Des policiers prêts à intervenir

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Le premier ministre François Legault a été clair mercredi en point de presse. Les policiers devront remettre plus de constats d’infraction aux Québécois qui ne respectent pas les mesures sanitaires en place pour freiner la pandémie, dont les rassemblements. Alors qu’ils doivent maintenant surveiller les limites de clients dans les commerces, les policiers peuvent-ils en faire encore plus?

«Si on a des consignes claires et que la population connaît les décrets, ça facilite beaucoup le travail des policiers lorsqu’ils interviennent. Ça nous donne une surcharge de travail, […] mais je suis certain que les services de police vont ajuster les effectifs», répond François Lemay, président de la Fédération des policiers municipaux du Québec (FPMQ).

«Ce que j’ai entendu du gouvernement, c’est moins de sensibilisation et on nous donne le mandat de donner des constats d’infraction au moment où l’on intervient.»

Le président de la fédération qui représente près de 10 000 policiers municipaux du Québec assure que les forces de l’ordre ne se livreront «pas à une chasse aux sorcières». «Il y a un seul objectif visé: protéger les plus vulnérables», soutient M. Lemay.

François Lemay, président de la Fédération des policiers municipaux du Québec.

«On est rendu à une étape où on ne parle plus, maintenant on agit.»

Par ailleurs, François Lemay estime que le gouvernement a pris les bons moyens pour rejoindre la population mercredi en envoyant notamment des alertes sur tous les téléphones intelligents des Québécois. «Ce type de répression n’est pas simple. Mais on vit dans une société avec des lois. L’objectif du gouvernement est de protéger la majorité au détriment de quelques-uns», estime-t-il. «Nous avons toujours demandé que la population soit au courant des règles. »

Quelques heures avant l’annonce de François Legault mercredi, le porte-parole de la direction de la police de Trois-Rivières, le sergent Luc Mongrain, indiquait que les patrouilleurs avaient remis 18 constats d’infraction concernant des rassemblements depuis le 12 septembre dernier. Uniquement le week-end dernier, six constats ont été remis à Trois-Rivières par les policiers pour un rassemblement dans une résidence privée.

Ces derniers mois, les policiers de Trois-Rivières optaient pour la sensibilisation auprès de la population. «Les constats étaient remis aux personnes qui ne voulaient pas collaborer et aux récidivistes», notait mercredi matin le sergent Luc Mongrain.

Luc Mongrain, porte-parole de la direction de la police de Trois-Rivières.

À la suite de la demande du premier ministre, le porte-parole de la police de Trois-Rivières indiquait bien sûr que les policiers allaient se conformer aux plus récentes directives. «Le service de police va se plier aux nouvelles exigences», a-t-il noté.