabiliser les équipes de travail. Le contrat va aussi permettre à plus de membres d’avoir accès à des vacances durant l’été.

«On vient diminuer la pression sur nos membres et le temps supplémentaire obligatoire. Les gens pourront enfin avoir leurs congés.»

«C’est terminé, le téléphone, se réjouit M. Brunelle. Par semaine, on fait 17 000 appels pour trouver des gens, et ce ne sont pas juste des infirmières. Les horaires seront connus d’avance, ça va faciliter la gestion et les gens vont moins s’absenter.»

Le CIUSSS vient d’embaucher 80 personnes qui agiront dès juin à titre de candidates à l’exercice de la profession infirmière (CEPI). Un autre groupe de 80 externes, qui travaillent au CIUSSS, seront des CEPI en juin. La nouvelle mesure amène Louis Brunelle à espérer ajouter 100 infirmières et CEPI pour 2019-2020.

Modalités et flexibilité

Les modalités entourant l’offre de postes permettent à l’employeur de déplacer une infirmière parmi deux ou trois départements d’un même établissement, selon les besoins de personnel. Les infirmières membres d’équipes volantes pourront être appelées à parcourir un maximum de 35 km afin d’offrir leurs services dans différents centres.

«Notre objectif n’est pas de faire bouger les gens. Ce n’est pas vrai qu’une infirmière va travailler un lundi à Trois-Rivières et après à La Tuque», affirme M. Brunelle.

«C’est vraiment pour des types de postes, souligne Mme Perron. La priorité est de rehausser les postes sur un même quart de travail. On offre des quarts par ancienneté.»

Les deux parties se donnent jusqu’au 21 avril pour appliquer les 26 clauses de la convention collective locale. L’organisation souhaite que ces mesures puissent être offertes rapidement à d’autres types d’emplois comme les infirmières auxiliaires et les inhalothérapeutes.